La croissance chinoise en repli à 6.2%

Le ralentissement de l’économie chinoise est clairement un fait. Comme il a été souvent souligné la croissance de 6.2% sur un an au deuxième trimestre est le chiffre le plus faible depuis 27 ans.

Deux phénomènes à l’œuvre pour expliquer cela.

D’abord le mouvement tendanciel de l’économie chinoise qui passe de l’industrie aux services. Ce basculement est traditionnel lorsqu’une économie croît dans la durée. La hausse des revenus associée à la croissance de l’industrie (forte productivité) provoque une demande de services de santé, d’éducation, de services liés à une économie plus complète et une demande de loisir plus importante. Cette bascule vers les services se traduit par des gains de productivité plus faible et une croissance plus réduite. Ceci est assez ordinaire.

Associé à cela des difficultés liées à l’ajustement d’une économie de très grande taille au sein de laquelle il existe des surcapacites considérables et un endettement très important des entreprises. La politique économique s’évertue à limiter les risques associés à cela.

Il faut éviter les ruptures.

L’autre phénomène est effectivement l’impact des mesures prises par les US qui se traduisent par un fort ralentissement des exportations ce qui pénalise l’économie à court terme.

Le risque est que les mesures Trump perturbent l’ajustement Interne de l’économie chinoise et grippe les mécanismes la dynamique endogène de celle ci. C’est le risque d’autant que le développement dans la durée s’est traduit par un compte courant nettement moins excédentaire et donc des marges de manœuvres plus limitées

Les chiffres à venir. Semaine du 15 au 21 juillet

> Le chiffre de la croissance du PIB chinois pour le deuxième trimestre (15 juillet). Au cours des trois premiers mois de l’année, la croissance avait été de 6,4%. Elle devrait être plus faible car les données mensuelles sur la production industrielle et les importations montrent une dynamique assez limitée.
> Ventes au détail et production industrielle aux États-Unis (16 juillet). Ils montreront la force de l’économie américaine. Il s’agira d’éléments de référence qui pourraient influencer la stratégie de la Fed. Powell vient de mentionner, cette semaine, qu’il n’y avait pas eu d’amélioration récente de la situation économique en dépit du fort rapport sur le marché du travail.
Associé à ces chiffres, le Beige Book de la Fed (17 juillet) mettra en lumière sa perception de l’économie au niveau régional.
> Les indices NY Fed (15 juillet) et Phylli Fed (18 juillet) sur l’activité économique fourniront également des données sur la vigueur du cycle économique.

> Indice ZEW en Allemagne (16 juillet). Un indice faible après ceux de ces derniers mois pourrait forcer le gouvernement à adopter une politique économique plus proactive.
> Données sur l’emploi au Royaume-Uni (16 juillet) et inflation au Royaume-Uni (17 juillet)
Les chiffres plus faibles de l’emploi sont encore à venir et se manifesteront après cet été avec le fort ralentissement attendu dans le secteur manufacturier.

Le document est disponible ici (en anglais) NextWeek-July15-July21-2019

Sur la taxe GAFA et la réaction hostile des américains

La réaction des autres pays européens dans ce nouveau contexte de réaction US sera intéressante. Le nouvel équilibre global et multipolaire, qui se dessine, oblige les européens à davantage d’autonomie. On a déjà observé que sur la question de la 5G certains pays européens n’étaient pas indifférents aux offres chinoises, prenant ainsi de la distance vis à vis des américains.
L’Europe doit trouver et définir sa place dans ce nouvel équilibre multipolaire. La taxe GAFA et la réaction américaine peuvent permettre de définir une dynamique spécifique à l’Europe avec une distanciation vis à vis de la Chine et des US. L’enjeu est majeur pour que l’Europe existe à l’échelle politique.

Le 5 Pages Macro – Dynamique Macroéconomique – Juillet 2019

> La dynamique un peu chaotique de l’économie globale reflète la sortie probable d’un équilibre dominé par les Etats-Unis et la recherche d’un nouveau. Cet équilibre multipolaire inclurait les Etats-Unis, la Chine et l’Europe.
> Cette recherche se traduit d’abord par un environnement moins coordonné et moins coopératif, chacun cherchant à tirer un avantage d’une situation dans laquelle les règles changent. Les tarifs douaniers n’en sont qu’une illustration.
> A court terme, cela se traduit par de l’incertitude qui pénalise l’activité économique et l’investissement. La croissance est partout un peu plus faible alors que l’inflation reste limitée et loin de la cible de la banque centrale, en zone Euro notamment.

> Le biais est donc à une politique monétaire qui restera accommodante. Aller trop vite alors que les aléas sur l’activité  ne se matérialisent pas encore c’est prendre le risque d’avoir un impact trop limité et de ne plus avoir de munitions en cas de situation plus fragile.
> Ce serait le cas aux USA où une baisse des taux trop rapide se traduirait par un regain de liquidités qui favoriserait des crédits supplémentaires à l’immobilier et aux entreprises via des institutions non bancaires. Les excès déjà constatés seraient alors plus importants. Cela accentuerait les risques sur ces marchés et limiterait la capacité future de la Fed à intervenir en cas de crise.
> Un point majeur, les taux longs resteront très bas encore très longtemps, tant que cet équilibre nouveau ne prendra pas corps. Cela obligera la finance à se réinventer.

Le document complet est disponible ici Le 5 Pages Macro – Dynamique Macroéconomique – Juillet 2019

Solide rapport de l’emploi US

Le rapport de l’emploi #US est solide & le faible chiffre de mai (72 000) n’était que temporaire. L’emploi a progressé de 224 000 en juin ( 191 000 privé) et le chiffre moyen pour les 6 premiers mois de l’année est comparable à ceux de 2016 et 2017. Il n’y a pas d’urgence pour la Fed à changer de stratégie. On notera d’ailleurs qu’en 2017 avec des chiffres d’emplois comparable elle avait tendance à être un peu restrictive.

Du côté des salaires on constate une décélération à 3.14% (3.4% en février). Le taux de la Fed restera sur un plateau tant que le salaire ne ralentira pas franchement (reflet d’une forte baisse de la croissance). On n’y est pas. Aucune raison pour la Fed de presser le pas.

Les chiffres à venir. Semaine du 8 au 14 juillet

Les principaux points à retenir

  • Le commerce extérieur de l’Allemagne est la statistique sur laquelle je vais me concentrer cette semaine (le 8 juillet). Depuis le début de l’année, les exportations réelles ralentissent du fait de la guerre commerciale. Les attentes sont négatives, ce qui inquiète la dynamique de croissance allemande. Le gouvernement allemand pourrait avoir, dans les semaines à venir, l’occasion de relancer la demande intérieure pour atténuer cette perturbation.
  • Le commerce extérieur chinois constituera également un indicateur majeur (le 12 juillet) en tant que mesure de l’impact de la guerre commerciale.
    L’indice de la production industrielle allemande affichera également un ralentissement en mai (8 juillet). Cela serait conforme aux attentes concernant son commerce extérieur et aux enquêtes auprès des entreprises qui reflètent le pessimisme.
  • L’autre point à mentionner ici est que la production industrielle britannique affichera une tendance à la baisse (11 juillet). Cela serait cohérent avec l’indice de Markit pour le secteur manufacturier. En mai, l’indice synthétique de Markit était à 49,4 (contre 53,1 en avril).
  • Le taux d’inflation américain pour juin (11 juillet) ralentira, comme le montrent les taux d’inflation européens pour juin (estimations flash), tandis que les Chinois resteront forts (2,7% en mai), le prix des denrées alimentaires (prix du porc justement) continuant de indice des prix.
  • Rapport sur la stabilité financière de la Banque d’Angleterre (11 juillet à 11 h 30), minutes de la dernière réunion du FOMC (18-19 juin) le 10 juillet à 20h00 et compte rendu de la dernière réunion de la BCE (5 et 6 juin) sur la politique monétaire (11 juillet à 13 h 30)

Le document est disponible ici en anglais