May démissionne

Avec la démission de Theresa May, le Royaume Uni en terre inconnue. May avait fait preuve de modération, ménageant les britanniques et les européens pour trouver un accord. Elle a échoué mais elle avait réussi à cacher le bololo qui caractérise désormais le champ politique de l’autre côté de la Manche. Cette situation va sauter aux yeux de tous lorsqu’il faudra, dans les prochaines semaines, trouver un leader aux conservateurs qui deviendra le premier ministre.

Je crains qu’il n’existe pas de majorité en GB pour converger vers une telle situation. La seule issue possible sera de mettre en œuvre des élections générales. Pourra t il en sortir une majorité ? J’en doute.

Dans ce cadre que fera la nouvelle commission européenne ? Ira t elle à la confrontation ? Ou restera t elle dans un cadre non hostile comme l’a été Michel Barnier jusqu’à présent ?

En tout cas, cela crée à nouveau une source d’incertitude car la question du Brexit va durer encore un moment. Et les britanniques sont ceux qui seront les plus affectés par ce manque de décision.

Elections Européennes – Quels enjeux ? – Ma chronique hebdo

Les élections européennes ont généralement été perçues comme peu influentes sur le plan national et donc toujours considérées comme des élections secondaires. On est loin d’une élection présidentielle.

Le taux d’abstention est généralement élevé et cela n’est pas spécifique à la France. Le graphe montre l’évolution du taux de participation en France et dans l’Union Européenne depuis le premier vote de 1979. Les deux courbes ont le même profil. La France n’est pas différente. S’il y avait un relatif enthousiasme lors du premier vote avec une participation au-delà de 60%, le chiffre de participation depuis trois élections est proche mais un peu au-dessus de 40%.

Le résultat de ces élections ne reflète généralement pas le résultat des élections présidentielles précédentes dans le cas de la France. Dit autrement, un président français a rarement gagné les élections européennes. Depuis 1979, le parti du président de la République n’a gagné qu’à deux reprises. En 1979, l’UDF gagne et Valérie Giscard d’Estaing est au pouvoir puis en 2009 lorsque Nicolas Sarkozy est à l’Elysée c’est l’UMP qui l’emporte.
François Mitterrand, Jacques Chirac et François Hollande n’ont pas gagné cette élection. Sous Mitterrand, le Parti Socialiste est arrivé en deuxième position à chaque fois et sous Chirac l’UMP est arrivé deuxième en 2004 mais en 1999 c’était Charles Pasqua, dissident alors du RPR, qui avait terminé deuxième. En 2014, le PS avait terminé troisième derrière le Front national et l’UMP. En d’autres termes, le résultat de ces élections ne reflète pas nécessairement le rapport de force politique interne et les résultats observés depuis 1979 n’ont pas eu d’impact sur la conduite de la politique intérieure.

Quelles sont pourtant les particularités de cette élection européenne ?

1 – La première remarque rapide est que c’est la première fois qu’un pays va élire des députés au Parlement Européen alors qu’il est dans un processus de retrait de l’Union Européenne.

2 – La deuxième remarque est que cette élection s’opère dans un contexte économique et politique particulier. La croissance est plus lente que par le passé dans la quasi-totalité des pays de l’UE, les inégalités plus marquées et les tendances populistes se multiplient.
La croissance est plus lente et de ce fait la capacité à redistribuer les revenus est plus limitée que par le passé. L’économie crée moins de surplus qui peut être redistribué.
Ce phénomène est d’autant plus accentué que le marché du travail a changé avec une polarisation plus marquée qui se traduit par une fragilité dans les emplois intermédiaires des personnes peu ou mal qualifiées. Cela reflète à la fois l’impact des innovations qui modifient les processus de production mais aussi le développement rapide de l’emploi peu qualifié dans le secteur des services. Ces emplois sont très individualisés et ne créent plus, comme par le passé, un sentiment d’appartenance à une classe.

3 – La question des revenus n’est pas suffisante. Aux inégalités liées aux revenus et aux rémunérations s’ajoutent des inégalités d’accès aux services publics, des inégalités d’accès aux soins de santé, à l’éducation ou à la formation mais aussi des inégalités géographiques puisque les prix de l’immobilier plus bas loin des centre villes se paient par un isolement plus important et des coûts de transport beaucoup plus élevés. C’est pour cela que la hausse du pouvoir d’achat n’est probablement qu’une condition nécessaire mais pas suffisante pour rétablir rapidement la paix sociale.

On ne peut pas exclure que ce sentiment de fragilité ressenti principalement par les classes moyennes dont les revenus sont proches de la médiane ou en dessous puisse provoquer des comportements divergents. Cela a pu nourrir la montée du populisme dans l’Europe de l’ouest.
Le risque politique de ces élections est de voir apparaître plus de votes non orthodoxes que par le passé. Pas forcément en France, où le Front National était à près de 25% lors des élections de 2014, mais plus globalement en Europe. Le renforcement des liens des partis populistes et extrêmes n’est donc pas impossible en opposition à la fois avec le pouvoir existant et avec les élites qui n’ont pas réussi à réduire les inégalités dans la durée.

4 – Les idées sur l’Europe manquent un peu. L’UE remplit le rôle majeur qui lui était assigné en prolongeant la paix sur le vieux continent. Cependant, sa dynamique n’apparaît pas satisfaisante et elle n’offre pas de solutions dans un environnement qui parait bloqué. En d’autres termes, l’Europe n’est plus au cœur des transformations du monde. Les tensions entre la Chine et les USA ne mentionnent l’Europe à aucun moment alors que le bras de fer entre les deux pays façonne le monde de demain. L’Europe est absente et ne donne pas le sentiment de pouvoir y remédier. L’Europe est nécessaire dans ce contexte global car malgré tout elle crée les conditions d’une certaine stabilité politique et donne de la puissance à tous les pays qui la compose. Chaque pays pris individuellement n’existe pas et n’a aucune capacité à peser sur le cours des événements. C’est pour cette capacité malgré tout que l’Europe est essentielle. Chacun est conscient de cela sans pour autant pouvoir incarner une quelconque puissance à infléchir le cours des événements.

5 – Sauf surprise, les élections auront peu d’impacts sur les marchés financiers. Néanmoins il sera important de décrypter l’équilibre politique qui se dessinera entre les pro-européens et les sceptiques comme Orban en Hongrie. Il pourrait conditionner la majorité qui se dessinera au Parlement Européen et la commission renouvelée qui résultera de ces élections. Le résultat montrera la capacité de l’Europe à respecter et approfondir les règles qu’elle s’est donnée. L’attention se portera principalement sur l’Italie puisque la coalition en place pourrait être encore davantage fragilisée par le résultat européen. Le Mouvement 5 étoiles a vu son influence se réduire récemment et le gouvernement qu’il forme avec la Liga pourrait rapidement être fragilisé. Dans les sondages, la Liga est très forte et le Parti Démocrate (ex PS) est au-dessus du Mouvement 5 étoiles. Ce résultat sera le plus regardé car c’est probablement le seul qui aura un impact sur les équilibres internes à court terme.

Ce post est en disponible en version pdf Ma chronique hebdo – 21 mai 2019

Tensions sino-américaines: une période passionnante

Les tweets de Donald Trump, le 5 mai dernier, ont accentué les tensions entre la Chine et les Etats-Unis relançant brutalement les discussions sur les conditions d’un accord commercial. Aux nouveaux tarifs douaniers américains répondent des représailles chinoises sur les importations américaines. Cela remet en cause la longue période de calme qui avait débuté après la réunion du G20 le 1er décembre dernier.(j’avais déjà écrit sur ce point voir ici le 21 février 2019)

La volonté de Trump d’imposer de nouvelles contraintes à la Chine traduit son souhait de rapatrier des emplois aux USA, notamment dans le secteur manufacturier, mais aussi de réduire la dépendance des USA vis à vis de la Chine.
En 2018, le solde extérieur vis à vis de la Chine était déficitaire de 419 milliards de dollars en raison d’importations américaines très fortes et des exportations qui peinent à trouver leur place en Chine. Le graphe illustre parfaitement la situation inconfortable des américains.
La situation s’est aussi compliquée récemment. En effet, la contrepartie de cet excédent chinois sur les US était un financement chinois de l’économie US via notamment l’achat d’obligations de l’Etat américain. Cela a longtemps fonctionné et c’était une façon de se tenir l’un l’autre. La logique était la suivante: des débouchés pour les produits chinois sur le marché américain avec un financement de l’économie américaine par les chinois pour compenser le manque d’épargne des américains. Le fonctionnement du couple sino-américain était celui de la complémentarité. Cet équilibre change de nature parce que depuis de nombreux mois, le poids de la Chine dans le financement de l’économie US diminue. En mars 2019, le poids des actifs financiers américains détenus par la Chine dans l’ensemble des financement externe des USA était revenu au niveau bas observé en juin 2006.
L’équilibre de la relation entre les deux pays change et les Etats-Unis n’ont plus la capacité de peser sur la Chine comme ils pouvaient le faire par le passé. La Chine se démarque et souhaite davantage d’autonomie.

La Maison Blanche s’impatiente ainsi face à l’absence d’empressement des chinois à répondre à ses demandes. En taxant les importations chinoises, Washington souhaite peser sur l’activité de l’Empire du Milieu au risque d’y créer des tensions sociales fortes et forcer ainsi la main des autorités chinoises qui ne souhaitent pas prendre ce risque social. L’allure médiocre des indicateurs d’activité chinois depuis le début de l’année pourrait valider l’analyse de Washington et l’inciter à durcir encore le ton sur le plan commercial. Cette tactique n’est, cependant, pas forcément pertinente.

Au début de l’année 2019, le poids des Etats-Unis dans les exportations chinoises a nettement ralenti La dépendance chinoise aux US s’inverse alors que dans le même temps, les chinois relancent la « Belt and Road Initiative » (Nouvelles Routes de la Soie) dont l’objectif est de diversifier encore davantage les débouchés chinois. La Chine élargit ses débouchés et limite de fait l’influence des Etats-Unis sur sa conjoncture.

L’autre point de désaccord majeur entre Washington et Pékin porte sur la technologie. Il me semble que c’est le point majeur du différend entre les deux pays. Les chinois ont effectué un rattrapage technologique très rapide depuis une vingtaine d’années. Cela s’est traduit à la fois par des transferts de technologies mais aussi par des moyens considérables mis en oeuvre pour le faciliter. Cela a bien fonctionné et les chinois disposent désormais d’une avance sur les américains notamment dans la 5G et l’Intelligence Artificielle.
Cette remise en cause de la suprématie technologique américaine est un changement radical car les chinois ont les moyens de développer ces technologies sans l’appui des américains. Une telle situation aurait pu se présenter avec le Japon il y a quelques années mais les japonais sont toujours restés dans le giron des américains. Ce n’est pas le cas des chinois. Ils disposent d’un marché intérieur très vaste et des développements en dehors de la Chine qui sont très importants. Cela peut, dès lors, créer les conditions d’une dynamique technologique autonome.

La crispation de Washington a été très perceptible ces derniers mois sur le sujet. Les sanctions contre ZTE, en avril 2018, puis surtout contre Huawei, dès décembre de l’an dernier, ont montré cette sensibilité. Des pressions ont été faites sur des gouvernements européens pour qu’ils n’adoptent pas la technologie chinoise (voir par exemple ici ). De façon plus récente, Huawei a été blacklisté par Donald Trump (voir ici) et d’autres compagnies chinoises n’ont plus accès au marché américain comme China Mobile (voir ici).

L’enjeu est simple. Celui qui déterminera les normes sur ces nouvelles technologies aura un avantage comparatif considérable. Il pourra développer plus facilement les innovations utilisant ces technologies. C’est sur ce point que les négociations bloquent. Les chinois ont mis d’importants moyens pour disposer de cet avantage technologique et ils ne vont pas spontanément se mettre sous la coupe des américains. De la même façon, on ne peut imaginer que les américains acceptent spontanément l’avance des chinois et qu’ils fassent allégeance pour pouvoir utiliser les technologies de l’Empire du Milieu.

Ce bras de fer technologique ne se résoudra pas spontanément, aucun des deux pays ne fera allégeance, et donc la possibilité d’un accord entre les deux pays parait peu probable sauf à ce que la conjoncture chinoise se dégrade très rapidement mais ce n’est pas notre scénario.
Pourtant l’histoire ne s’arrête pas là. Le développement de la 5G, par exemple, est au cœur de nombreuses innovations et les pays autres que la Chine et les USA créent des activités faisant appel à cette technologie. Cela veut dire que le passage à grande échelle de ces innovations se fera via la probable utilisation de la technologie chinoise. Cela provoquera alors des tensions supplémentaires avec les américains. Emmanuel Macron a déjà pris position sur ce point (voir sa déclaration ici au Salon Vivatech)

La dynamique de l’économie mondiale change et l’équilibre nouveau ne sera pas trouvé rapidement. C’est la première fois dans l’histoire moderne qu’une telle situation s’observe. C’est la première fois que l’économie monde est susceptible de basculer vers une région nouvelle sur des critères liés aux innovations technologiques. Lorsque le cœur de l’économie monde est passé du Royaume Uni aux Etats-Unis, il y avait une continuité que l’on ne trouve pas dans la situation actuelle. L’Europe devra alors se positionner.
Cette transformation va bouleverser la dynamique de l’économie mondiale et forcément redistribuer les cartes entre les régions du monde.
Quand on vous dit que l’on vit une période passionnante.

Nouveau repli du taux de chômage en France au premier trimestre

Le taux de chômage en France s’est inscrit à 8.4% au premier trimestre pour la France métropolitaine et 8.7% (hors Mayotte).
Depuis le pic du deuxième trimestre 2015 (à 10.2%) le taux de chômage reflue de façon quasi continue. Pour la France métropolitaine, il se situe désormais légèrement en-dessous de sa moyenne de long terme. Le taux de chômage suit la dynamique cyclique de l’économie française. Cependant, on perçoit que la dynamique de l’activité doit rester encore forte durablement pour que le taux de chômage rejoigne les points bas observés dans la période d’avant crise.
Le taux de chômage est passé en-dessous de son niveau structurel que l’on peut estimer comme la moyenne des trente dernières années (8.8% sur le graphe). L’atteinte d’un taux de chômage à 7% et le maintien à ce niveau suppose un taux de croissance fort dans la durée et probablement un changement dans la dynamique du chômage afin que celui ci baisse de façon plus rapide. L’arbitrage chômage/emploi doit probablement se modifier dans la durée mais il ne faudrait pas pour cela que les emplois deviennent plus précaires comme dans les pays anglo-saxons. Là-bas, l’assurance de trouver un emploi très vite même s’il se fait dans des conditions de grande précarité est un moyen de pousser le taux de chômage à la baisse. En France, le chômage est davantage mutualisé et l’assurance vient de cette mutualisation. On voit bien que l’on se situe dans deux modes de fonctionnement différents. Faut-il en changer pour faire baisser le chômage durablement ? Il y a derrière cette question une philosophie différente qui doit faire l’objet d’un choix collectif.

Le graphique montre la cohérence, parfois discutée, entre l’évolution sur un an du taux de chômage et celle de l’emploi privé. Les deux allures sont similaires. Le repli du taux de chômage au premier trimestre 2019 s’accompagne d’une légère accélération de l’emploi.

Le graphique reprend différentes définitions du chômage. Il y a l’indicateur de l’INSEE qui reprend la mesure définie par le BIT (personne qui ne travaille pas, est disponible dans les deux semaines et est en recherche active d’emploi) et celle du halo du chômage (personnes inactives au sens du BIT mais qui souhaiteraient un emploi). Les deux mesures reculent. Le chômage en phase avec l’allure du taux de chômage et la hausse de l’emploiL Le halo s’est infléchi très vite au premier trimestre. Les deux composantes représentent un peu moins de 4 millions de personnes.
L’autre mesure est celle de Pôle Emploi. Les inscrits en catégorie A (qui ne travaillent pas du tout) reculent de façon limitée alors que ceux inscrits en catégories B et C (qui travaillent moins de 78 heures pour les B et plus pour les C) continuent de progresser.
L’ensemble de ces mesures traduit la complexité du marché du travail. On constate cependant que la relation qui existait, en tendance, entre les inscrits en catégorie A et ceux mesurés par l’INSEE (au sens du BIT) avant la crise de 2008 s’est délitée. Les mesures de Pôle Emploi montrent désormais davantage d’inertie que la mesure du BIT et se caractérisent par la hausse des petits boulots mesurée par les catégories B et C.

Le taux de sous-emploi retombe au niveau de 2008. L’amélioration du taux de chômage ne passera pas directement par la réduction des emplois dans cette catégorie. Il faut franchement pousser à la formation pour que réduire dans la durée le nombre de chômeurs et alimenter dans le même temps la croissance.

PIB, Emploi et Productivité en zone Euro

L’emploi a progressé en zone euro au premier trimestre (+1.4% en taux annualisé). L’allure des créations d’emploi est solide. Cependant, depuis le début de l’année 2018 la productivité ne progresse plus. Le PIB ne progresse pas suffisamment vite au regard de la hausse de l’emploi. Le risque est qu’un choc externe provenant par exemple du commerce mondial pénalise l’activité avec, derrière, un ajustement rapide sur l’emploi. L’économie ne se crée pas de marges de manœuvres (pas de gains de productivité) reflétant ainsi une sensibilité aux chocs plus importante.

Le rapport de force pourrait changer pour la Chine

L’ensemble des indicateurs chinois pour avril sont médiocres. L’accélération de mars n’est pas confirmée sauf dans l’investissement des entreprises publiques.

Trois remarques

1- Le soutien à l’activité tant fiscal que monétaire sont d’un effet limité. L’économie n’arrive pas franchement à basculer vers une croissance orientée par sa demande interne (les ventes de détail hors inflation sont à seulement 4.7% sur un an)

2- la reprise de l’investissement des entreprises publiques montre que la relance reste focalisée sur l’investissement et que les entreprises publiques jouent à nouveau un rôle important notamment après la reprise en main politique de Xi Jinping en décembre dernier.

3 – L’allure médiocre de la production industrielle est à rapprocher du ralentissement du commerce extérieur chinois. Les sanctions nouvelles des USA sont aussi une pression pour forcer la main des chinois pour un accord afin d’éviter des mouvements sociaux.

Une croissance qui resterait limitée en Chine serait ainsi une opportunité pour les américains dans le rapport de force entre les deux pays

Brexit – La fête continue

Le coût du référendum sur le Brexit est de plus en plus élevé pour les britanniques. L’écart du PIB à sa tendance d’avant référendum continue de se creuser en dépit du rebond de la croissance au T1 (+0.5%). La France est dans une situation plus confortable. Quand s’arrêtera cette facétie outre manche ? Car ce sont les citoyens qui paient l’addition