L’inflation britannique s’assagit

Après le référendum sur le Brexit les économistes avaient averti d’une probable accélération temporaire de l’inflation.
Celle ci a effectivement rapidement progressé un peu au-delà de 3% en novembre 2017 sous l’influence de la dépréciation de la monnaie britannique. Depuis cette date, le reflux est important puisqu’en mars le taux d’inflation est un peu en-dessous de 2.5%. Le taux d’inflation sous-jacent a suivi le même profil avec un retour à moins de 2.3% après avoir dépassé 2.4% à la fin de l’automne.
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Dynamique des salaires et de l’emploi – Ma chronique du lundi

La BCE est confiante sur le profil de l’activité économique en zone Euro. C’est ce qui ressort de la publication des minutes de la réunion de mars. Le point marquant et qui traduit cette perception est le retrait de la phrase indiquant que la BCE se donnait la possibilité d’accroître ses achats d’actifs en cas de nécessité. Elle n’a plus le sentiment, la perception que la dynamique conjoncturelle pourrait nécessiter une aide d’urgence. En revanche, l’incertitude demeure sur le profil de l’inflation et la BCE insiste toujours sur l’idée que les pressions exercées par le cycle économique permettront, in fine, de voir l’inflation s’accélérer et converger vers la cible de la BCE. Les prévisions de mars 2018 sont encore loin de la cible de 2% même en 2020 où le taux d’inflation attendu n’est qu’à 1.7%.bce-prev-inflation.png

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Taux de la BCE: un calcul amusant

Les banquiers centraux sont très attentifs au taux de chômage. Janet Yellen l’évoquait à chaque réunion ou conférence de presse comme l’indicateur ultime. Elle a d’ailleurs réussi à mener l’économie US au plein emploi lorsqu’elle a quitté son poste. Mario Draghi évoque peu le taux de chômage lors de ses conférences de presse. Cependant, au regard de la courbe de Phillips de la zone Euro, on peut imaginer que le taux de chômage pourrait encore nettement baisser avant que ne se manifestent des tensions inflationnistes. Le taux de chômage d’équilibre (ou non inflationniste) a probablement baissé lors de la phase conjoncturelle actuelle. Selon les calculs de la Commission Européenne il serait de 8.4% à comparer à 8.5% qui est le taux de chômage actuel en zone Euro. En dépit d’un écart réduit entre les deux mesures, on ne perçoit pas les prémices de tensions nominales. Le taux d’équilibre est probablement plus bas.
Quelle cohérence entre le taux de chômage US et celui de la zone Euro ? La comparaison est amusante. Lire la suite

La hausse du déficit public US m’inquiète

Quand nos petits-enfants étudieront l’économie, devront ils systématiquement mettre une variable muette dans leurs équations économétriques pour la période de la présidence Trump* ? En d’autres termes, l’économie américaine entre-t-elle dans un cadre hors norme sous l’impulsion des décisions de Trump et du Congrès ? C’est la question à se poser au regard des mesures prises sur la baisse d’impôts et la hausse des dépenses et de leurs conséquences sur le déficit public abyssal des Etats-Unis .

L’allure des finances publiques est effectivement la plus problématique des questions. L’accroissement du déficit public dans la durée laisserait à penser que l’économie traverse une récession profonde. Ce n’est pas le cas loin de là puisque Janet Yellen l’a conduite au plein emploi (voir ici l’analyse de Jason Furman). La relance de l’activité par la Maison Blanche et le Congrès pose ainsi une vraie interrogation sur la rationalité d’une telle politique. On ne relance pas l’économie lorsqu’elle est au plein emploi sous peine d’engendrer d’importants déséquilibres dans la durée. C’est pénalisant pour tous. Lire la suite

Thatcher, Macron: au delà de la détermination, y a t il des points communs?

Lundi soir, sur Europe 1, j’étais interviewé sur un possible parallèle entre la détermination d’Emmanuel Macron face aux grèves et l’expérience Thatcher des années 80 au Royaume Uni. A l’époque la volonté de la Dame de fer avait modifié en profondeur et de façon permanente la dynamique économique et les rapports sociaux.

Pour l’instant l’éventuel parallèle n’existe pas même si le président français est déterminé à réformer.
Rappelons que l’arrivée de Thatcher à la tête du Royaume Uni en mai 1979 est en phase avec les changements qui se sont opérés dans les grands pays occidentaux à la fin des années 70. Tous avaient subi les chocs pétroliers sans trouver l’équation pour en sortir. Les échéances politiques s’étaient traduites dans ces pays par un changement de tête mais aussi par un changement politique. En Janvier 1981, Reagan, le républicain, avait succédé à Carter, le démocrate, aux USA. Au Royaume Uni Thatcher, la conservatrice, prend la suite de Callaghan, le travailliste en mai 1979. En Allemagne, Kohl du CDU succède à Schmidt du SPD en 1982. Mitterrand en France prend la place de Giscard d’Estaing en mai 1981. Thatcher s’inscrivait donc dans cette logique.

Deux points à souligner sur le parallèle Lire la suite