Le ZEW reste médiocre en Septembre

Le ZEW mesuré comme la moyenne de ses deux composantes reste en territoire très négatif en septembre. Son retournement évoqué ici et là est très relatif. Les anticipations sont moins dégradées mais restent à un niveau bas. Quant aux conditions courantes, elles chutent de façon continue depuis un an au moins et septembre n’échappe pas à cette dynamique négative.
L’allure du ZEW suggère encore que le chiffre du PIB sera toujours dans le rouge au troisième trimestre. Le redressement de l’activité et l’inversion de tendance au T4 ne sont pas encore franchement perceptibles.

Vive hausse du prix du pétrole

Après les attaques sur les installations pétrolières de l’Arabie Saoudite, le prix a grimpé, ce lundi, de 13% par rapport à vendredi dernier. C’est un saut important traduisant le repli de production de l’Arabie Saoudite de près de la moitié de ses capacités.

Immédiatement, l’Arabie a annoncé qu’elle ferait le nécessaire pour reconstruire rapidement les installations détruites. Dans le même temps, arabes et américains faisaient savoir qu’ils étaient prêts à utiliser leurs réserves stratégiques si cela était nécessaire afin d’éviter des tensions excessives sur le marché pétrolier.

Cependant, ce marché a changé radicalement. Une telle attaque il y a 10 ou 20 ans aurait été appréhendé comme un choc pétrolier et nourrit les scénarios les plus sombres. L’Arabie avait alors un rôle majeur en tant que premier producteur mondial et en tant que régulateur. C’était alors le seul pays à pouvoir ajuster rapidement sa production. L’Arabie était le pays régulateur du marché. Ce n’est plus le cas. Les États Unis sont désormais les premiers producteurs et leur production continue de croître mois après mois.

La logique n’est plus la même. Les américains peuvent éventuellement ajuster leur production pour réduire les manques en provenance d’Arabie. C’est un tout autre jeu qui évite de rentrer dans une logique de choc pétrolier.

En outre si le prix a rapidement progressé il est encore au-dessous des prix observés au printemps dernier et près de 4 dollars en dessous de la moyenne constatée en 2018. Il n’y a pas péril.

Pour l’instant la hausse n’est pas suffisamment forte et surtout suffisamment durable pour modifier le scénario économique. Si l’Arabie reconstruit ses installations, le prix restera un peu plus élevé que ces dernières semaines. Dès lors l’impact sur l’inflation sera réduit. Il le sera d’autant plus que l’an dernier, en octobre, le prix du baril était supérieur à 80 dollars, voire 85 dollars. Cela avait alors un déclencheur du mouvement des gilets jaunes. On pourrait ainsi avoir un léger ajustement sur les prix, les compagnies ajustent le prix assez vite de quelques centimes au mieux, mais un impact négligeable sur l’inflation compte tenu des prix très élevés l’an dernier, nettement plus élevés que ceux observés dans la période actuelle. .

Un choc pétrolier ne pourrait être perçu que si les tensions persistait et que les prix progressaient fortement tous les jours. Dans ce cas effectivement le dynamique du marché en serait durablement affectée. Cela affecterait aussi en profondeur les anticipations de l’ensemble des acteurs de l’économie, au risque de provoquer u. Choc négatif auto réalisateur. Ce n’est pas le cas. Nous n’en sommes pas encore là aussi car les origines des drones sont toujours incertaines. Il est donc difficile de parier sur le caractère durable ou pas de l’équilibre du Moyen Orient.

En 1973/74, le choc pétrolier reflétait le quadruplement du prix de l’or noir en une nuit après de très nombreuses années à un prix très bas. Ce n’est pas la configuration actuelle. Compte tenu des positions prises sur l’utilisation possible des réserves stratégiques, l’escalade des tensions sur le marché pétrolier est loin d’être le scénario le plus probable.

Les chiffres à venir. Semaine du 16 au 22 septembre

> La réunion de la Fed (18 septembre) sera l’événement le plus important de la semaine.
Nous nous attendons à une baisse de 25 pb du taux principal de la Fed mais pas d’annonce particulière sur la gestion du bilan, cela a été fait ors de la réunion de juillet. Le point important sera l’explication fournie par Powell lors de sa conférence de presse. En juillet, les principales explications de la baisse de 25 points de base étaient des facteurs externes (commerce, croissance mondiale). Ces éléments resteront-ils l’explication principale?
Quelles seront les nouvelles prévisions de croissance conformes à cette nouvelle orientation de la politique monétaire? Car jusqu’à présent, les données macroéconomiques ne justifient pas le changement de cap sur le plan monétaire.

> La dynamique industrielle américaine (17 septembre) constituera une donnée importante, car l’indice synthétique ISM du mois d’août est passé sous le seuil des 50 à 49,1. La cohérence entre les deux indicateurs suggère que le changement de l’indice de production industrielle en glissement annuel pourrait passer en territoire négatif. L’indice industriel suivra-t-il cette dynamique en août?
L’Empire State (16) et le PhilyFed (19) donneront des informations sur la situation économique en septembre.

Le ZEW (17 septembre) en Allemagne en septembre sera essentiel pour anticiper la possibilité d’une récession en Allemagne et donc la possibilité d’une politique budgétaire plus proactive. Draghi, lors de sa conférence de presse jeudi dernier, a déclaré qu’une politique budgétaire de la zone euro serait complémentaire à la politique monétaire de la BCE pour stimuler la croissance et l’inflation.

> Le chiffre chinois (16 septembre) montrera comment l’efficacité économique d’un arbitrage entre un choc négatif externe et la nécessité de nourrir la demande intérieure pour stabiliser l’activité économique. La production industrielle a été faible en juillet et les ventes au détail ont été plus fortes qu’il ya quelques mois.
> Les ventes au détail au Royaume-Uni (19 septembre) en pleine tourmente politique. Quel a été le comportement des consommateurs? Ont-ils augmenté leurs stocks pour éviter l’impact d’un Brexit sans accord?
> Le marché immobilier américain avec les mises en chantier (18 septembre ) et les ventes de maisons existantes (19 septembre) ? Le marché est assez stable.
> Au Brésil, le Selic ne sera pas poussé à la baisse lors de la prochaine réunion de politique monétaire (18 septembre) car la banque centrale brésilienne est intervenue avec force sur le marché des changes pour limiter la dépréciation du real, la monnaie brésilienne.

Le document détaillé en anglais est disponible en suivant le lien
NextWeek-September16-September22-2019

La BCE accentue la répression financière pour longtemps

La BCE a abaissé de 10bp son taux de dépôts à -0.5% et maintiendra l’ensemble de ses taux au niveau actuel ou plus bas tant que l’inflation ne convergera pas vers 2%. Dans les prévisions de la BCE, l’inflation sera à 1.5% en 2021. Dès lors, les taux courts resteront au niveau actuel au moins jusqu’en 2022.
La BCE a décidé aussi de relancer le Quantitative Easing (QE) à hauteur de 20 milliards à partir du 1er novembre prochain. Cela s’est déjà traduit par un repli spectaculaire du 10 ans italien.
Cette mesure de QE va accentuer la répression financière. L’objectif est de pousser l’ensemble de la structure des taux pour tous les pays en territoire négatif, Italie comprise. Cela peut durer au delà de ce que l’on imagine. L’objet de la répression financière est de réduire l’incitation à épargner et d’accroître celle à dépenser pour infléchir l’activité à la hausse.
Le souhait de la BCE est que la politique budgétaire change et soit plus active pour que les mesures prises soient plus efficaces et plus rapidement. Il répète cependant cela depuis le début de son mandat.
La BCE va réduire son taux de dépôt à -0.5% avec l’adoption d’un système qui modulera ce taux selon le type de réserve. Les excès de réserves seront rémunérées à 0% et les autres à -0.5%.
Le TLTRO est allongé à 3 ans et le taux sur chaque opération sera le taux du refinancement principal sur le reste du temps de cette tranche du TLTRO.
Compte tenu de la longueur du TLTRO et des anticipations évoquées plus haut sur l’inflation, le taux applicable pourrait être en moyenne au taux de dépôts sur la durée de l’opération pour les banques dont les prêts excèdent la référence de prêt définie par la BCE.. Cela veut dire que pour les banques ayant un excès de liquidités, elles peuvent avoir intérêt à prêter et à placer ses prêts en réserves excédentaires. Cela renforcera le secteur bancaire.

La répression financière mise en place par la BCE implique que les taux d’intérêt pour toutes les maturités et pour tous les pays sont bas et négatifs pour une très très longue période.
Les acteurs de l’économie sont habitués à des taux d’intérêt bas et le changement de comportement sera limité. L’impact macroéconomique à la hausse sera dès lors très limité. Le signal de la BCE pourrait aussi être interprété comme reflétant une situation particulièrement dégradée accroissant ainsi l’inquiétude des ménages et des entreprises, au risque d’avoir un effet négatif sur la conjoncture. Le secteur bancaire plus robuste sera-t-il suffisant pour contrecarrer cet effet ? C’est une inconnue aujourd’hui.
Les prévisions de croissance sont revues à la baisse à 1.1% en 2019, 1.2% en 2020 et 1.4% en 2021. Un choc externe pourrait faire basculer la zone Euro en récession. Pour l’instant la BCE estime très réduite cette probabilité.
Cela renforce néanmoins la nécessité d’une politique budgétaire efficace et proactive pour sortir de l’actuelle trappe à la liquidité qu’il y ait ou pas récession.
Au regard de l’absence de volontarisme des gouvernements pour avoir une politique budgétaire coordonnée, la position de Draghi est associée à un pari fort sur l’avenir au risque de devenir un vœu pieux.
Bon courage Christine Lagarde

Les chiffres à venir. Semaine du 9 au 15 septembre

L’événement principal de cette semaine est la réunion de la BCE du 12 septembre.
Des mesures bazooka sont attendues de la part de la BCE afin de stimuler l’inflation et modifier les sombres anticipations pour l’économie mondiale et son impact négatif pour Allemagne.
> La BCE devrait abaisser le taux de la facilité de dépôt. Ce taux est négatif (-0,1%) depuis le 11 juin 2014 et au niveau actuel (-0,4%) depuis le 13 mars 2016. Il pourrait être réduit à -0,5% ou -0,6% mais avec une gradation de ce taux appliqué aux réserves que les banques ont à la BCE. Le but serait de limiter la contrainte résultant de ce taux négatif sur le système bancaire. Cela aidera les banques, notamment dans les grands pays. 80% des liquidités à la banques centrales sont associées aux 5 plus grands pays. > L’autre mesure attendue est la reprise du programme d’assouplissement quantitatif, probablement au début de l’année prochaine)

Quatre questions sont associées à ces mesures:
1 – Elles aideront les banques avec cette procédure de modulation du taux de dépôt selon les réserves (à définir, car elle peut être complexe).
2 – L’impact sur l’économie sera très très limité. Les consommateurs et les entreprises ont déjà adapté leur comportement à des taux d’intérêt bas. Par conséquent, je ne m’attends pas à un changement dans la dynamique de leurs dépenses.
Lorsque les taux d’intérêt ont chuté à 0% pour le refi, le comportement des consommateurs a radicalement changé et cette modification de l’orientation de la politique monétaire a probablement été la principale raison de la forte reprise observée dans la zone euro après 2014.
Abaisser drastiquement le taux d’intérêt réduit les incitations à transférer la richesse dans le futur. Cela se traduit par une accumulation sur les comptes bancaires et une incitation à dépenser. Mais ce ne sera pas le cas maintenant. Les consommateurs notamment sont déjà habitués aux taux bas et ne changeront pas leur comportement. Plus que cela, un signal de taux plus bas peut être interprété comme un signal que l’environnement est pire que prévu, entraînant une plus grande économie.
3 – Le programme QE est effectué à un moment caractérisé par le fait que les taux d’intérêt à long terme sont leur plus bas niveau historique. Le taux allemand à dix ans est déjà à -0,6%, mais le taux espagnol à 10 ans est à 0,2% et le taux portugais à 0,23%. Même le 10 ans italien est à 0,9%. L’objectif de la BCE est peut-être d’augmenter la répression financière avec des courbes de rendement négatives pour tous les pays de la zone euro et de signaler qu’il en sera ainsi pour une période prolongée.
4 – Nous savons que la partie manquante de la politique économique de la zone euro est une politique budgétaire coordonnée. Christine Lagarde, après Mario Draghi, a mentionné ce point dans une interview et au Parlement Européen La BCE ne peut pas faire d’une pierre deux coups. Son action doit être complétée par un programme fiscal intégré. C’est pourquoi on ne peut pas s’attendre à un impact fort des mesures qui seront prises à Francfort.

Le chiffre du commerce extérieur allemand (juillet) est l’autre chiffre important pour cette semaine.
Il sera publié lundi 9. L’Allemagne a été pénalisée par le changement de la dynamique du commerce mondial. Au deuxième trimestre, les exportations ont fortement chuté (-5,2% en rythme annuel), ce qui peut être lié au ralentissement observé du commerce mondial et à la moindre dynamique, partout, du secteur manufacturier. En juillet, la production industrielle était en baisse de -0,6% après -1,5% en juin.

Ventes au détail aux États-Unis en août (13 septembre)
Les dépenses des consommateurs sont essentielles pour les perspectives économiques aux États-Unis. Jusqu’à présent, les chiffres ont été forts. Au deuxième trimestre, l’évolution des dépenses de consommation (+ 4,7% en taux annuel) a été la plus forte depuis le quatrième trimestre de 2014. Ce chiffre est également important car c’est le dernier avant la hausse des tarifs sur les biens de consommation qui a été décidé par la Maison Blanche le 1er septembre. La plupart des produits bénéficiant de ces nouveaux tarifs sont des produits finis, ce qui augmentera leurs coûts modifiant ainsi le comportement des consommateurs. La deuxième partie de l’année sera associée à une dynamique plus faible du côté des consommateurs. Le 15 décembre, de nouveaux tarifs s’appliquent également aux produits électroniques grand public.
Le chiffre de juillet de Jolts confirmera le changement de comportement sur le marché du travail américain (10 septembre)
Le marché du travail britannique (le 10 septembre) mettra en évidence l’impact de la récente chute de l’économie britannique. Ce marché a très bien résisté au ralentissement observé depuis le référendum. La contraction de l’activité au Royaume-Uni au deuxième trimestre aura un impact.
Production industrielle pour juillet en France et en Italie (10) dans la zone euro (12), Inflation pour août aux États-Unis (12) et en Chine (10) et confirmation des chiffres de l’inflation pour août en Allemagne (12), en France ( 12) et en Espagne (13). Coûts de la main-d’œuvre dans la zone euro au deuxième trimestre (13)

Le document détaillé en anglais est disponible ici
NextWeek-September9-September15-2019

Le référendum, arme ultime pour les britanniques

Le Parlement britannique ne veut pas du Brexit. Il a refusé par trois fois l’accord signé par le gouvernement de Theresa May avec l’Union Européenne et qui aurait permis une sortie en douceur. Il ne veut, cependant, pas une sortie sans accord et dans la précipitation. C’est pour cela qu’il a retoqué les propositions de Boris Johnson visant une sortie à la date négociée du 31 octobre qu’il y ait ou pas un accord.
Pour les parlementaires, cette date apparaît désormais trop proche pour avoir le temps de négocier un accord qui ne serait pas celui obtenu par Theresa May. La date limite de sortie serait repoussée au 30 janvier 2020. La sortie rêvée des britanniques, selon les parlementaires, se ferait alors à cette date et en accord avec les 27 autres pays de l’Union Européenne (UE).

Plusieurs remarques autour de ces points
1 – Que s’est il passé depuis le 29 mars, date théorique de sortie, pour que les parlementaires apparaissent dans une situation de précipitation à moins de deux mois de la nouvelle date butoir ?
La recherche d’un équilibre politique lors du long processus de désignation du premier ministre a paralysé les initiatives et réduit la possibilité de réfléchir à de nouvelles options. Les deux mois entre la démission de Theresa May, le 24 mai, et la nomination de BoJo, le 24 juillet, ont été perdus, mordant largement sur le délai accordé par l’UE
2 – Le prolongement au-delà du 31 octobre ne sera possible qu’avec l’accord de l’UE. Celle ci se réunit les 17 et 18 octobre pour évoquer la question du Brexit. Des voix dissonantes sont déjà audible. Le président français mais aussi l’Espagne et quelques autres avaient manifesté de l’agacement au report au 31 octobre. Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat aux affaires européennes pour la France, indiquait encore, le 5 septembre, la probable sortie des britanniques le 31 octobre et sans accord. L’Europe pourrait couper l’herbe sous le pied des parlementaires britanniques.
3 – Lors du sommet du 10 avril dernier, les européens avaient paru désuni sur la question du report, il serait souhaitable que cela ne soit plus un objet lors du prochain sommet d’octobre. L’union entre européens doit présider au prochain sommet des 17 et 18 octobrel.
4 – Les Européens peuvent avoir intérêt à couper rapidement le lien. La question du Brexit reste dans toutes les têtes, crée de l’incertitude et reporte, en conséquence, les ajustements économiques qui pourraient avoir lieu selon la forme de la sortie. Il peut être urgent pour les européens d’en finir rapidement.
5 – L’économie britannique souffre également de cette situation. Sa croissance est désormais nettement plus faible que celle du G7 et l’investissement des entreprises est 11% en dessous du niveau qu’il aurait pu avoir en cas d’absence de référendum. Les coûts sont considérables.
6 – Boris Johnson a perdu. Son coup d’Etat a échoué. Il ne pourra pas mettre le parlement de côté et ultime affront, il ne peut convoquer des élections générales le 15 octobre, juste avant la date fatidique (Il redemandera aux parlementaires la possibilité d’élections générales lors de la session parlementaire de lundi prochain (9). Mais il n’aura pas la majorité des 2/3 si la date est trop proche) . Vue de Londres, la sortie de l’UE, quoiqu’il arrive, pour le 31 octobre ne pourra avoir lieu.
Désormais, BoJo ne dispose plus d’une majorité au parlement après la défection de Phillip Lee et l’expulsion de 21 membres du parti conservateur. Le système apparaît paralysé.

De ce bololo politique, rien ne semble pouvoir sortir. La démission de BoJo pourrait être perçue comme une solution mais elle reposerait immédiatement la question de son ou sa remplaçante et du délai pour le faire. Compte tenu de l’état du parti conservateur et de sa fragilité à la Chambre ce serait un pari risqué.
Il faut rebattre les cartes et cela passe probablement par des élections générales à une date plus lointaine que le 15 octobre (la date limite pour le renouvellement du parlement est le 5 mai 2022).
Mais le risque serait celui d’une absence de majorité. C’était déjà ce qui s’était passé après les dernières élections voulues par Theresa May. le 8 juin 2017. Elle n’avait dû son salut qu’au petit parti séparatiste irlandais, le DUP..
Le recomposition de la droite anglaise, après les événements récents, tant au sein des conservateurs eux mêmes qu’en raison de la concurrence de Nigel Farage, le poids plus importants des Libdem et la défiance vis à vis de Corbyn, le patron des travaillistes qui veut nationaliser à tout crin, suggèrent l‘impossibilité d’une majorité claire. Des élections rapides, comme le souhaitait Johnson auraient obligé chaque candidat à se positionner pour ou contre la sortie de l’UE. Cela aurait alors faciliter la tâche du premier ministre issu de ses élections. Mais cette majorité aurait pu n’être que de courte durée en se faisant uniquement sur la question du Brexit. Des élections plus lointaines, après les 31 octobre, poseront les questions différemment sans pour autant faciliter la recherche d’une majorité et la nomination d’un premier ministre. Les questions existentielles posées par le référendum de juin 2016 ne semblent pas spontanément solubles dans la politique.
Dans ces conditions, l’absence d’une majorité claire capable de trancher, l’Europe aurait intérêt à couper tout recours à un délai supplémentaire . En d’autres termes, le bololo politique ne serait pas levé en cas d’élections générales mais le Brexit dur se profilerait..

Pour lever les ambiguïtés, et face à l’incapacité du gouvernement et des parlementaires à trouver un accord que personne ne veut, un nouveau référendum est nécessaire. Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas puisque la première consultation a eu lieu le 23 juin 2016. Les britanniques s’étaient prononcé à 51.89% en faveur de la sortie. A eux de confirmer ce choix ou pas. Ils doivent décider de leur avenir collectivement puisque le gouvernement et le Parlement n’y arrivent pas.

BoJo et les élections générales

Le moment est extraordinaire. Boris Johnson a perdu. Les parlementaires britanniques voteront demain sur une motion pour éviter un no deal. BoJo devrait alors appeler à des élections générales. Cette nouvelle consultation pourrait permettre d’y voir plus clair quant à la volonté des brits de rester ou pas dans l’UE. Le résultat des élections générales sera définitif sur le maintien ou pas dans l’UE.

Ces élections seront la clarification que tout le monde attend depuis le premier référendum du 23 juin 2016. Étais ce une erreur ou l’expression d’une volonté ? Plus personne ne pourra dire “on ne savait pas “. On peut s’attendre à ce qu’un résultat favorable au Brexit précipite la sortie sans accord.

Il va régner une grande incertitude sur la Grande Bretagne parce que chacun aura à l’esprit que cette deuxième consultation sera la dernière

Une forte volatilité est donc à attendre sur les marchés et sur la livre en particulier. Celle ci sera haussière avec un sondage favorable au maintien et inversement. Les marchés actions aussi suivront ce signal.

La volatilité risque d’être exacerbée car chacun sait qu’il n’y aura pas de chance supplémentaire.