La conjoncture française donne des signes inquiétants

Dans les enquêtes menées auprès des chefs d’entreprise, la tonalité est un peu différente entre les indicateurs publiés par l’INSEE et ceux publiés par Markit.
L’INSEE suggère une stabilisation de l’activité à un niveau un peu supérieur à la moyenne de long terme. Le niveau de l’indice du climat des affaires est identique à celui de décembre qui, lui, avait franchement décroché (102 contre 104.7 en moyenne de septembre à novembre) . Les différentes composantes sont relativement stables, notamment dans les services. L’industrie passe de 102.7 à 102.9 et les services de 102 à 103.
Dans l’enquête Markit, l’indice synthétique plonge en raison de la nette dégradation dans les services qui n’est pas compensée par la hausse de l’activité dans l’industrie. L’indice synthétique chute à 48.5 après 50.1 en décembre. L’industrie est en hausse à 51.2 contre 49.7 en décembre. En revanche l’indice synthétique des services (calculé selon la méthodologie de l’ISM américain) il tombe à 47.8 contre 50.2 en décembre. C’est le point le plus bas depuis novembre 2014 dans les services.
La vraie différence est dans les services dont la préoccupation dans l’enquête Markit est vraiment préoccupante mais elle semble refléter la perception que l’on peut avoir de façon informelle.

Les deux mesures (INSEE et Markit) décrivent néanmoins un cycle similaire comme le montre le graphe suivant qui compare l’indice du climat des affaires de l’INSEE en différence sur 3 mois (et avancé de 3 mois) et l’indice Markit. Les deux indicateurs suggèrent un momentum négatif pour la croissance. L’excès relatif d’optimisme de l’indice Markit corrige brutalement.

On peut caractériser davantage ce phénomène en comparant l’allure de l’indicateur synthétique Markit et le profil trimestriel du PIB. Le message est que la croissance du PIB à la fin 2018 et au début 2019 sera très faible. Le chiffre de croissance de la loi de finance à 1.7% ne tiendra jamais. La cible est désormais au voisinage de 1%.

Dans tous les cas les commandes continuent de ralentir et l’on ne peut pas spontanément s’attendre à un fort renouveau de la production. La production industrielle va continuer de se contracter comme le suggère le graphe.

La dynamique des embauches ralentit si l’on suit les mesures faites par l’Acoss au 4ème trimestre.
La dynamique des embauches s’essouffle un peu plus rapidement pour les CDI + CDD à plus d’un mois que pour l’ensemble des embauches (dont CDD à moins d’un mois). Plus fragile dans les petites boites que dans les grosses (+20). En phase néanmoins avec un cycle économique moins porteur

Dans cet environnement, la dynamique conjoncturelle de la zone Euro ne va pas aider. L’indice composite de la production pour la zone Euro est au plus bas depuis juillet 2013. L’impulsion n’est pas à attendre de ce côté là.

3 réflexions au sujet de « La conjoncture française donne des signes inquiétants »

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  3. Allant au-delà du constat de ce côté-ci des Alpes (et du Rhin), je pense qu’une analyse de conjoncture française gagnerait à évaluer l’impact sur l’économie nationale du ralentissement allemand, très étroitement lié à la chute des commandes chinoises
    Cette relation n’est-elle pas déterminante pour évaluer les développements à court et moyen terme ?

    cordialement

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