Turquie – Le risque d’une crise persistante

La monnaie turque s’est fortement dépréciée au cours des derniers jours. Elle était cotée 6.85 contre dollar cet après midi contre 5.15 en clôture il y aune semaine. Le mouvement est très marqué comme le montre le graphe.turkishlira1fr

Il y a deux points à relever pour comprendre la dynamique de la monnaie turque.
1 – La livre turque, comme de nombreuses autres monnaies de pays émergents, a commencé à se déprécier à la mi-avril lorsque les anticipations sur le dollar et la politique monétaire US se sont orientés à la hausse. Cela s’est traduit par des sorties de capitaux et une moindre liquidité pour les marchés, notamment sur les taux d’intérêt qui ont généralement pas mal progressé. Pour les pays sains, notamment en Asie c’est une situation plus complexe mais qui est gérable. (Voir ici et ici)
En revanche pour un pays comme la Turquie et quelques autres (Argentine, Indonésie), caractérisés par un déficit de compte courant et une fort endettement en dollar, cette nouvelle configuration est préjudiciable accentuant la dépréciation rapide de la monnaie.
La fragilité de la livre reflète donc des déséquilibres accumulés dans la durée. La Turquie n’était pas visée spécifiquement. (Voir ici un post écrit sur la Turquie il y a quelques semaines)
2 – Les tensions récentes entre la Turquie et les USA, que ce soit celles concernant le pasteur américain détenu en Turquie ou les mesures tarifaires américaines sur la Turquie, ont provoqué un rapport de force très défavorable à la Turquie et en conséquence une dépréciation très rapide de la monnaie turque. Lire la suite

L’emploi s’ajuste très vite en France en suivant l’inflexion de l’activité

La dynamique de l’emploi a ralenti au cours des premiers mois de 2018. Après une progression de 0.24% au premier trimestre, l’emploi privé n’a augmenté que de 0.16% au cours du printemps. Ces chiffres sont à comparer à la croissance observée en moyenne tout au long de l’année 2017. Elle était de 0.46%. La croissance de l’emploi a donc été divisée par 2 entre 2017 et le début de 2018.
En nombre d’emplois créés, il était de 88 600 en moyenne par trimestre en 2017, il n’est plus que de 38 500 en moyenne au premier semestre 2018 (31 000 au deuxième trimestre).
Tous les secteurs ralentissent et notamment les services comme le montre le graphe ci après.  La construction a aussi une allure plus préoccupante en phase avec le ralentissement des permis de construire. Lire la suite

France – La production manufacturière se stabilise au 2ème trimestre.

La production industrielle française a rebondi au mois de juin à +0.56% après 3 mois mois consécutifs de recul. Si l’on compare le deuxième trimestre au trimestre précédent alors l’activité ainsi mesurée est en repli de -1.6% en taux annualisé. Sur un an, l’indicateur est en hausse de 1%.
L’indice de l’industrie manufacturière a également repli de la vigueur en juin à +0.55%. Elle progresse marginalement sur le trimestre (0.46% en taux annualisé) et sur un an la progression est de 1.4%.
Si l’industrie est une source majeure d’impulsion dans le cycle économique, on note ici que l’ampleur de cette impulsion est désormais limitée et son incidence sur la dynamique du cycle est plus réduite. Lire la suite

0.4%, le rebond de la croissance attendu en T3 par la Banque de France

La Banque de France prévoit une croissance de 0.4% au T3. Accélération forte par rapport à la moyenne d’à peine 0.16% en T1 et T2.
La Banque de France ne donne pas de détails mais il faudrait une hausse brutale de la demande interne alors que le commerce mondial ralentit. C’est ambitieux.
L’objectif de G.Darmanin à 1.8% au moins en 2018 supposerait une croissance de 1.3% au T4. C’est excessif. La loi de finance à 1.7% implique 0.9% en T4, improbable.
Convergence toujours vers 1.5+ car le 0.4% en T3 me parait fort (mais il y aura en T4 la fin de l’arbitrage CSG / Charges et la baisse de la fiscalité locale et on peut esperer 0.6%).
Le rebond en T3 souvent évoqué par le Gouverneur de la Banque de France reste très mesuré. L’environnement global plus incertain et la dynamique interne moins vive ne permettent pas d’imaginer que l’économie française retrouve spontanément une croissance très forte.
La question va être celle de l’objectif budgétaire pour 2018 mais aussi pour 2019 car l’acquis de croissance en fin d’année pour 2019 sera limité à 0.55% vs 1% à la fin 2017 pour 2018.
La question budgétaire sera alors plus compliquée qu’en 2018 L’arbitrage budgétaire pour 2018 sera entre des économies budgétaires pour limiter la dérive du déficit mais avec un risque sur la croissance ou laisser filer le déficit vers 2.5/2.6% pour ne pas pénaliser davantage l’activité.
Réponse en septembre
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