La conjoncture est toujours préoccupante

L’indicateur mondial Markit pour le secteur manufacturier se stabilise (49.5) mais l’activité continue de se contracter. Le léger rebond des émergents tire l’activité à la hausse. Les pays développés continuent de se contracter rapidement. La situation est toujours préoccupante.

Cette stabilisation est néanmoins assombrie par le repli sous le seuil de 50 de l’indice ISM manufacturier (49.1). C’est le point le plus de l’ISM depuis janvier 2016. Globalement ce n’est pas une bonne nouvelle d’autant que son ajustement a été brutal et rapide

Le signal issu des flux de commandes à l’exportation ne suggèrent pas un retournement rapide à la hausse de la dynamique du commerce mondial. La dynamique globale est toujours très préoccupante. Il devrait continuer de se contracter au cours des prochains mois et peser, toujours, sur l’activité globale.

L’or depuis 1968

Voilà un graphe que je voulais faire depuis longtemps. En 1968, le marché de l’or renaît progressivement. Comment a évolué sa valeur réelle depuis cette date et comment se compare l’once d’or au SNP 500. L’or est grand vainqueur lorsque les dividendes du SNP ne sont pas réinvestis.

Mais les points d’entrée sur le marché sont plus importants que la tendance longue. Celui qui est entré dans le marché en 1980 ou en 2011/2012 n’a pas fait de bonnes affaires. le signal d’accélération à la hausse est l’observation de taux réels négatifs. On s’en approche aux USA

Les chiffres à venir. Semaine du 2 au 8 septembre

> L’économie mondiale ralentit très rapidement et le commerce mondial se contractait en juin. Pour anticiper l’avenir immédiat de l’activité économique, les enquêtes auprès des entreprises sont essentielles. La semaine prochaine, les enquêtes Markit et ISM seront publiées. Le 2 septembre, les enquêtes sur le secteur manufacturier pour Markit seront publiées. L’ISM sera disponible le 3 septembre. Ces chiffres mettront en évidence le dynamisme à court terme de l’activité mondiale et la dynamique future du commerce mondial.

> Le 4 septembre, l’enquête sur le secteur des services Markit sera publiée et le 5, l’enquête ISM sur les services. Aux États-Unis, l’enquête sur les services ne rééquilibre plus la faiblesse du secteur manufacturier. L’estimation rapide pour l’enquête Markit est maintenant inférieure à 51. Fragilité conduisant à une récession?

> L’emploi américain pour août sera publié le 6 septembre. Les chiffres récents sur la création d’emplois ont été révisés à la baisse (révision annuelle), ce qui a entraîné une dynamique plus faible. Cette inflexion est cohérente avec le changement de tendance observé dans l’enquête JOLTS.

> Les commandes industrielles en Allemagne pour le 5 juillet seront une autre source d’information sur la vigueur de la dynamique mondiale étant donné que cet indicateur a un profil cohérent avec l’investissement de l’entreprise OCDE. Les données récentes montrent un ralentissement rapide.
> Développements récents au Moyen-Orient avec tensions accrues ce week-end entre Israël, le Liban et la Cisjordanie.

Le document détaillé en anglais est ici
NextWeek-September2-September 8-2019

La croissance française est robuste et équilibrée.

La croissance française a été réévaluée de 0.24 à 0.31% (non annualisé) au deuxième trimestre. L’acquis est de 1.1% et le chiffre de 1.3% est atteignable si la croissance trimestrielle se maintient à 0.3% aux troisième et quatrième trimestres. La demande interne est la contribution majeure à la croissance trimestrielle du PIB avec une contribution négative des stocks mais positive du commerce extérieur, notamment en raison du repli des importations même si les exportations ont été révisés à la baisse.
La croissance française est actuellement voisine de son potentiel

Le point important est que cette dynamique de croissance est portée par la demande interne même si de façon surprenante les importations reculent.
Le taux d’épargne se replie après la forte hausse du T1. Les ménages ont épargné les diverses primes de début d’année et les dépensent au fur et à mesure. Ce n’est pas surprenant et plutôt rationnel.

Les marges des entreprises restent fortes en raison de la baisse permanente des charges et de l’effet CICE. Cette robustesse n’a pas été aussi marquée depuis la crise de 2008. Elles sont enfin au-dessus de la valeur médiane observée avant la crise de 2008 et les ajustements forts qui avaient alors eu lieu.

La dynamique de l’économie française ne présente pas de rupture. Cela résulte de sa moindre exposition au commerce mondial (moins sensible que l’Allemagne) et à la politique de distribution de pouvoir d’achat qui rend la demande interne plus robuste. Le risque de rupture de l’économie française est limité du fait de la structure de l’économie et de la politique économique. La croissance est peut être plus autonome et plus réactive. Sa dynamique est plus équilibrée que par le passé entre pouvoir d’achat et productivité.

2 graphes qui montrent que les français sont optimistes

Les ménages français sont optimistes. L’indicateur de confiance calculé par l’INSEE est un peu supérieur à la moyenne de l’enquête qui démarre en 1987. Après la déprime de la fin 2018, les ménages ont désormais un horizon plus solide.
Deux composantes de cette enquête montrent ce changement de perception. La première est celle relative au chômage. Les ménages ont une perception de l’évolution du chômage, au cours des 12 prochains mois, qui traduit une amélioration du marché du travail. Les ménages sont moins inquiets, que ce qu’ils sont en moyenne sur cette question.
L’autre indicateur porte sur la façon dont les ménages se projettent dans les 6 prochains mois. Tant sur la situation de chacun pris individuellement que sur la situation à venir des français, les ménages sont optimistes un peu plus optimistes qu’ils e sont en moyenne.
La déprime de fin d’année est un peu de l’histoire ancienne. Entre-temps, près de 150 000 emplois ont été créés et la politique économique a eu un impact favorable sur le pouvoir d’achat et sur sa capacité à amortir les chocs.

Du côté des entreprises, l’indice français se maintient au-dessus de sa moyenne historique.
La comparaison de l’indice de climat des affaires avec l’IFO allemand éclaire la conjoncture des deux pays.. Pour les comparer, ils sont tous les deux centrés et réduits sur la période qui démarre en janvier 1991 (après la réunification). Les cycles des deux pays sont plutôt cohérents sur l’ensemble de la période. L’indicateur français est plus robuste jusqu’au milieu de la première décennie 2000 (réformes structurelles allemandes). C’est le contraire après la crise de 2008. L’Allemagne, plus sensible au commerce mondial et ayant développé ses échanges avec l’Asie et la Chine, connait un cycle particulier assez différent de celui de la France. La rupture récente observée outre-Rhin est un peu le revers de cette médaille. L’indice IFO revient à sa moyenne depuis 1991. Cependant, à court terme, cela se traduit par un choc fort sur l’économie allemande, un changement de régime rapide qui pourrait se traduire par une contraction de l’activité.
Les déterminants des deux économies sont très différents (cf ici). La France est très dépendante de sa demande interne et sa politique économique peut permettre d’amortir les chocs externes. Le repli rapide des exportations allemandes pourrait inciter le gouvernement à soutenir la demande interne limitant ainsi le risque de repli trop fort de l’activité. La zone Euro pourrait ainsi trouver une voie de sortie sans se reposer uniquement sur les mesures de sa banque centrale. Cela serait en outre plus efficace.

Les chiffres à venir. Semaine du 26 août au 1er septembre

Principaux Points

> Les chiffres de la croissance du PIB pour le deuxième trimestre seront publiés aux États-Unis (29), en Allemagne (27), en Italie (30) et en France (29). Nous avons déjà des estimations pour cette période (-0,3% en Allemagne, 0,1% en Italie et 1% en France au taux annualisé), mais nous aurons des détails sur les contributions en Allemagne et en Italie et sur la situation des entreprises et des ménages en France (taux de marge, taux d’épargne, pouvoir d’achat ..). Pour les États-Unis, ce sera le chiffre définitif. L’estimation avancée est de 2,1% au taux annuel. Une analyse de chaque pays est présentée dans le document

> De nombreux sondages pour août seront publiés.
Lundi, l’indice IFO fournira une nouvelle preuve de la récession de l’économie allemande. Les enquêtes ZEW et Markit du mois d’août montrent déjà une dynamique négative. Le Climat des Affaires en France sera publié mardi. Il était légèrement plus faible en juillet mais restait au-dessus de sa moyenne historique. La dynamique française repose sur une demande intérieure forte, comme le montre l’enquête Markit du mois d’août. Le point intéressant sera en Italie. Nous aurons la confiance des consommateurs et des entreprises pour le 28 août. La situation politique ayant radicalement changé en août, elle pourrait inverser l’amélioration constatée du côté des consommateurs en juillet. Il sera intéressant de suivre la réaction des entreprises, l’incertitude augmentant alors que l’Italie se rapprochera de la récession.

> La confiance des consommateurs britanniques donnera des informations sur l’impact du premier mois de Boris Johnson au 10 Downing Street (30 août).
Confiance des consommateurs américains (Conference Board le 27 août ). Elle fournira, dans le détail, des éléments importants sur le marché du travail alors que l’indice de confiance diminuera probablement (comme l’indice du Michigan) Le fait est que les perspectives du marché du travail données dans cette enquête et la dynamique de ce marché (JOLTS) sont cohérentes. Le mois d’août sera-t-il une confirmation? Nous nous attendons à ce qu’il le soit.
> La consommation américaine pour le mois de juillet (30 août) et les commandes de biens durables pour le mois de juillet (26 août) seront les premiers éléments de la demande intérieure pour le troisième trimestre. Les dépenses des consommateurs resteront assez fortes, mais on s’attend à une faiblesse des commandes, notamment des commandes hors défense et avions, ce qui conduit à une perspective négative de l’investissement des entreprises.
> Taux de chômage de la zone euro pour juillet, le 30 août. Le taux (7,5% en juillet) est presque à son plus bas historique (7,3% de novembre 2007 à mars 2008), mais la dynamique de création d’emplois est plus faible maintenant (enquête Markit de juillet et août). ). Le chiffre sera robuste mais sans attente d’une amélioration durable en raison du contexte macroéconomique plus faible.
Les chiffres allemands sur l’emploi seront intéressants (pour le 29 juillet, le 29 juillet). L’évolution récente est plus réduite que dans un passé récent et cette inflexion va se prolonger compte tenu de la situation macroéconomique de l’Allemagne. En moyenne, les emplois ont augmenté de 130 000 par trimestre en moyenne en 2018, mais seulement de 33 000 au deuxième trimestre de 2018.
> Données d’inflation pour août en Espagne (29), en Allemagne (29), en Italie (30), dans la zone euro (30) et en France (30). Les chiffres resteront proches d’un taux d’inflation de base faible, le prix du pétrole étant nettement inférieur à celui de l’année dernière (10 euros le baril en moins cette année (63 € en août 2018 contre 53 € en 2019 au 22 août)). Pas de surprises en juillet sur l’inflation (PCE) aux US en juillet (30 août)
> Indice Case Shiller pour juin aux États-Unis (27) et prix de l’immobilier pour le Royaume-Uni en juillet (30)

Le document détaillé, en anglais, est disponible ici
NextWeek-August26-September1-2019