L’austérité n’est pas la bonne méthode

« « The biggest policy mistake of the last decade » est le titre d’un article de Ryan Cooper et l’erreur en question est bien sûr l’austérité. (C’est un article qui se focalise sur les Etats-Unis, si bien qu’il n’évoque pas le Brexit.) Cooper s’est penché sur les universitaires qui cherchèrent à convaincre de la nécessité de l’austérité et sur les raisons pour lesquelles leur analyse s’est ensuite révélée erronée. (…)

Voici le paragraphe par lequel il conclut son article : « Comme nous l’avons vu, les preuves empiriques en faveur de la position keynésienne sont écrasants. Et cela signifie qu’une décennie d’austérité stérile a durement nui à l’économie américaine, laissant celle-ci autour de 3.000 milliards de dollars en-deçà de sa trajectoire de croissance d’avant-crise. A travers une combinaison de mauvaise foi, de sophismes et de pure incompétence, les partisans de l’austérité ont directement créé le problème que leur programme était supposé éviter. Bon vent ! » …….

La suite de cet article de Simon Wren-Lewis, traduit par Martin Anota, est à lire

http://annotations.blog.free.fr/index.php?post/2018/08/22/La-plus-grande-erreur-de-politique-economique

Les politiques d’austérité pendant le crise: une bonne recette pour miner la reprise et accroitre la probabilité de récession 

Le graphe ci dessous traduit bien l’histoire de la politique économique depuis le début de la crise. Alors que les banquiers centraux ont réduit les taux d’intérêt pour faire face à la contraction de l’activité, les gouvernements en ont rajouté en mettant en place des politiques d’austérité.

En d’autres termes, la politique monétaire buttait sur la contrainte de non négativité des taux d’intérêt sans pour autant faire repartir l’économie. Mais les gouvernements, notamment en zone euro, ont insisté pour limiter la hausse de la dette publique. 

Cela s’est traduit par une économie qui était KO et qui en plus était contrainte sur sa politique économique. La récession n’était que la résultante de ces erreurs de politique économique.  Je crois qu’il ne doit pas y avoir trop d’ambiguïté sur ces points. 

 

source IMF

 
Dans un long papier publié dans le Guardian, Paul Krugman revient dans le détail sur la façon dont ces politiques ont été mises en œuvre. Il évoque l’austérité génératrice de croissance d’Alesina, la hausse spectaculaire de l’inflation et des taux d’intérêt après la mise en place de politiques monétaires non orthodoxes (Ferguson), les bond vigilantes mais aussi le fameux seuil de 90% que ne devait pas dépasser la dette publique (Reinhard et Rogoff).  Tous es éléments qui ont plongé la zone euro dans une longue récession dont elle sort à peine. En outre, la Grèce, qui était montré en exemple de ce qu’il ne fallait pas faire, est restée un cas isolé car vraiment spécifique.

Il indique aussi que si le Royaume Uni a été restrictif sur le plan budgétaire, cela fait un moment qu’il ne l’est plu et c’est une explication majeure de la croissance britannique. (3ème graphe dans le papier de Krugman)

 

Source: Krugman

 
Enfin Paul Krugman s’interroge sur cette opposition aux analyses keynésiennes et là aussi c’est plein d’enseignements 

Chypre: Vers l’équilibre impossible

Le choix de l’euro semble avoir été fait par les chypriotes. C’est le sens du vote de la loi sur la restructuration bancaire et la création du fonds de solidarité. On attend aujourd’hui un vote sur la fiscalité des dépôts bancaires supérieurs à 100 000 €. Chypre fait le choix de l’Euro et après l’échec des négociations avec Moscou elle ne pourra plus être le centre bancaire off-shore qu’elle était.
On peut faire alors un bilan simple pour Chypre. Lire la suite