4 graphes sur la conjoncture globale


La publication des enquêtes Markit dans le secteur manufacturier permet de disposer d’une lecture précise de l’activité globale du secteur, de l’allure du commerce mondial et des attentes que l’on peut avoir sur l’économie. Ce secteur manufacturier, lorsqu’il a une trajectoire haussière, est toujours une source d’impulsion et d’amélioration de la dynamique de croissance. C’est hélas moins le cas au cours des derniers mois.

L’indicateur mondial de l’enquête Markit indique toujours que le secteur manufacturier est en expansion mais à un rythme qui ralentit mois après mois depuis le pic de décembre 2017. Cela devrait se traduire par un ralentissement supplémentaire du commerce mondial comme le suggère le graphe liant l’indice Markit et la variation sur un an du commerce mondial.
Ce qu’il faut avoir à l’esprit à la lecture de ce graphe est qu’il ne faut plus attendre d’impulsion en provenance du commerce mondial. Nous ne sommes plus en 2017 et les chocs successifs provoqués par Donald Trump sur les tarifs douaniers ne permettent pas d’imaginer un retournement à la hausse. Lire la suite

Quand les banquiers centraux deviennent procycliques

La croissance ralentit à l’échelle globale, c’est ce que suggèrent les différentes enquêtes menées auprès des chefs d’entreprise mais aussi l’allure moins rapide du commerce mondial. C’est à ce moment là que les banquiers centraux ont décidé de changer le profil de la politique monétaire passant d’un biais accommodant à un biais plus restrictif.
La croissance de 2017 à l’échelle mondiale était la résultante d’une politique monétaire globalement accommodante. Cela avait permis de renforcer la demande domestique au sein de chaque pays et de redynamiser le commerce mondial.
Avec le biais plus restrictif sur la politique monétaire, le risque est de peser encore davantage sur une conjoncture moins dynamique et de donner à la stratégie des banques centrales un caractère procyclique non nécessaire. Le risque est d’infléchir encore davantage la dynamique de l’économie et de peser sur l’emploi.
La justification d’un tel biais ne peut être une accélération de l’inflation puisque celle ci résulte de la hausse du prix de l’énergie et pas du tout de tensions au sein de l’économie. Dans une telle configuration les banquiers centraux doivent être neutres.

L’analyse de ce biais restrictif non nécessaire est développée dans mon blog anglais ici

La dynamique de croissance se stabilise à un haut niveau en zone Euro

L’activité de la zone Euro, mesurée par l’enquête Markit de février, se stabilise à un niveau élevé. Sa dynamique de croissance n’est pas remise en cause.
On voit sur le premier graphe qu’en dépit du repli de l’indice synthétique, le niveau reste consistent avec une progression rapide du PIB de l’ordre de 0.8% (3.2% en taux annualisé) au premier trimestre 2018 soit une hausse de +0.2% par rapport au dernier trimestre de 2017.
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Pour la zone Euro et l’Allemagne, le niveau moyen des deux premiers mois de 2018 est encore supérieur à la moyenne du dernier trimestre 2017. Pour la France le chiffre est légèrement plus réduit mais cela est marginal. Le décollage de l’année 2017 a été exceptionnel et la situation se stabilise. C’est plutôt sain. Lire la suite

Zone Euro – La croissance s’accélère encore

Les enquêtes menées en novembre au sein de la zone Euro, en France et en Allemagne indiquent une nouvelle accélération de l’activité dans tous les secteurs notamment le secteur manufacturier, ce qui suggère une hausse des échanges internationaux. Ces enquêtes montrent aussi une progression rapide de l’emploi mais sans pressions nominales excessives. 
Cela ne permet pas de clôre les discussions au sein de la BCE. On perçoit plusieurs courants au sein de l’institution monétaire. Ceux qui pensent que l’inflation ne va pas décoller très vite en dépit d’une croissance robuste (Draghi, Praet) et qui n’excluent pas de continuer le QE après septembre prochain, ceux qui pensent que l’inflation va se caler rapidement sur une trajectoire compatible avec les objectifs de la BCE en raison de l’accélération de la croissance (Coeuré). Dans ce cas les achats pourraient s’arrêter en septembre prochain. Il existe une troisième voie qui pense qu’il faudrai arrêter en décembre prochain.
Les enquêtes du jour ne permettent pas encore de trancher même si la croissance apparaît  désormais plus forte qu’anticipée. Restons donc sur la voie tracée par Draghi.
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L’économie française: l’amélioration se confirme et c’est chouette

Les enquêtes menées par l’INSEE et par Markit auprès des chefs d’entreprise suggèrent une dynamique cyclique toujours très confortable notamment dans le secteur manufacturier.
Six graphiques illustrent ce point et donnent une allure optimiste quant au profil à venir de l’activité globale en France:  l’impulsion initiale dans l’industrie est robuste et se propage dans le reste de l’économie.  On peut ainsi prolonger, en 2018, les signaux favorables que l’on constate actuellement. L’impulsion est forte et va continuer de se propager provoquant dans le même temps une amélioration significative du marché du travail. C’est cette dynamique qui nous réjouit.
Le premier est graphe est issu de l’enquête Markit. Il présente l’indice synthétique Markit et l’évolution du PIB trimestre après trimestre.
Le signal est celui d’une ré-accélération de l’activité globale à l’automne. Cela mettra 2018 sur de bons rails avec un acquis qui pourrait être plus fort qu’anticipé jusqu’à présent. En d’autres termes, le profil récent pourrait m’inciter à revoir à la hausse les prévisions de 2018 qui sont pour l’instant à 1.7% après 1.8% en 2017.
Cela facilitera la résorption des déséquilibres (budgétaires notamment). Le plan d’investissement public présenté par le gouvernement accentuera ce mouvement haussier. Cela devrait se traduire, in fine, par une hausse de la croissance potentielle en France et donc une capacité plus forte à créer des emplois et à faire face aux défis.  Lire la suite