La conjoncture globale en 8 graphes

En Avril, les interrogations demeurent quant à l’évolution effective de l’activité au cours des prochains mois.
Les enquêtes menées par ISM et Markit suggèrent que les chefs d’entreprise sont encore très prudents dans le secteur manufacturier mais plus optimistes dans les services. C’est le premier point qui est préoccupant car il conditionne davantage la dynamique de court terme notamment via le commerce international. Une activité manufacturière en berne ne traduit pas une relance des échanges et ne s’accompagne pas d’un effet d’entrainement sur les services.
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Le graphe qui fâche: Le point haut du cycle a-t-il déjà été touché aux USA?

Depuis le point haut de janvier, la production industrielle américain se replie.
La composante liée à l’énergie s’infléchit et cela est cohérent avec les histoires racontées autour de la baisse du prix du pétrole et la réduction des incitations à développer le secteur. La partie non énergétique, elle, se replie également même si c’est dans des proportions plus réduites. La hausse du billet vert a certainement eu un effet négatif sur l’activité de cette partie de l’industrie américaine. On observe aussi que le changement du premier trimestre ne résulte pas uniquement du climat plus froid.
Le graphe intéressant est celui qui montre l’évolution parallèle entre les capacités de production disponibles et le taux de chômage.
Jusqu’à la fin des années 80, les capacités disponibles (100 – Taux d’utilisation des capacités de production) et le taux de chômage se retournaient au même moment. Chacun représente une tension sur l’économie américaine, il n’est pas illogique que les deux indicateurs aient des inflexions simultanées
Cependant, depuis le début des années 90, les capacités disponibles touchent un point haut ou un point bas avec plusieurs mois d’avance sur le taux de chômage.
Depuis Janvier les capacités disponibles augmentent rapidement, cela est très visible sur le graphe, alors que le taux de chômage reste sur une tendance baissière. Au regard des évolutions passées, on ne peut pas exclure que le point haut du cycle économique américain ait été touché. Cela oblige à penser différemment la politique monétaire.
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Dynamique conjoncturelle en zone Euro et en France

Ce matin l’INSEE et Markit publiaient leurs enquêtes du mois d’Avril.

Les indices se sont plutôt stabilisés en avril après une progression quasi continue depuis novembre.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomènes:

  • le remontée du prix de l’énergie avec un pétrole au-dessus de 60 dollars. Le facteur très favorable de l’automne s’est inversé de façon probablement temporaire
  • Des tensions géopolitiques significatives qui préoccupent et qui créent de l’incertitude.
    Ces facteurs se traduisent par une pause dans la reprise.
  • Je ne crois pas à un retournement sinon les chefs d’entreprise ne continueraient pas à avoir une perception positive du marché du travail en souhaitant embaucher davantage.

Les 8 graphes détaillés

Pour la zone Euro
(L’enquête Markit est l’estimation avancée avec le détail seulement pour la zone Euro, l’Allemagne et la France)
Le premier est celui reliant l’indice synthétique de l’enquête Markit et le PIB. Même si l’indice en avril s’est stabilisé au niveau du mois de mars, il n’y a pas de retour en arrière. La dynamique se prolonge et le point du mois d’avril (52.8) est bien supérieur à la moyenne du premier trimestre (52.2), elle même plus élevée que celle des 3 derniers mois de 2014 (50.1). Le processus de reprise continue Lire la suite

L’Europe, fer de lance de la conjoncture mondiale?

Verbatim de ma chronique du jour

Retournement de la conjoncture manufacturière, c’est désormais l’Europe qui apparait la plus dynamique. L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie ou encore le Royaume Uni et l’Irlande montrent une expansion forte et robuste dans ce secteur manufacturier. La France est en retrait tardant à se joindre à ce mouvement régional. D’ailleurs si l’on regarde l’ensemble des indices européens il y a une dissociation entre une dynamique européenne qui s’installe et la France, l’Autriche et la Grèce qui sont en retrait.
C’est là-dessus qu’il conviendrait de s’interroger en France. Dire que la reprise est là mais déjà prendre du retard sur les partenaires européens de la France est problématique.
ZE-2014-aout-pmi-manuf-ind-synth.png-mars-Pmi-Manuf-PaysL’indice de la zone Euro pour le secteur manufacturier s’est inscrit à 52.2 donc au-delà du seuil de 50 qui sépare la hausse et le repli de l’activité. C’est son plus haut niveau depuis mai 2014.
On notera ici le changement haussier brutal de l’Italie. Lire la suite

3 Graphes sur les enquêtes PMI/Markit en zone Euro

Les enquêtes publiées par Markit ce matin suggèrent une amélioration de l’activité  en Zone Euro pour le mois de février

Le premier graphe montre les indices synthétiques de la zone Euro, de l’Allemagne et de la France (calcul fait à partir des indices synthétiques du secteur manufacturier et du secteur des services).
Les 3 indices pointent vers le haut. Le détail montre que ce sont les services qui se sont améliorés. Le secteur manufacturier n’a pas une allure aussi soutenue, notamment en France où l’indice recule par rapport au chiffre du mois de janvier. Les indices manufacturier de la zone Euro et de l’Allemagne sont, en février, au même niveau qu’en janvier.
ze-2015-fevrier-pmi-ze-all-fra-fL’indice PMI et le PIB en zone Euro
Si l’on se concentre sur l’indice de la zone Euro, son allure est cohérente avec une légère accélération du PIB sur la première partie de l’année 2015.
ZE-2015-fevrier-pmi-pib-FLe troisième graphe est centré sur le secteur manufacturier et relie l’évolution de la production industrielle (en variation sur 3 mois) et le ratio des nouvelles commandes sur stocks dans le secteur manufacturier. On constate une amélioration significative qui devrait se traduire par une hausse de la production au cours du premier semestre.
ZE-2015-fevrier-pmi-ratioLa dynamique de l’activité s’améliore mais sans qu’il y ait de rupture à la hausse. L’amélioration des services devra être complétée par une plus grande robustesse du secteur manufacturier pour s’inscrire dans un cycle économique haussier et durable.