Juste une remarque sur le profil de la croissance US

La croissance américaine est attendue à 2.9% en moyenne en 2018. Cela correspond à un taux de progression de son activité compris entre 0.7 et 0.8% au dernier trimestre (chiffres non annualisés). Cette vue est consensuelle, comme est consensuelle aussi la robustesse perçue de la croissance américaine et le ralentissement vers 2.5% de l’expansion en 2019.
Si l’on sort sa calculette, on obtient des profils amusants pour rendre compatibles l’ensemble de ces éléments.
Si l’on considère le 2.9% de 2018 comme acquis (avec 0.8% en T4), la convergence vers 2.5% est intéressante. Le taux de croissance trimestriel moyen nécessaire pour converger vers 2.5% est de 0.5% par trimestre. Cela veut dire que, dès les premiers mois de l’année 2019, l’économie américaine ralentit fortement puisque sa croissance trimestrielle moyenne a été de 0.8% en 2018.
Si en revanche on fait l’hypothèse du maintien d’une croissance robuste au premier semestre dans le prolongement de 2018 (0.8% à chacun des deux trimestres) alors le profil des 2 derniers trimestres est beaucoup plus bas. Pour converger vers 2.5% en moyenne sur l’année, il faudrait une contraction de -0.2% par trimestre à partir de l’été.
En d’autres termes, si la croissance est robuste en début d’année 2019, alors pour être compatible avec les prévisions consensuelles, il faudra un sacré coup d’arrêt durant la seconde partie de l’année.

La croissance française dans la tourmente

La hausse du PIB a été révisée à la baisse au 3ème trimestre à 0.3% (contre 0.4%). Dès lors la croissance pour l’ensemble de l’année sera de 1.5%. L’objectif du gouvernement à 1.7% n’est plus atteignable.
Pour 2019, l’acquis en fin d’année sera un peu inférieur à 1% et en reprenant le scénario de l’INSEE, tel que présenté dans sa note de conjoncture publiée en début de semaine alors la croissance sera de 1.2%.
Cela veut dire que le déficit public en 2019 sera bien plus élevé que celui qui vient d’être adopté par la loi de finances et qui table sur une croissance de 1.7%. Il était initialement de 2.8%, il atteindra probablement 3.5%.

La croissance française accélère modérément au troisième trimestre

La croissance française a légèrement accéléré au troisième trimestre. Après les 2 premiers trimestres de 2018 un peu en dessous de 0.2%, l’activité s’est accrue de 0.4%. L’acquis pour 2018 à la fin du 3ème trimestre est de 1.5% (croissance moyenne en 2018 si l’activité du T4 restait au niveau du T3). Avec une croissance de 0.4% au dernier trimestre alors la croissance moyenne sur 2018 serait de 1.6%. Pour atteindre l’objectif du gouvernement, il faut 0.8% pour tomber pile sur 1.7%. Je me cale davantage sur 1.6%.

Dans le cas d’une croissance à 0.4% en T4 alors l’acquis pour 2019 à la fin 2018 ne sera que de 0.55% à comparer avec le 1% observé à la fin 2017 pour 2018. Cela veut dire que pour faire une performance comparable à celle de 2018, il faudrait une belle accélération de la croissance l’année prochaine. Ce n’est pas forcément compatible avec les résultats d’enquête en provenance des entreprises. L’indice de climat des affaires de l’INSEE et l’indice Markit ne montrent un changement d’allure à la hausse de l’activité (voir ici). L’idée d’une croissance proche de 1.4% en 2019 me parait toujours d’actualité. Lire la suite

Zone Euro – L’activité se cale sur une trajectoire plus soutenable à moyen terme

Ajustement à la baisse des indices synthétiques dans l’enquête Markit pour la zone Euro, la France et l’Allemagne.
Pour la zone Euro, cela traduit principalement un ajustement après une progression trop vive dans la seconde partie de l’année 2017. Ce rythme n’était pas soutenable et les chiffres des premiers mois de 2018 traduisent cet ajustement, non linéaire, vers une allure plus stable et plus soutenable à moyen terme. Il est probable que la croissance tendancielle est autour de 0.4-0.5% par trimestre. Il faut s’ajuster sur ce niveau. Le profil de l’enquête Markit traduit ce mouvement.

D’une manière générale, avec la très forte accélération de l’activité en 2017 l’activité a buté sur des contraintes physiques. En outre l’absence d’impulsion supplémentaires (après le choc monétaire positif de 2016 et 2017) il n’y a plus non plus de raison d’aller encore plus vite et de pousser plus avant la dynamique de croissance à court terme.
L’objectif maintenant est de créer les conditions pour rester proche de la tendance de 0.4-0.5% par trimestre. Ce doit être l’objet de la politique économique.
Pour la France la question est proche de celle de la zone Euro mais avec une croissance tendancielle plus proche de 0.3-0.4%ze-pmi-pib.png
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Zone Euro: La croissance se modère au premier trimestre

Le PIB de la zone Euro ressort à 0.4% au T1 2018 (non annualisé). C’était + 0.7% au T4 2017. L’acquis pour 2018 à la fin du premier trimestre est de 1.45%

Plusieurs remarques

• En 2017 les chiffres surprenaient systématiquement à la hausse. Le chiffre du T1 est sur le chiffre anticipé. Plus de surprise Le pic du cycle est il passé ? Probable mais cela ne signifie pas une rupture à la baisse. Lire la suite

France, USA, Royaume Uni, Espagne: croissance hétérogène au premier trimestre

Au premier trimestre 2018, la croissance est robuste aux USA et en Espagne, elle s’infléchit en France mais ralentit nettement au Royaume Uni. 
Le premier graphe montre l’évolution depuis 2015 de la croissance par trimestre pour ces 4 pays, la croissance annuelle moyenne pour les 3 premières années ainsi que l’acquis de croissance pour 2018 à la fin du premier trimestre.
La croissance US du premier trimestre est du même ordre que celle de 2017 (2.3% les deux en taux annualisé), Elle ralentit néanmoins par rapport à la fin 2017. L’acquis est de 1.7%.
En Espagne elle est proche des 2 derniers trimestres de 2017. L’acquis est de 1.8%. Après une phase de rattrapage fort et rapide, la dynamique espagnole se modère à un niveau élevé.
Au Royaume Uni, la croissance avait ralenti déjà en 2017, la progression moyenne du PIB de chaque trimestre était inférieure à celles de 2016 et de 2015. Le ralentissement s’accentue au premier trimestre de 2018. L’acquis est faible (0.7%) ce qui conditionnera le chiffre réduit de l’ensemble de l’année. C’est un signal supplémentaire pour la BoE de ne pas changer sa stratégie monétaire en mai (voir ici)
En France, l’activité a ralenti mais après une année 2017 dont la croissance trimestrielle moyenne était bien au delà des capacités de l’économie française sur le long terme. L’acquis est de 1.2%. L’accélération de 2017 a fait le lit du ralentissement de la première partie de 2018 car le rythme n’était pas soutenable. Cela a été observé via le très haut niveau dans l’utilisation des capacités de production et par les difficultés de recrutement. La croissance tendancielle de l’économie française depuis 2013 est de 1.3% et c’est par rapport à cette norme qu’il faut jauger la croissance et non par rapport à 2017 qui était exceptionnel.
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