Sur la taxe GAFA et la réaction hostile des américains

La réaction des autres pays européens dans ce nouveau contexte de réaction US sera intéressante. Le nouvel équilibre global et multipolaire, qui se dessine, oblige les européens à davantage d’autonomie. On a déjà observé que sur la question de la 5G certains pays européens n’étaient pas indifférents aux offres chinoises, prenant ainsi de la distance vis à vis des américains.
L’Europe doit trouver et définir sa place dans ce nouvel équilibre multipolaire. La taxe GAFA et la réaction américaine peuvent permettre de définir une dynamique spécifique à l’Europe avec une distanciation vis à vis de la Chine et des US. L’enjeu est majeur pour que l’Europe existe à l’échelle politique.

Le 5 Pages Macro – Dynamique Macroéconomique – Juillet 2019

> La dynamique un peu chaotique de l’économie globale reflète la sortie probable d’un équilibre dominé par les Etats-Unis et la recherche d’un nouveau. Cet équilibre multipolaire inclurait les Etats-Unis, la Chine et l’Europe.
> Cette recherche se traduit d’abord par un environnement moins coordonné et moins coopératif, chacun cherchant à tirer un avantage d’une situation dans laquelle les règles changent. Les tarifs douaniers n’en sont qu’une illustration.
> A court terme, cela se traduit par de l’incertitude qui pénalise l’activité économique et l’investissement. La croissance est partout un peu plus faible alors que l’inflation reste limitée et loin de la cible de la banque centrale, en zone Euro notamment.

> Le biais est donc à une politique monétaire qui restera accommodante. Aller trop vite alors que les aléas sur l’activité  ne se matérialisent pas encore c’est prendre le risque d’avoir un impact trop limité et de ne plus avoir de munitions en cas de situation plus fragile.
> Ce serait le cas aux USA où une baisse des taux trop rapide se traduirait par un regain de liquidités qui favoriserait des crédits supplémentaires à l’immobilier et aux entreprises via des institutions non bancaires. Les excès déjà constatés seraient alors plus importants. Cela accentuerait les risques sur ces marchés et limiterait la capacité future de la Fed à intervenir en cas de crise.
> Un point majeur, les taux longs resteront très bas encore très longtemps, tant que cet équilibre nouveau ne prendra pas corps. Cela obligera la finance à se réinventer.

Le document complet est disponible ici Le 5 Pages Macro – Dynamique Macroéconomique – Juillet 2019

Les chiffres à venir. Semaine du 8 au 14 juillet

Les principaux points à retenir

  • Le commerce extérieur de l’Allemagne est la statistique sur laquelle je vais me concentrer cette semaine (le 8 juillet). Depuis le début de l’année, les exportations réelles ralentissent du fait de la guerre commerciale. Les attentes sont négatives, ce qui inquiète la dynamique de croissance allemande. Le gouvernement allemand pourrait avoir, dans les semaines à venir, l’occasion de relancer la demande intérieure pour atténuer cette perturbation.
  • Le commerce extérieur chinois constituera également un indicateur majeur (le 12 juillet) en tant que mesure de l’impact de la guerre commerciale.
    L’indice de la production industrielle allemande affichera également un ralentissement en mai (8 juillet). Cela serait conforme aux attentes concernant son commerce extérieur et aux enquêtes auprès des entreprises qui reflètent le pessimisme.
  • L’autre point à mentionner ici est que la production industrielle britannique affichera une tendance à la baisse (11 juillet). Cela serait cohérent avec l’indice de Markit pour le secteur manufacturier. En mai, l’indice synthétique de Markit était à 49,4 (contre 53,1 en avril).
  • Le taux d’inflation américain pour juin (11 juillet) ralentira, comme le montrent les taux d’inflation européens pour juin (estimations flash), tandis que les Chinois resteront forts (2,7% en mai), le prix des denrées alimentaires (prix du porc justement) continuant de indice des prix.
  • Rapport sur la stabilité financière de la Banque d’Angleterre (11 juillet à 11 h 30), minutes de la dernière réunion du FOMC (18-19 juin) le 10 juillet à 20h00 et compte rendu de la dernière réunion de la BCE (5 et 6 juin) sur la politique monétaire (11 juillet à 13 h 30)

Le document est disponible ici en anglais

La stabilisation du secteur manufacturier global vient des émergents

Dans les enquêtes Markit de mars, on retiendra deux points.
Le premier est la presque stabilisation de l’indice mondial à 50.6. A l’exception du rebond temporaire d’avril 2018, c’est la première fois que l’indicateur se stabilise depuis le point haut de décembre 2017. Ce n’est pas encore suffisant mais cela peut être une première étape

Le deuxième point est que cette amélioration tient principalement aux émergents et à la Chine en particulier. L’indice émergent se redresse à 51 contre 50.6 en février. Outre la Chine, la Russie, Taiwan ou encore la Corée du sud ont une allure plus robuste. Dans le même temps l’indice US se replie et celui de la zone euro aussi (voir ici).
La remontée de l’ISM manufacturier aux USA suggère néanmoins que l’activité aux USA ne ralentit pas. Juste une remarque ici: les données américaines deviennent très volatiles avec des fluctuations fortes d’un mois sur l’autre (emploi, ventes de détail, vente de maisons neuves).