10 ans après – Ma chronique du lundi

Le document en version pdf est disponible 10 ans Après – Ma chronique du lundi

Le 15 septembre 2008, la faillite de la banque Lehman provoquait une tempête sur l’économie mondiale. Quelle perception peut-on avoir aujourd’hui de cette rupture?
L’ampleur et la persistance du choc qui a heurté l’économie mondiale restent toujours impressionnantes même 10 ans après. Certains avaient prévu la possibilité d’un ajustement en provenance du marché immobilier mais personne n’en avait perçu l’intensité et la durée.
Depuis la fin du printemps 2007 et jusqu’à l’automne 2008, le système financier s’est délité à une allure et une facilité qui sont toujours une source d’étonnement. La faillite de Lehman en a été le point d’orgue. D’abord, parce que sa faillite venait après celle d’autres banques d’affaires mais qui, elles, avaient été reprises par d’autres établissements financiers. Mais surtout parce que cette faillite avait été acceptée sans que l’on puisse en appréhender les conséquences. Elle ouvrait la porte sur l’inconnu et pour un économiste la sensation de l’époque est celle de frissons dans le dos et de souffle coupé. Les risques apparurent très rapidement puisque l’assureur AIG a été sauvé quelques courtes semaines après. Lehman a été l’étape ultime du processus de décomposition mais aussi le catalyseur de la prise de conscience qu’une rupture était en train de s’opérer. Lire la suite

La récurrence des crises financières

Le 10eme anniversaire de la chute de Lehman est une occasion pour beaucoup de prédire qu’il y aura une autre crise financière et chacun ajoute qu’elle sera imminente. En effet une crise dans 5,10 ou 20 ans n’intéresse personne.

On notera juste la vacuité d’une telle annonce si elle n’est pas correctement argumentée.

En effet, la récurrence des crises financières est LA régularité de l’économie. Elles sont plus ou moins fortes avec des persistances différentes mais elles reviennent toujours. La dernière crise a eu lieu il y a une dizaine d’année alors ne doutons pas que la prochaine sera pour bientôt ou juste après

Addendum
Mon propos ne minore pas les travaux qui peuvent être faits sur une dynamique des crises. Je moque ceux qui mettent les évidences les unes à côté des autres et qui en tire le constat que tout cela mis ensemble pourrait se traduire par une crise. L’exemple de la dette publique dont le montant a augmenté de façon spectaculaire est le plus marquant alors que la dette privée est plus préoccupante car un individu ou une entreprise peut faire défaut ou faillite. C’est rarement le cas pour les Etats développés, les banques centrales les solvabilisent.

L’accumulation d’indices ne fait pas une théorie des crises mais c’est généralement spectaculaire et marquant

Où étiez vous le 15 septembre 2008?

Depuis plus d’un an déjà la crise menaçait. A la fin du printemps 2007 les signaux se multipliaient quant à un réajustement du système financier. Les engagements qui avaient été pris dans la sphère financière ne pouvaient être tenus. Les banques centrales déjà donnaient des liquidités aux banques car les portefeuilles des institutions financières et bancaires manquaient désormais terriblement de liquidité. Les banques centrales évitaient un blocage du système bancaire et une terrible défiance. Lire la suite

L’Italie change de point de vue – Ma chronique du lundi

Ce post est disponible en version pdf  Hebdo – PW – 10 Septembre 2018

Qu’est ce qui a changé radicalement la semaine dernière ?
Le principal changement est en Italie avec une allure différente sur les taux d’intérêt et un resserrement de l’écart avec l’Allemagne.txallita

Pourquoi?
Depuis la mise en place du gouvernement de coalition, les inquiétudes portaient sur la façon dont le programme de campagne serait traité dans le budget à venir. Une réponse est attendue le 27 septembre prochain.
Jusqu’à présent, le message du gouvernement était d’être peu contraignant notamment dans le respect du seuil de 3%. C’est pour cela que l’écart de taux d’intérêt avec l’Allemagne s’était élargi très nettement ces dernières semaines. Cela inquiétait car le financement de l’économie italienne aurait été rapidement mis à mal notamment en raison de la réticence des non-résidents, qui détiennent environ 35% de l’encours de la dette, à revenir sur le marché italien après en être sortis tout l’été. Comme les italiens ne peuvent pas, ne veulent pas sortir de la zone Euro, une pression supplémentaire sur la liquidité et les taux d’intérêt aurait pu fragiliser l’ensemble du financement européen.

Cependant, la situation économique change rapidement en Italie. Lire la suite

Après l’été; Vade-Mecum de rentrée

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Vade-mecum-Septembre2018-PW

Partons de l’échelle globale. Les signaux sur l’économie mondiale sont-ils toujours aussi robustes ?
La situation a changé depuis le début de l’année. En 2017, l’économie mondiale était portée par la progression plus rapide du commerce mondial. Ce n’est plus le cas. Depuis le début de l’année 2018, la dynamique des échanges ralentit et ne semble plus susceptible de créer le même type d’impulsion sur l’ensemble de l’économie.
Les enquêtes auprès des chefs d’entreprise dans le monde entier signalent un ralentissement de leurs commandes à l’export, traduction d’une dynamique mondiale moins rapide.commercemondial-markitjuin
Pourquoi cette accélération en 2017 ?
En 2016, alors que l’inflation était faible dans la plupart des pays à quelques exceptions (Russie, Brésil notamment), les banques centrales ont assoupli leur stratégie monétaire. La Federal Reserve américaine ne remontait son taux de référence que très lentement et communiquait suffisamment pour n’effrayer personne, notamment dans les économies émergentes.
Ces politiques monétaires plus accommodantes ont dopé la demande interne à chaque pays, poussant l’activité et les échanges à la hausse. Il y a eu une sorte d’allure commune qui a profité à tous. L’économie globale était entrée dans une dynamique vertueuse.

Qu’est ce qui a changé depuis ?
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L’austérité n’est pas la bonne méthode

« « The biggest policy mistake of the last decade » est le titre d’un article de Ryan Cooper et l’erreur en question est bien sûr l’austérité. (C’est un article qui se focalise sur les Etats-Unis, si bien qu’il n’évoque pas le Brexit.) Cooper s’est penché sur les universitaires qui cherchèrent à convaincre de la nécessité de l’austérité et sur les raisons pour lesquelles leur analyse s’est ensuite révélée erronée. (…)

Voici le paragraphe par lequel il conclut son article : « Comme nous l’avons vu, les preuves empiriques en faveur de la position keynésienne sont écrasants. Et cela signifie qu’une décennie d’austérité stérile a durement nui à l’économie américaine, laissant celle-ci autour de 3.000 milliards de dollars en-deçà de sa trajectoire de croissance d’avant-crise. A travers une combinaison de mauvaise foi, de sophismes et de pure incompétence, les partisans de l’austérité ont directement créé le problème que leur programme était supposé éviter. Bon vent ! » …….

La suite de cet article de Simon Wren-Lewis, traduit par Martin Anota, est à lire

http://annotations.blog.free.fr/index.php?post/2018/08/22/La-plus-grande-erreur-de-politique-economique