Chute de l’ISM plutôt rassurante

Aux USA, la chute de l’ISM ne traduit elle pas un retour à la normale? Depuis de nombreux mois, cet indicateur pour le secteur manufacturier était bien au-dessus de l’indice CFNAI qui est une mesure de 85 indicateurs de l’activité réelle (préparé par la Fed de Chicago). Cette situation qui se reproduit régulièrement notamment depuis 2004 se termine toujours par un ajustement fort et brutal de l’ISM vers le CFNAI. L’ajustement a toujours lieu dans ce sens. Finalement, les anticipations excessivement optimistes contenues dans l’indice ISM s’ajustent sur la « vraie économie » qui elle ne présente pas d’optimisme excessif. Cet ajustement est plutôt sain. h

Les tensions Chine-USA pour le leadership technologique

Dans sa lettre aux actionnaires, Tim Cook, le patron d’Apple, explique l’inflexion des revenus de l’entreprise en évoquant la demande moins forte des produits de son entreprises en Chine. Sur un autre plan, deux entreprises chinoises ont été sanctionnées par les américains; ZTE en avril dernier et Huawei début décembre avec l’arrestation de sa CFO.

Ces situations traduisent la guerre US/Chine pour le leadership technologique. ZTE et Huawei sont leaders sur la 5G et Apple est le leader US de la téléphonie. Le bras de fer pour le leadership passe de façon visible par ce type d’entreprises aujourd’hui très puissantes et proches du consommateur (important au regard des montants mis sur le marketing).

Les sources de tensions sur les entreprises technologiques ne manqueront pas dans un futur proche. L’enjeu est celui de la norme technologique qui aujourd’hui semble plutôt basculer vers la Chine d’où la réaction forte des US.
Cela ne fait que commencer et après la téléphonie, il y aura d’autres aspects de la technologie (IA,…).
Le risque est d’assister à une forme de déglobalisation avec l’accentuation des leaders nationaux pour forcer le destin et gagner ce leadership. C’est majeur pour les deux pays mais aussi pour l’Europe qui va compter les points.

Juste une remarque sur le profil de la croissance US

La croissance américaine est attendue à 2.9% en moyenne en 2018. Cela correspond à un taux de progression de son activité compris entre 0.7 et 0.8% au dernier trimestre (chiffres non annualisés). Cette vue est consensuelle, comme est consensuelle aussi la robustesse perçue de la croissance américaine et le ralentissement vers 2.5% de l’expansion en 2019.
Si l’on sort sa calculette, on obtient des profils amusants pour rendre compatibles l’ensemble de ces éléments.
Si l’on considère le 2.9% de 2018 comme acquis (avec 0.8% en T4), la convergence vers 2.5% est intéressante. Le taux de croissance trimestriel moyen nécessaire pour converger vers 2.5% est de 0.5% par trimestre. Cela veut dire que, dès les premiers mois de l’année 2019, l’économie américaine ralentit fortement puisque sa croissance trimestrielle moyenne a été de 0.8% en 2018.
Si en revanche on fait l’hypothèse du maintien d’une croissance robuste au premier semestre dans le prolongement de 2018 (0.8% à chacun des deux trimestres) alors le profil des 2 derniers trimestres est beaucoup plus bas. Pour converger vers 2.5% en moyenne sur l’année, il faudrait une contraction de -0.2% par trimestre à partir de l’été.
En d’autres termes, si la croissance est robuste en début d’année 2019, alors pour être compatible avec les prévisions consensuelles, il faudra un sacré coup d’arrêt durant la seconde partie de l’année.

Trump contre Powell

Trump aurait la tentation de « virer » Powell après la dernière hausse de taux de la Fed. Cet article est explicite sur son intention et il aurait les moyens de le faire. L’indépendance de fait de la Fed n’est pas celle institutionnelle de la BCE.

Trump Discusses Firing Fed’s Powell After Latest Rate Hike, Sources Say

La Fed nous dit une hausse maintenant puis deux l’an prochain

La Fed a remonté son taux de référence de 25 points de base. Le taux des fed funds évoluera ainsi dans le corridor 2.25 – 2.5%. Ce niveau de taux se rapproche du corridor, 2.5-3.0%, considéré par la Fed comme une cible de long terme. C’est la 4ème hausse cette année.

La banque centrale n’apparaît pas inquiète quant à l’allure de l’économie dans les prochains mois. La croissance va ralentir un peu en 2019 mais le taux de chômage restera proche de son niveau actuel soit au delà du plein emploi. L’inflation sera voisine de 2%. Elle est un peu plus faible que lors de la réunion de septembre en raison de la chute du prix du pétrole.

La Fed a indiqué qu’elle pourrait remonter son taux de référence à deux reprises en 2019. En septembre, lors de la réunion précédente, elle envisageait 3 hausses. L’allure des prix du pétrole et sa conséquence sur le taux d’inflation expliquent probablement ce moindre durcissement.

Pourquoi deux hausses encore: l’économie fonctionne encore sur une tendance au-dessus du plein emploi. Ce déséquilibre doit être compensé par une politique monétaire qui doit devenir un peu restrictive pour éviter d’éventuelles déséquilibres, peu visibles actuellement mais qui pourraient se développer dans un futur pas trop éloigné. L’économie a changé mais pas au point de pouvoir trop longtemps fonctionner au delà du plein emploi sans que cela n’engendre de conséquences difficiles à gérer dans la durée. En outre, la politique de la Maison Blanche qui alimente la demande domestique se traduit par une hausse rapide des importations (voir ici). Par le biais d’une politique monétaire un peu restrictive la Fed doit peser sur la demande et limiter le déséquilibre externe.

Le déficit commercial US et le resserrement monétaire de la Fed

Le commerce extérieur US se dégrade très vite en volume et hors pétrole. Les américains paient la politique budgétaire de Trump. Les importations en volume s’envolent et les exportations s’étouffent. Pas la bonne stratégie.
C’est aussi pour éviter des déséquilibres extérieurs trop importants que la Fed doit agir. Powell a évoqué ces déséquilibres liés à la politique budgétaire inconsidérée de la Maison Blanche. Il faut infléchir le profil des importations en pesant sur la demande interne. C’est le rôle de la politique monétaire.

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L’aplatissement de la courbe des taux et la récession aux USA

Une première étape a été franchie. Le spread 5ans-2ans est désormais nul. S’il passe négatif alors le spread 10ans-2ans tendra vite vers 0 avant de devenir négatif signalant la possibilité d’une récession aux USA. Imaginons 2020 pour le retournement du cycle US
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Les deux courbes ont en effet la même allure avec néanmoins une ampleur différente mais cela n’est pas l’enjeu.
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