Production industrielle en berne en Europe


On a connu des périodes plus fastes que 2018 pour la production industrielle. Cela reflète le ralentissement du commerce mondial et une dynamique interne à l’Europe qui manque de robustesse. Comment inverser la tendance sera la question clé pour 2019? La croissance va ralentir aux USA et en Chine pénalisant la dynamique du commerce mondial et j’ai du mal à anticiper que les européens trouvent une dynamique commune à la veille d’élections européennes qui risquent de mettre à jour des hétérogénéités fortes entre les pays membres quant à leur volonté de renforcer l’efficacité de la construction institutionnelle de la Zone Euro ou de l’Union Européenne. Il y a une inquiétude sur l’allure des prochains mois.

Qu’apporte l’Europe? La réponse de Charles Wyplosz

Un lecteur de Telos nous a adressé le message suivant :

« Je trouve vos articles fort intéressants. Mais en voyant ce qui se passe ces temps-ci en France et dans d’autres pays de l’Union européenne on est en droit de se poser quelques questions.

Je suis un retraité dont la pension est modeste. J’ai vu depuis 2001 mon pouvoir d’achat diminuer régulièrement ! Autour de moi, hors le cercle de quelques privilégiés, les autres: les jeunes comme les personnes âgées, les femmes seules avec enfants, les employés et ouvriers modestes, toutes ces personnes vivent dans la précarité. Ma propre fille aînée, que j’aide en permanence, est cependant obligée pour nourrir ses enfants d’aller au Secours populaire. 

Face à toutes ces difficultés, il nous semble que l’Europe ne nous apporte rien. Et qu’au fond elle n’a jamais rien apporté de positif pour augmenter le niveau de vie des peuples de l’Union. On comprend pourquoi les Britanniques ont voté le Brexit. On a le sentiment que seuls les riches européens profitent des retombées de cette Europe qu’ils tiennent à sauver, évidemment. Mais depuis la création de l’Union européenne l’écart entre les plus riches et les plus pauvres devient abyssal. 

Vu de la base, Macron, même s’il a de bonnes intentions, semble tout faire pour sauver l’Europe mais il ne sauve pas son peuple. C’est pour cela que l’on dit : c’est le Président des riches. Et le peuple est dans la rue.

Bref pour le commun des mortels l’Europe apporte plus la misère à chacun que la prospérité pour tous. Alors des thèses fumeuses, comme celles d’Emmanuel Todd, qui proposent l’abandon de l’euro et l’abandon de l’Europe, ces thèses trouvent un véritable écho chez tous ces peuples en souffrance.

Je lirais avec beaucoup d’intérêt une étude critique ou un débat montrant qu’Emmanuel Todd a tort et expliquant que l’Europe et l’euro, au contraire, apportent (ou vont enfin apporter…) le bonheur aux individus pauvres ou modestes de chacun des pays de l’Union. »

La réponse de Charles Wyplosz est à lire en suivant le lien

https://www.telos-eu.com/fr/economie/niveau-de-vie-quapporte-leurope-a-ses-peuples.html

Merkel rejette les propositions de Macron sur l’Europe

L’interview d’Angela Merkel, dans le FAZ ce week end, ne modifie pas l’idée que l’on pouvait avoir de la position allemande face aux propositions de Macron sur le renouvellement des institutions en Europe. Elle ne s’écarte pas du discours habituel de l’Allemagne.

La grande différence entre la France et l’Allemagne sur la question européenne est que la France pense qu’il y a un avantage à coordonner de façon explicite les politiques économiques. Un budget peut et doit faire cela. Cela implique une capacité d’intervention importante de plusieurs points de PIB comme le soulignait Macron et Sarkozy avant lui.
Du côté allemand, la coordination est implicite si l’on respecte les règles définies, notamment celles qui pourraient être prises dans le cas d’une aide du  FME (Fond Monétaire Européen qui reprendrait le Mécanisme Européen de Stabilité  mais qui ne serait pas le FMI trop favorable à la restructuration de la dette grecque, ce que les allemands ne souhaitent pas) . En d’autres termes, le mécanisme d’ajustement passe par le respect des bonnes règles (austérité budgétaires) et il n’y a pas besoin d’intervention de l’Etat.
La coordination prônée par la France est la vision du partage des risques au sein d’une entité politique alors que l’option allemande est celle de ne pas partager le risque puisque si chacun se comporte « comme il faut » aucun pays n’expose un autre à un risque particulier.  Lire la suite

16 points pour comprendre la guerre des tarifs sur l’acier et l’aluminium

Les Etats-Unis ont pris, le 31 mai, des mesures tarifaires sur l’acier (25%) et l’aluminium (10%) à l’encontre de l’Europe, du Canada et du Mexique. L’obsession du locataire de la Maison Blanche est à la fois de rapatrier de l’activité aux USA et de limiter les déficits extérieurs des Etats-Unis. C’est l’idée qu’il développait dès son discours inaugural à la Maison Blanche selon laquelle l’économie mondiale est un jeu à somme nulle. Il faut donc s’approprier d’une manière ou d’une autre l’ensemble de l’activité. Cette vision n’est pas celle qui permet de comprendre la dynamique de la croissance et de l’économie mais c’est celle à laquelle on doit faire face.
Le coût mesuré à partir des exportations vers les USA pour ces deux produits est très élevé pour le Canada (environ 2 milliards), autour de 600 millions pour le Mexique et environ 1.7 Mds pour l’Union Européenne avec un montant proche de 400 millions pour l’Allemagne et de 150 millions pour la France. Ces chiffres sont significatifs et peuvent, de fait, avoir une incidence sur les échanges avec les américains.

Finalement qui va gagner à la mise en place de ces mesures tarifaires? A priori pas grand monde. Une guerre tarifaire c’est un peu un combat de boxe poids lourd en 15 rounds. Les deux combattants vont jusqu’au bout mais tous les deux sont sérieusement amochés au risque d’avoir des séquelles.

Plusieurs remarques Lire la suite

Sanctions américaines: les entreprises européennes sont contraintes

Les sanctions annoncées par Donald Trump et relatives à l’Iran sont un vrai casse-tête pour les entreprises européennes qui s’étaient redéveloppées dans le pays depuis l’accord de juillet 2015.

De ce point de vue il faut distinguer un éventuel accord politique, portant sur la question nucléaire, entre l’Iran et les autres signataires de l’accord de 2015 à l’exception des Etats-Unis et la question des sanctions économiques. Selon celles ci l’Iran serait fortement contraint dans son développement économique puisque les entreprises étrangères travaillant avec l’Iran seront susceptibles de sanctions importantes de la part des américains. Avant 2015 on a vu l’importance des sanctions contre les banques qui contournaient les sanctions. D’ailleurs, peu rassurées parce que l’accord ne leur paraissait pas pérenne de nombreuses banques sont restées en dehors de l’Iran même après l’accord de juillet 2015. Lire la suite