Le graphe du jour en France: salaire et inflation

Le ministère du travail vient de publier la statistique sur le salaire de référence pour les ouvriers et employés dans les entreprises de plus de 10 salariés. Il progresse sur un an, au troisième trimestre, de 1.5% ce qui est modeste et inférieur à l’inflation hors tabac (1.9%).
Pendant longtemps la décélération de l’inflation (baisse du prix du pétrole à partir de la mi-2014 notamment) permettait un gain de pouvoir d’achat significatif alors même que le salaire de référence ne progressait pas très vite. L’accélération récente de l’inflation pour des raisons liés principalement au pétrole se traduit par une perte de pouvoir d’achat au cours des deux derniers trimestres. Le phénomène s’est accentué au cours de l’été. C’est un changement de cadre qu’il faut avoir à l’esprit au regard des tensions récentes dans la société française.
inflation-salaire-France.png

L’emploi privé s’améliore à la marge au 3ème trimestre en France

La bonne nouvelle sur l’emploi est que le nombre d’emplois nouveaux dans le secteur privé est en hausse par rapport au deuxième trimestre. Il y a eu 30 200 emplois supplémentaires durant les mois d’été à comparer à juste 22 400 au cours du printemps. La mauvaise nouvelle est que la dynamique de l’emploi en 2018 est beaucoup plus réduite que l’an dernier. Sur les trois premiers trimestres de l’année il a été créé 33 800 emplois en moyenne par trimestre contre 82 100 sur les trois premiers trimestres de 2017.
Cette inflexion reflète celle de la croissance. L’expansion de l’activité a franchement ralenti depuis le début de l’année et l’emploi a suivi mais de façon plus marquée que le PIB. Le rebond du PIB au troisième trimestre, bien que limité, a été beaucoup plus rapide que celui de l’emploi.
La croissance modérée attendue pour la fin de l’année et pour 2019 (1.4%) ne plaide pas pour une allure très rapide de créations d’emplois sur le marché du travail. Lire la suite

La croissance française accélère modérément au troisième trimestre

La croissance française a légèrement accéléré au troisième trimestre. Après les 2 premiers trimestres de 2018 un peu en dessous de 0.2%, l’activité s’est accrue de 0.4%. L’acquis pour 2018 à la fin du 3ème trimestre est de 1.5% (croissance moyenne en 2018 si l’activité du T4 restait au niveau du T3). Avec une croissance de 0.4% au dernier trimestre alors la croissance moyenne sur 2018 serait de 1.6%. Pour atteindre l’objectif du gouvernement, il faut 0.8% pour tomber pile sur 1.7%. Je me cale davantage sur 1.6%.

Dans le cas d’une croissance à 0.4% en T4 alors l’acquis pour 2019 à la fin 2018 ne sera que de 0.55% à comparer avec le 1% observé à la fin 2017 pour 2018. Cela veut dire que pour faire une performance comparable à celle de 2018, il faudrait une belle accélération de la croissance l’année prochaine. Ce n’est pas forcément compatible avec les résultats d’enquête en provenance des entreprises. L’indice de climat des affaires de l’INSEE et l’indice Markit ne montrent un changement d’allure à la hausse de l’activité (voir ici). L’idée d’une croissance proche de 1.4% en 2019 me parait toujours d’actualité. Lire la suite

La conjoncture française ralentit plus vite qu’anticipé par le gouvernement

La demande adressée aux entreprises dans le secteur industriel ralentit très vite et les chefs d’entreprise ne s’attendent pas à un retournement dans les 3 mois qui viennent. C’est ce que suggèrent les enquêtes menées auprès des chefs d’entreprise par l’INSEE et Markit. Cela veut dire que l’on ne doit pas s’attendre à une ré-accélération de la conjoncture au cours des prochains mois. Les prévisions de croissance du gouvernement à 1.7% pour 2019 apparaissent déjà un peu trop optimistes. J’attends 1.4% en 2019. Le ralentissement des échanges à l’échelle globale pénalise l’allure de l’activité dans l’industrie limitant ainsi l’impulsion donnée au secteur des services.
L’économie manque de sources d’impulsion et les indicateurs suggèrent, mois après mois, que l’année 2017 était exceptionnelle et que la dynamique de l’économie française revient sur sa tendance d’avant 2017 soit une allure autour de 1.4%. Lire la suite

La question de la dette, une fois encore

J’ai fait en début de semaine un post évoquant la dette publique française proche de 100%. Cette note a provoqué de nombreuses réactions sur lesquelles j’aimerais revenir.

1 – Dans ce post j’évoquais effectivement la dette publique française proche de 100% mais je m’inquiétais davantage de la dette privée des entreprises non financières et des ménages. Les réactions n’ont porté que sur la dette publique mais pas du tout sur la dette privée dont le niveau est aujourd’hui franchement préoccupant.
Mesurées sur une échelle comparable (en % du PIB), la dette privée est supérieure à la dette publique et son allure, portée notamment par les entreprises, indique une progression bien plus rapide que la dette publique. A la fin du 1er trimestre 2018, sur un an, elle est en hausse de 4.3%  contre 2.2% pour la dette publique. Lire la suite