Quelques points sur l’accord qui me posent un problème.

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L’accord entre la Grèce et la zone Euro pose spontanément quelques questions parmi d’autres

La première est celle de la croissance: A quel moment dans le futur peut on imaginer un retour de la croissance en Grèce?
Ce ne sont pas les quelques mesures sur l’ouverture des magasins le dimanche, la libéralisation des pharmacies, des boulangeries et la réduction des professions protégées qui vont relancer la croissance.
Les objectifs qui ont été dévoilés par Tsipras, jeudi dernier, doivent conduire à une convergence du solde budgétaire primaire vers le niveau de 3.5% du PIB en 2018. Cette mesure n’est pas remise en cause mais sera certainement au cœur des discussions lorsque commenceront les négociations pour le 3ème plan de sauvetage.
En 2014, le relâchement de l’austérité avait permis de retrouver une allure plus robuste sur la croissance et l’emploi. L’incertitude qui a prévalu depuis l’arrivée de Syriza a infléchi cette tendance. Mais les effets de la hausse de la TVA et de la baisse des retraites remettent l’austérité au goût du jour et vont pénaliser la croissance.
A moyen terme, la réforme des retraites ira aussi certainement dans ce sens. Il faudra caler le profil des retraites sur la capacité de l’économie à générer des revenus. Or au regard du profil du PIB (baisse de 26% depuis 2009) ces revenus et les pensions qui y sont attachés seront plus réduits. Lire la suite

Après l’Eurogroup, il n’est plus donné de choix à la Grèce

Au moment où je commence ce post, lundi matin, le sommet des chefs d’Etat de la zone Euro n’est pas encore terminé. Cela fait 20h qu’il a débuté. Les discussions portent désormais sur le communiqué de presse composé par Angela Merkel, François Hollande, Alexis Tsipras et Donald Tusk.
Si l’on suit le communiqué de presse de l’Eurogroup, réuni samedi et dimanche, la Grèce n’a d’autre choix que la mise sous tutelle par la zone Euro. Sa seule liberté est celle du défaut et de la sortie de la zone.
Les discussions ont été très brutales et violentes et à la fin c’est Wolfgang Schauble, le ministre des finances allemand, qui a gagné. Lire la suite

Sortie temporaire de la zone Euro: ce serait illusoire 

L’idée de sortie temporaire de la Grèce est totalement illusoire et traduit avant tout la volonté de l’Allemagne de faire sortir la Grèce de la zone euro.  

Imaginons la sortie de la Grèce: que se passerai t il pour sa monnaie?  Elle ne pourrait plus être l’euro, le risque de dépréciation est fort. A ce point il y a deux possibilités 

Soit le pays veut effectivement revenir dans la zone euro alors il doit réduire, tout seul, les déséquilibres qui ont été à la source de son expulsion.  A ce moment là, sans le support de la monnaie unique avec des taux d’intérêt bas, les mesures à prendre seraient trop contraignantes. Finalement et c’est la seconde option, le pays reprendrait sa liberté vis à vis de la zone euro. 

En d’autres termes soit le pays fait des efforts considérables pour essayer de revenir (car il ne bénéficie pas des effets positifs de monnaie unique) mais c’est sûrement excessif et desincitatif. Il pourrait alors ne plus souhaiter faire les efforts nécessaires pour converger vers les critères qui lui auraient été imposés. Son nouvel objectif pourrait alors de profiter au mieux des effets de la dévaluation de sa monnaie. 

Le sentiment est que l’Allemagne souhaite évoquer la sortie temporaire pour virer la Grèce.  Ce serait juste un moyen poli de le faire. Mais alors la Grèce serait elle la seule à subir ce traitement? 

Le profil du ratio dette sur PIB en Grèce

La décomposition du ratio dette sur PIB en Grèce est très instructive.
Le PIB a reculé d’un quart alors que la dette a finalement assez peu augmenté. Le profil du ratio dette sur PIB qui n’est pas soutenable reflète essentiellement la baisse de l’activité et sur ce point, les politiques d’austérités poussées par la troïka n’y sont pas étrangères (voir ici sur les efforts faits).
La discussion sur l’éventuelle réduction de la dette a donc du sens. La remise de la dette correspondra à la contrepartie des efforts faits par les grecs.
070715krugman1-blog480Source Paul Krugman (Voir ICI)

Propositions grecques: Les ingrédients pour un accord?

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Une mise à jour est disponible en anglais ici

Le programme présenté par Alexis Tsipras à la troïka reflète la volonté d’obtenir un accord afin de maintenir la Grèce dans la zone Euro. L’objectif est d’obtenir un troisième plan d’aide d’environ 50 Milliards sur 3 ans. Ce plan doit permettre à la Grèce de faire face à ses engagements.

Les mesures présentées et les objectifs budgétaires sont calés sur les requêtes qui étaient faites par la troïka le 26 juin.
A l’horizon 2018, le solde budgétaire primaire devrait s’inscrire à 3.5% du PIB contre moins de 1% cette année. Cela permettra de ne plus alimenter la dette grecque. Lire la suite

Remarks by President Donald Tusk after the Euro Summit of 7 July 2015 on Greece

Les remarques peuvent être trouvées ici (pas de version française)

I will read out what was agreed by leaders at tonight’s Euro Summit:

1. We met tonight to discuss the serious situation in Greece. We noted that the euro area authorities stand ready to do whatever is necessary to ensure the financial stability of the euro area as a whole.

2. Following the Greek referendum, Prime Minister Tsipras committed to present a new request for a programme within the framework set by the ESM Treaty, including strict policy conditionality.

3. We agreed to urgently examine whether it is possible to establish a basis for finding an agreement that respects existing commitments and our common rules.

4. The Greek government will on Thursday 9 July at the latest set out in detail its proposals for a comprehensive and specific reform agenda for assessment by the three Institutions to be presented to the Euro Group.

5. The Heads of State or Government will meet on Sunday 12 July.

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Let me add a few words from my own perspective. All sides of the negotiations share the responsibility for the current status quo. That is why today I called on all leaders to try to find consensus, which will be our common success, with no losers or winners. If this does not happen it will mean the end of the negotiations with all the possible consequences, including the worst-case scenario, where all of us will lose. Our inability to find agreement may lead to the bankruptcy of Greece and the insolvency of its banking system. And for sure, it will be most painful for the Greek people. I have no doubt that this will affect all Europe also in the geopolitical sense. If someone has any illusion that it will not be so, they are naive.

The stark reality is that we have only five days left to find the ultimate agreement. Until now, I have avoided talking about deadlines. But tonight I have to say loud and clear that the final deadline ends this week. All of us are responsible for the crisis and all of us have a responsibility to resolve it.