Inflation en repli et activité en berne en janvier

Le taux d’inflation en zone euro ralentit encore au mois de janvier s’inscrivant à 1.4% après 1.6% en décembre 2018.
La principale raison de ce repli est à chercher dans la moindre contribution du prix de l’énergie. De 1% en octobre cette contribution est passée à 0.25% en janvier. Cette contribution va continuer de se contracter pour devenir négative au cours du premier trimestre. Cela traduira simplement le fait que le prix du pétrole en 2019 est plus bas que le prix enregistré en 2018.

Les indices d’activité en zone Euro ont continué d’envoyer le signal d’une activité réduite dans le secteur manufacturier. L’indice pour la zone Euro s’est ainsi inscrit à 50.5 en janvier soit une quasi-stagnation de l’activité par rapport à décembre. L’indice allemand est marginalement en-dessous du seuil de 50 alors que les indicateurs français et espagnol rebondissaient de façon modérée.
Ce ralentissement de l’activité manufacturière va continuer de peser sur la dynamique du commerce mondial. La zone Euro a depuis quelques mois une contribution négative. La zone Euro qui est un partenaire commercial majeur de nombreux pays émergents n’envoie pas un signal fort ni une impulsion positive.

L’inflation reflue via la baisse du prix du pétrole

A de nombreuses reprises (voir ici et ici) j’ai évoqué l’impact de la baisse du prix du pétrole sur le taux d’inflation après la chute du prix de l’or noir.
Le taux d’inflation de la zone Euro au mois de décembre est une première approche. Le taux d’inflation est passé de 2% en novembre à 1.6% et la contribution de l’énergie au taux d’inflation est passé de 0.9 à 0.5% (voir 2ème graphe)
L’ajustement de l’indice énergie dans l’indice des prix au prix du pétrole n’est pas complet. L’indice va se replier encore et très rapidement cette contribution va devenir négative.
Le prix du pétrole est de 55 dollars actuellement (48.2 euros) est à comparer à celui de janvier 2018 qui était de 68.9 dollars (56.5 €). Sur le premier trimestre il était de 67.2 dollars et 54.7€. Cela fait un sacré parcours pour avoir un prix équivalent à celui de l’an dernier et donc une contribution nulle de l’énergie au taux d’inflation. Le troisième graphe montre l’allure de la variation annuelle du prix du pétrole et celle de la contribution de l’énergie au taux d’inflation. On perçoit que l’ajustement est encore incomplet.
C’est pourquoi le taux d’inflation va passer sous le taux d’inflation sous-jacent estimé en décembre à 1%.(voir premier graphe)
C’est par ce biais que se feront les arbitrages qui exploiteront ces gains de pouvoir d’achat. Ce moteur sera important dans la lecture de la conjoncture des premiers mois de 2019.
Ce ralentissement de l’inflation n’oblige aucunement la BCE à se précipiter dans la normalisation de sa politique monétaire.

Recul violent du prix du pétrole

La chute récente du prix du pétrole est impressionnante. Elle traduit un changement d’anticipations sur le marché et un equilibre davantage dominé par les USA que par l’Arabie Saoudite.

On voit sur le graphe le niveau à atteindre mois après mois pour alimenter l’inflation.

Tout chiffre en dessous du niveau de 2018 se traduira par une contribution négative et un taux d’inflation inférieur au taux d’inflation sous-jacent. Les anticipations d’inflation resteront réduites provoquant le maintien de taux d’intérêt bas quelle que soit la maturité.

Pas d’acceleration de l’inflation dans les prochains mois

Le prix du pétrole est, au 19 décembre, 20% au dessous de sa moyenne 2018. La contribution de l’énergie au taux d’inflation va rapidement être négative. L’inflation tombera au dessous de 1% en zone euro en 2019. (Le prix du pétrole est la principale source de fluctuation de l’inflation à la hausse et à la baisse. Cette fois ci ce sera à la baisse)

Pour une contribution nulle à l’inflation, en moyenne sur 2019, le prix du pétrole devrait déjà progresser de 25% Ce n’est qu’au delà de 25% de hausse en moyenne sur 2019 que l’inflation ira au dessus de l’inflation sous jacente (voisine de 1%). Pas de précipitation de la BCE dans la gestion de sa politique monétaire.

L’inflation en 2019 va franchement baisser

La volatilité de l’inflation est depuis longtemps conditionnée par le prix du pétrole. En 2018, jusqu’en octobre, au moins, l’inflation de la zone Euro a été expliquée pour près de la moitié par la contribution de l’énergie. En 2019, le prix de référence du pétrole à partir duquel on calculera la contribution va être élevé (72.8 dollars en moyenne en 2018 avec des pointes à 86) contre 63 dollars maintenant. Il faudra  que le prix grimpe, en moyenne, de 10 dollars pour que la contribution de l’énergie soit nulle et au-delà pour avoir une contribution positive. L’inflation en 2019 risque d’être inférieure à l’inflation sous-jacente qui restera autour de 1%. Pas de normalisation attendue des politiques monétaires.
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Taux d’inflation à 1.9% en mai en zone Euro

Le taux d’inflation de la zone Euro s’est sensiblement accéléré en mai à 1.9% contre 1.2% en avril. Le taux d’inflation sous jacente est passé de 0.7% à 1.1%.
Deux raisons expliquent ce mouvement haussier
Le premier est un effet pétrole – La contribution de l’énergie passe de 0.25% en avril à 0.59% en mai. Cela représente l’impact de la hausse du prix de l’or noir. Ce phénomène n’est pas encore terminé et à prix équivalent en juin l’effet sera un peu plus fort avant de décélérer tout au long de la seconde partie de 2018
Le second effet est lié aux services dont la contribution est passé de 0.46% à 0.71% en raison d’un facteur saisonnier (pentecôte). Ce phénomène devrait s’éroder en juin.
Inflationze
Si le prix du pétrole se stabilise, ce qui semble être le message de l’OPEP la semaine dernière, alors le taux d’inflation va refluer au cours des prochains mois. La hausse temporaire de l’inflation ne devrait pas perturber la stratégie monétaire de la BCE.