Pétrole, dollar, salaire et chômage aux USA – Ma chronique du lundi

Le pétrole s’échappe à la hausse, un peu en dessous de 75 dollars le baril. Le billet vert s’apprécie à nouveau. Il est maintenant à moins de 1.2 contre euro et son taux de change effectif s’apprécie rapidement créant de l’incertitude sur les marchés et notamment sur les marchés émergents.
Pendant ce temps, les salaires ne progressent toujours pas aux USA malgré un taux de chômage passé sous le seuil de 4% pour la première fois depuis décembre 2000. A l’époque le taux de salaire de référence progressait de 3.8%, sa hausse n’est que de 2.6% en avril 2018.
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Essoufflement du secteur manufacturier en zone Euro – Ma chronique du lundi

L’accélération de la croissance globale en 2017 était le résultat d’un policy mix favorable à la demande. La politique monétaire très accommodante, partout dans le monde, et une politique budgétaire peu contraignante ont porté cette reprise.
La demande supplémentaire avait eu un impact positif notamment sur l’activité manufacturière avec pour conséquence majeure la reprise du commerce mondial.
En zone Euro et en France en particulier ce mouvement haussier avait inversé la dynamique antérieure du secteur. L’emploi avait d’ailleurs changé d’allure en France puisqu’après de nombreuses années de repli, il s’est enfin stabilisé en 2017 et s’est même amélioré si l’on prend en compte l’emploi intérimaire pour le secteur. L’effet de contagion vers les services a été observé permettant ainsi une allure robuste de l’activité globale.
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Dynamique des salaires et de l’emploi – Ma chronique du lundi

La BCE est confiante sur le profil de l’activité économique en zone Euro. C’est ce qui ressort de la publication des minutes de la réunion de mars. Le point marquant et qui traduit cette perception est le retrait de la phrase indiquant que la BCE se donnait la possibilité d’accroître ses achats d’actifs en cas de nécessité. Elle n’a plus le sentiment, la perception que la dynamique conjoncturelle pourrait nécessiter une aide d’urgence. En revanche, l’incertitude demeure sur le profil de l’inflation et la BCE insiste toujours sur l’idée que les pressions exercées par le cycle économique permettront, in fine, de voir l’inflation s’accélérer et converger vers la cible de la BCE. Les prévisions de mars 2018 sont encore loin de la cible de 2% même en 2020 où le taux d’inflation attendu n’est qu’à 1.7%.bce-prev-inflation.png

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Déficit public en France, Assoupissement Conjoncturel et Vote Italien – Ma chronique du lundi

L’économie française devient elle vertueuse ? Au regard de la baisse du déficit public sous le seuil de 3%, on serait presque tenté de le faire. Avec un chiffre de 2.6% pour l’ensemble de 2017 et 2.1% pour le dernier trimestre de l’année, la tentation est forte effectivement.
Et puis….. en regardant les chiffres et la cohérence des comptes publics avec l’accélération de la croissance en 2017, je suis moins convaincu. L’enthousiasme retombe car le profil du déficit public est parfaitement calé sur celui de la croissance. Et cette croissance a quasiment doublé entre 2016 et 2017 passant de 1.1% à 2%. Il est heureux que les comptes publics se soient améliorés. On voit sur le graphe la très grande cohérence entre le profil du déficit public et l’allure de la croissance réelle avancé de 2 trimestres. Le déficit s’améliore avec la croissance économique et il est toujours difficile de maintenir le cap lorsque la croissance ralentit.
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BCE, Inflation, Fed et Emploi en France – Ma chronique du lundi

Le taux d’inflation à 1.1% en février ne ravive pas les anticipations d’un changement rapide et brutal de la politique monétaire de la BCE. Mario Draghi et Peter Praet dans des interventions en fin de semaine dernière ne montraient d’ailleurs aucun empressement à mettre en œuvre un tel bouleversement.
La BCE a calé sa stratégie monétaire sur l’atteinte d’un profil d’inflation compatible avec ce qu’elle souhaite à moyen terme. Le chiffre de 1.1% ne va pas dans ce sens.
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Quelle valeur pour le dollar? Taux de chômage en France – Ma chronique du lundi

La relance budgétaire considérable observée aux USA, via la hausse des dépenses (1% du PIB en 2018 et 2019) et la baisse de la fiscalité, doit être perçue comme un choc à l’échelle internationale. L’homogénéité des politiques économiques constatée dans les pays développés et à la source de la reprise de la croissance observée depuis 2017 est désormais un vieux souvenir.

La politique budgétaire menée aux USA va nécessairement provoquer un ajustement entre les blocs économiques et notamment entre les Etats-Unis et la zone Euro. Cela passera forcément par le taux de change. Jusqu’à présent, la monnaie américaine a tendance à se déprécier que l’on regarde le taux de change effectif (nominal ou réel) ou que l’on regarde la parité entre le billet vert et l’euro.
La question qui est posée est celle de l’orientation de la monnaie américaine au cours des prochains mois. Le billet vert va-t-il s’apprécier ou doit-il inexorablement se déprécier en raison des déséquilibres provoqués par la politique de la Maison Blanche et du Congrès.

Depuis 2007, il y a une cohérence d’évolution entre les anticipations des politiques monétaires américaine et de la zone Euro et la parité euro contre dollar. L’attente d’une politique monétaire plus restrictive aux USA s’est traduite tout au long de ces années par une appréciation du billet vert. C’est ce que montre le graphe. On voit cependant que depuis l’automne 2017 il y a une forte divergence entre les deux indicateurs. Le taux de change est à 1.24 alors que les anticipations des politiques monétaires le fixeraient davantage vers la parité.
C’est ce point qu’il convient de comprendre alors que les politiques économiques changent aux USA.
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On pourrait ici se référer à la période du début des années 80 lorsque le billet vert s’était fortement apprécié sous l’effet de taux d’intérêt réels bien plus élevés aux Etats-Unis que dans le reste des pays développés. Cela avait traduit alors l’impact de la politique très restrictive de Paul Volcker à la tête de la Fed au tout début des années 80 puis par la suite aux effets de la politique budgétaire très expansionniste de Ronald Reagan dont la conséquence avait été de dégradée durablement le solde budgétaire et celui de la balance courante. Lire la suite

L’économie américaine change d’allure et c’est préoccupant – Ma chronique du lundi

L’économie américaine est elle sur une allure susceptible d’engendrer d’importants déséquilibres au risque de dérégler le cycle actuel et de générer une inflexion significative de l’activité?

L’ajustement brutal des marchés boursiers reflète les interrogations des investisseurs sur l’évolution à venir de la macroéconomie globale et de celle des Etats-Unis en particulier. Ils ont d’abord été sensibles au changement de ton de la Federal Reserve quant à l’évolution à venir de l’inflation. Celle-ci convergerait vers la cible de la banque centrale à 2% et s’y maintiendrait durablement. Puis la hausse du taux de salaire a validé cette idée d’une pression nominale même si la mesure de 2.9% au mois de janvier traduit probablement un effet lié à la réduction des heures travaillées en raison des intempéries. Enfin, le changement à la tête de la banque centrale américaine a engendré une incertitude supplémentaire. Janet Yellen avait bien piloté l’économie américaine, Jay Powell aura-t-il le même talent ?

J’ai écrit déjà sur ces questions et un papier qui sera publié sur Forbes.fr précisera mon point quant aux incertitudes liées à l’arrivée de Powell. Cependant, au-delà de ces éléments, de nouvelles interrogations s’ouvrent concernant l’économie américaine.
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