Comprendre le changement d’orientation de la politique monétaire de la BCE

J’ai déjà commenté ici le changement d’orientation de la politique de la BCE décidé lors de la réunion du comité de politique monétaire du 14 juin. On peut y trouver les raisons économiques et les raisons techniques à cette inflexion. Pour moi cependant, le véritable objectif de la BCE est de pouvoir disposer d’une demande interne privée suffisamment robuste pour être un vrai support à la croissance européenne.
Le graphe ci dessous représente cette demande interne hors dépenses du gouvernement et hors stocks. On constate une progression quasi linéaire avant la crise au rythme de 1.9% puis une longue période de décroissance sous la pression des politiques budgétaires d’austérité et d’une politique monétaire pour le moins maladroite. Puis enfin à partir de 2013 et un policy mix plus favorable une reprise de la croissance de cette demande privée au rythme tendanciel de 2.1%. Lire la suite

Statu quo de la BCE

Attentisme de la #BCE dans la gestion de sa politique monétaire en raison de l’inflexion conjoncturelle observée depuis le début de l’année. Est elle permanente ou temporaire? La réponse à cette question est essentielle mais elle est encore discutée par les économistes.

On ne perçoit pas du côté de la BCE une volonté de changer rapidement de stratégie. C’est pourquoi on ne devrait pas être étonné si les achats d’actifs continuaient au delà de la date de septembre 2018. Normalement l’institut d’émission devrait arrêter ses achats si l’inflation a l’allure souhaitée par les autorités monétaires. Ce ne sera probablement pas le cas. En outre en ne créant pas l’idée d’une rupture rapide, la BCE devrait permettre à l’euro de se déprécier face au billet vert. Cela aurait un effet stabilisant sur la conjoncture de la zone euro. Ceci est d’autant plus vraisemblable que la Fed sera beaucoup plus active afin de contrecarrer les effets déstabilisants de la politique budgétaire de Donald Trump.

La Fed remonte son taux de référence, d’autres changements à venir .

La Federal Reserve a remonté son taux d’intérêt de 25 points de base. Le corridor passe ainsi de [1.25 – 1.50%] à [1.50 – 1.75%].  Le tableau des anticipations sur les taux de la Fed par les membres du FOMC suggère 3 hausse de taux en 2018, 3 en 2019 et 2 en 2020. Le profil annuel des variations de taux d’intérêt est inchangé. C’est un point de surprise au regard de la hausse de l’activité prévue par ces mêmes membres du FOMC. Lire la suite

Jay Powell, nouveau président de la Réserve Fédérale

Les fluctuations des marchés boursiers ont été fortes au cours de la semaine du 5 février. Le Dow Jones a perdu plus de 1100 points en une séance le 5 février puis 1000 à nouveau le 8. La baisse du 5 est la plus forte en points dans l’histoire du Dow Jones mais le repli n’est que de 4.6% à comparer avec la chute de 22.6% du 19 octobre 1987. La hausse des indices américains avait été spectaculaire depuis le début de l’année et un tel profil n’était pas soutenable. Un changement d’allure était inévitable.

Il n’empêche que cet ajustement reflète un signal important de la part des investisseurs. Il intervient notamment au moment de la passation de pouvoir au sein de la Fed. Janet Yellen est partie le 2 février au soir et Jerome Powell a prêté serment le 5. La chute des marchés et le changement de présidence de la Fed ne sont pas sans corrélation. La banque centrale américaine est très puissante et les choix qu’elle fera dans les mois à venir seront cruciaux tant pour l’économie que pour le profil des marchés. Lire la suite