Les politiques d’austérité pendant le crise: une bonne recette pour miner la reprise et accroitre la probabilité de récession 

Le graphe ci dessous traduit bien l’histoire de la politique économique depuis le début de la crise. Alors que les banquiers centraux ont réduit les taux d’intérêt pour faire face à la contraction de l’activité, les gouvernements en ont rajouté en mettant en place des politiques d’austérité.

En d’autres termes, la politique monétaire buttait sur la contrainte de non négativité des taux d’intérêt sans pour autant faire repartir l’économie. Mais les gouvernements, notamment en zone euro, ont insisté pour limiter la hausse de la dette publique. 

Cela s’est traduit par une économie qui était KO et qui en plus était contrainte sur sa politique économique. La récession n’était que la résultante de ces erreurs de politique économique.  Je crois qu’il ne doit pas y avoir trop d’ambiguïté sur ces points. 

 

source IMF

 
Dans un long papier publié dans le Guardian, Paul Krugman revient dans le détail sur la façon dont ces politiques ont été mises en œuvre. Il évoque l’austérité génératrice de croissance d’Alesina, la hausse spectaculaire de l’inflation et des taux d’intérêt après la mise en place de politiques monétaires non orthodoxes (Ferguson), les bond vigilantes mais aussi le fameux seuil de 90% que ne devait pas dépasser la dette publique (Reinhard et Rogoff).  Tous es éléments qui ont plongé la zone euro dans une longue récession dont elle sort à peine. En outre, la Grèce, qui était montré en exemple de ce qu’il ne fallait pas faire, est restée un cas isolé car vraiment spécifique.

Il indique aussi que si le Royaume Uni a été restrictif sur le plan budgétaire, cela fait un moment qu’il ne l’est plu et c’est une explication majeure de la croissance britannique. (3ème graphe dans le papier de Krugman)

 

Source: Krugman

 
Enfin Paul Krugman s’interroge sur cette opposition aux analyses keynésiennes et là aussi c’est plein d’enseignements 

3 graphes sur la récession japonaise

L’économie japonaise est retombée en récession. Après le repli rapide du 2ème trimestre consécutif à la hausse de la TVA du 1er avril, l’activité n’a pas réussi à inverser la dynamique récessionniste. (voir 1er graphe)
Le PIB a reculé de -1.6% en taux annualisé après -7.3% pour les mois du printemps. Sur un an l’activité se contracte de -1.1% et l’acquis est de 0.2%.
Shinzo Abe a semble-t-il repoussé la prochaine remontée du taux de TVA prévu en Octobre 2015. Il a raison car dans un environnement international peu dynamique, il faudra que le Japon trouve ses ressources en interne pour disposer d’une croissance plus élevée. Cela va être compliqué. Je crains une récession longue de plusieurs trimestres. En 1997 elle avait été de 5 trimestres alors que l’environnement international était plus dynamique.
La politique monétaire encore plus expansionniste permettra-t-elle de sauver le Japon? A voir mais peut-être via la baisse du yen et les taux réels très négatifs.

Dans le détail (voir 2ème graphe) la consommation des ménages a légèrement rebondi à +1.5% après une chute de -18.6% (taux annualisé). L’investissement a continué de se contracter à -2.2% contre -16.6% en T2. La demande interne a une contribution positive néanmoins (un peu de dépenses gouvernementales en plus) à 0.65% contre -14.7% en T2. (voir 3ème graphe)
Le commerce extérieur a une contribution positive. Le léger rebond des exportation permet de compenser l’amélioration des importations. Néanmoins, l’accumulation des stocks en T2 a été résorbée en T3 et c’est ce qui explique la baisse du PIB.
Japon-2014-T3-PIB-TendanceJapon-2014-T3-ContribJapon-2014-T3-dem-Int

France – Comparaison des sorties de récession 1992/1993 et 2008/2009

Le graphe ci-dessous fait la comparaison entre la sortie de récession du début des années 90 en France et la dynamique que connait actuellement l’économie française. C’est une comparaison qui est souvent faite.

Pourtant, le profil des deux périodes n’a rien de comparable. Le choc du début des années 90 au moment de la crise du SME et de l’unification allemande n’a eu qu’une allure temporaire. Très vite l’activité est repartie à la hausse. L’environnement international était porteur et les ajustements au sein de la zone Euro avaient été rapides avec des dévaluations très profondes à la fin de l’année 92 et un changement de contrainte du SME à partir de l’été 1993 (élargissement des bandes de fluctuations).   

France-Sortie de recession

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France – Out of Recession Dynamic – A comparison 1992/1993 versus 2008/2009

The chart below makes a comparison between current GDP dynamic in France and out of recession dynamic seen during the previous recession at the beginning of the 90’s. This comparison is often done in France. The point is to say that after a poor start at the beginning of the 90’s, French growth became stronger. The point is to say that the French economy will currently do the same.

The two profiles are very different. Currently GDP is still below its pre-crisis level. This was not the case in the 90’s where it was more than 5% above. In the 90’s the recession came from twofold: Disequilibrium that led to the European Monetary System (EMS) crisis in the last quarter of 1992 and German Unification. At this time the global environment was supportive and adjustments inside the EMS area were currency devaluations. This type of measure can be put in place very rapidly and change competitiveness in the hour. So Italy and Spain made deep devaluation of their currency, British pound exited and in summer 93 EMS rules were changed with larger fluctuation bands.  

France-out of recession

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