Budget européen – premières réactions

On s’enflamme sur le budget européen après l’accord Merkel/ Macron. Il me semble que l’on reste néanmoins dans le cadre que Merkel avait dessiné dans son Itw au FAZ (lire ici) Il faut beaucoup plus de détails pour imaginer un budget qui puisse avoir les vertus qu’on lui prête.

Pour l’instant on ne connaît pas sa taille. Macron évoquait plusieurs points de PIB et Merkel quelques dizaines de milliard. Les marges d’interprétation sont grandes. Qui le mettra en œuvre? et les parlements de chacun des pays valideront ils ce choix?

On pourra toujours s’interroger sur la façon dont le parlement allemand votera cette mesure au regard des tensions actuelles au sein de la majorité de Merkel. Peut être y aura t il un compromis avec le CSU entre budget limité et régulation des réfugiés ? Ce serait la pire solution.

Je crains que ce soit une annonce pour donner un semblant d’unité face à l’Italie où la Ligue est désormais toute puissante (lire ici) et face à la question des réfugiés qui est la question première en Europe compte tenu des dynamiques politiques qu’elle implique.

J’espère que ce n’est pas qu’une opération de com’ juste pour donner un semblant d’unité que les programmes individuels de Macron et Merkel ne valident pas

Comprendre le changement d’orientation de la politique monétaire de la BCE

J’ai déjà commenté ici le changement d’orientation de la politique de la BCE décidé lors de la réunion du comité de politique monétaire du 14 juin. On peut y trouver les raisons économiques et les raisons techniques à cette inflexion. Pour moi cependant, le véritable objectif de la BCE est de pouvoir disposer d’une demande interne privée suffisamment robuste pour être un vrai support à la croissance européenne.
Le graphe ci dessous représente cette demande interne hors dépenses du gouvernement et hors stocks. On constate une progression quasi linéaire avant la crise au rythme de 1.9% puis une longue période de décroissance sous la pression des politiques budgétaires d’austérité et d’une politique monétaire pour le moins maladroite. Puis enfin à partir de 2013 et un policy mix plus favorable une reprise de la croissance de cette demande privée au rythme tendanciel de 2.1%. Lire la suite

Taux d’inflation à 1.9% en mai en zone Euro

Le taux d’inflation de la zone Euro s’est sensiblement accéléré en mai à 1.9% contre 1.2% en avril. Le taux d’inflation sous jacente est passé de 0.7% à 1.1%.
Deux raisons expliquent ce mouvement haussier
Le premier est un effet pétrole – La contribution de l’énergie passe de 0.25% en avril à 0.59% en mai. Cela représente l’impact de la hausse du prix de l’or noir. Ce phénomène n’est pas encore terminé et à prix équivalent en juin l’effet sera un peu plus fort avant de décélérer tout au long de la seconde partie de 2018
Le second effet est lié aux services dont la contribution est passé de 0.46% à 0.71% en raison d’un facteur saisonnier (pentecôte). Ce phénomène devrait s’éroder en juin.
Inflationze
Si le prix du pétrole se stabilise, ce qui semble être le message de l’OPEP la semaine dernière, alors le taux d’inflation va refluer au cours des prochains mois. La hausse temporaire de l’inflation ne devrait pas perturber la stratégie monétaire de la BCE.

Zone Euro – L’activité se cale sur une trajectoire plus soutenable à moyen terme

Ajustement à la baisse des indices synthétiques dans l’enquête Markit pour la zone Euro, la France et l’Allemagne.
Pour la zone Euro, cela traduit principalement un ajustement après une progression trop vive dans la seconde partie de l’année 2017. Ce rythme n’était pas soutenable et les chiffres des premiers mois de 2018 traduisent cet ajustement, non linéaire, vers une allure plus stable et plus soutenable à moyen terme. Il est probable que la croissance tendancielle est autour de 0.4-0.5% par trimestre. Il faut s’ajuster sur ce niveau. Le profil de l’enquête Markit traduit ce mouvement.

D’une manière générale, avec la très forte accélération de l’activité en 2017 l’activité a buté sur des contraintes physiques. En outre l’absence d’impulsion supplémentaires (après le choc monétaire positif de 2016 et 2017) il n’y a plus non plus de raison d’aller encore plus vite et de pousser plus avant la dynamique de croissance à court terme.
L’objectif maintenant est de créer les conditions pour rester proche de la tendance de 0.4-0.5% par trimestre. Ce doit être l’objet de la politique économique.
Pour la France la question est proche de celle de la zone Euro mais avec une croissance tendancielle plus proche de 0.3-0.4%ze-pmi-pib.png
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Zone Euro: La croissance se modère au premier trimestre

Le PIB de la zone Euro ressort à 0.4% au T1 2018 (non annualisé). C’était + 0.7% au T4 2017. L’acquis pour 2018 à la fin du premier trimestre est de 1.45%

Plusieurs remarques

• En 2017 les chiffres surprenaient systématiquement à la hausse. Le chiffre du T1 est sur le chiffre anticipé. Plus de surprise Le pic du cycle est il passé ? Probable mais cela ne signifie pas une rupture à la baisse. Lire la suite

Statu quo de la BCE

Attentisme de la #BCE dans la gestion de sa politique monétaire en raison de l’inflexion conjoncturelle observée depuis le début de l’année. Est elle permanente ou temporaire? La réponse à cette question est essentielle mais elle est encore discutée par les économistes.

On ne perçoit pas du côté de la BCE une volonté de changer rapidement de stratégie. C’est pourquoi on ne devrait pas être étonné si les achats d’actifs continuaient au delà de la date de septembre 2018. Normalement l’institut d’émission devrait arrêter ses achats si l’inflation a l’allure souhaitée par les autorités monétaires. Ce ne sera probablement pas le cas. En outre en ne créant pas l’idée d’une rupture rapide, la BCE devrait permettre à l’euro de se déprécier face au billet vert. Cela aurait un effet stabilisant sur la conjoncture de la zone euro. Ceci est d’autant plus vraisemblable que la Fed sera beaucoup plus active afin de contrecarrer les effets déstabilisants de la politique budgétaire de Donald Trump.