Les chiffres de cette semaine (30 septembre au 6 octobre)

Points majeurs

> Le point important cette semaine sera la publication pour septembre de l’indice ISM pour le secteur manufacturier. (1er octobre). Le chiffre du mois d’août était de 49.1 soit un chiffre montrant une contraction de l’activité du secteur au mois d’août. Cela a été corroboré par le repli de -0.15% de la production industrielle en Août sur un an. Ce chiffre de la fin de l’été était le plus faible depuis janvier 2016.
Le consensus fait l’hypothèse d’un rebond en territoire positif en phase avec l’amélioration constatée dans l’estimation avancée de l’enquête Markit pour le mois de Septembre.

> Les indices Markit du secteur manufacturier pour le mois de septembre seront publiés le 1er octobre. Les estimations avancées ont montré une inflexion à la baisse au Japon et en zone Euro où le repli allemand suggère que l’économie d’outre-Rhin est désormais en récession avec un repli significatif de l’activité au T3. L’indicateur américain était en hausse dans cette estimation avancée à 51.
L’indice mondial avait légèrement rebondi en août tout en restant en territoire négatif montrant une contraction de l’activité (49.5 après 49.3 en juillet).
Les indices chinois sortent le 30.
Les enquêtes sur les services tant pour Markit que pour l’ISM seront publiés le 3 octobre. Probable correction à la baisse aux US.
L’enquête Tankan de la banque du Japon pour le 3ème trimestre sera publiée le 1er octobre.

> Publication du chiffre de l’emploi en septembre aux USA le 4 octobre
Les chiffres étaient faibles au mois d’août notamment dans le secteur privé où la hausse n’était que de 96 000 alors que la moyenne depuis le début de l’année est de 145 000. Ce chiffre moyen est aussi le plus faible depuis 2010.
Le chiffre global de 130 000 a reflété une hausse temporaire de l’emploi en raison du recensement de 2020. Il est probable qu’en septembre ce sera encore le cas.
Le chiffre pourrait refléter la perception moins positive de l’emploi en septembre via l’enquête du Conference Board. Le point haut du marché du travail semble dépassé.

> La deuxième estimation de la croissance du T2 en Espagne (30 septembre). La première estimation était de 0.5% non annualisée. La Banque d’Espagne a révisé un peu à la baisse sa prévision de croissance pour 2019, 2020 et 2021. Elle table sur 2% cette année, 1.7% l’an prochain et 1.6% en 2021. La phase de rattrapage qui avait été très forte après la récession de 2012 est en train de s’achever;

> L’inflation de la zone Euro en Septembre (1er octobre) sera proche de 1% tant pour le chiffre global que pour le sous-jacent. La convergence vers 2% attendra.
Publication le 30 de l’inflation en Allemagne, en Espagne et en Italie.

> Chiffre du chômage en zone Euro pour août le 30 septembre, des ventes de détail en Allemagne le 30 également, la production industrielle au Japon le 30 aussi. Les ventes de détail de la zone Euro seront publiés le 3 octobree.

Sur un plan plus politique, le 1er octobre sera le 70ème anniversaire de la République Populaire de Chine. L’événement sera grandiose et on attend un discours très politique de Xi Junping.
Elections générales au Portugal le 6 octobre

Impeachment ? Le futur n’est pas écrit

Selon Rolling Stones , 55% des américains supportent la possibilité d’un impeachment de Donald Trump. Si cette situation est confirmée par d’autres sondages, les choix des républicains au Congres vont changer.

En effet, pour les républicains dont le mandat sera renouvelé au même moment que l’élection présidentielle, l’arbitrage immédiat est de savoir s’il est préférable de s’opposer à l’impeachment ou de favoriser sa propre réélection ce qui passerait par un soutien à l’impeachment.

Le processus de bascule peut aller très vite et l’analyse selon laquelle un impeachment ne pourrait avoir lieu en raison de la majorité républicaine au Congres peut vite devenir caduque. L’avenir n’est pas écrit.

Le commerce mondial se contracte de 0.9% en juillet

La dynamique de l’économie mondiale est contrainte par le ralentissement des échanges. Sur un an, en juillet, les échanges en volume se contracte de -0.9%, le chiffre le plus faible depuis décembre 2009. Les signaux en provenance de l’enquête Markit ne suggèrent pas de retournement rapide.
En d’autres termes, la dynamique globale continue de se détériorer à un rythme rapide. Les banques centrales ont relâché leurs contraintes mais ce n’est pas suffisant pour retrouver une allure plus favorable pour l’activité.

Zone Euro: la récession au coin de la rue ?

L’économie de la zone Euro s’essouffle très vite. L’indice synthétique pour l’ensemble de l’économie (manufacturier et service) montre une économie qui, en septembre, se stabilise par rapport au mois d’août. L’indice moyen du trimestre a quasiment reculé d’un point par rapport au deuxième trimestre. Le chiffre de croissance du PIB du troisième trimestre devrait donc plafonner au mieux à 0.2% (chiffre du T2). Cela me conforte dans l’idée d’une croissance de 1.1% en 2019 pour la zone Euro on voit sur le graphe le ralentissement rapide depuis le début de l’été.

Parmi les grands pays, c’est l’Allemagne qui pénalise le plus l’activité. Le graphe montre l’indice synthétique des trois pays dont les résultats de l’enquête ont été révélés ce matin, L’indicateur reposant uniquement sur la production se replie en Allemagne pour la première fois depuis avril 2013. La France reste en territoire positif mais à un niveau moins élevé que durant les derniers mois.

C’est le secteur manufacturier qui pèse très lourd alors que les services ne compensent plus ce repli de façon aussi robuste. L’effet de contagion du secteur manufacturier vers les services se renforce. L’indicateur allemand du secteur manufacturier se replie de façon encore plus rapide que ce qui avait été observé ces derniers mois. La contraction des échanges et le ralentissement industriel de la Chine et de son marché automobile sont au cœur de cette inflexion.
Dès lors, au regard d’un environnement international toujours pesant, le risque de récession s’accroît en Allemagne et donc en zone Euro. La BCE a déjà délivré des mesures qui n’inverseront pas la tendance. Il ne reste que la politique budgétaire pour changer l’allure de l’activité. Un ralentissement plus fort outre-Rhin pourrait inciter le gouvernement allemand à mettre en oeuvre une politique plus agressive. C’est le pari que je fais. Sinon je crains que ni la France, ni l’Espagne soient suffisamment robustes pour éviter une récession pour l’ensemble de la zone euro.

Les chiffres à venir. Semaine du 23 au 20 septembre

> Les enquêtes auprès des entreprises seront l’élément clé de la semaine. Elles réduiront peut être les incertitudes sur le cycle économique.
L’IFO sera publié le mardi 24, de même que le Climat des Affaires français. La dynamique française est actuellement plus forte qu’en Allemagne, cette dernière étant plus exposée au contexte international alors que la France a une politique de renforcement de sa dynamique interne via une politique budgétaire plus accommodante. L’enquête italienne sur la confiance des entreprises sera publiée le 27 septembre. Depuis plus d’un an, les élections générales et le gouvernement de coalition Liga-5 étoiles, la confiance des chefs d’entreprise s’étiole. Le changement de gouvernement et la marque plus pro-européenne de celui ci pourrait inverser rapidement la tendance. Le chiffre du mois de septembre sera important sur ce point.

> Les enquêtes Markit, estimations rapides, seront publiées lundi 23 pour la zone euro, la France, l’Allemagne et les États-Unis. La sortie japonaise se fera le 24 septembre. Ces enquêtes sont importantes pour bien appréhender l’allure de l’activité, mais j’examinerai attentivement les indices des nouvelles commandes à l’exportation dans la zone euro, aux États-Unis et au Japon. L’allure de la moyenne de ces 3 indicateurs géographique est très cohérente avec le profil du commerce mondial. En août, il atteignait 46,6, ce qui indique une contraction continue des échanges.

> Confiance des consommateurs aux Etats-Unis (24 pour le Conference Board et 27 pour le Michigan), en France (25), en Allemagne26) et en Italie (27). Le Conference Board américain nous transmettra des signaux pertinents sur la dynamique du marché du travail américain. L’indice de la France restera au-dessus de sa moyenne, bien au-dessus du niveau qu’il avait il y a un an lorsque les manifestations des gilets jaunes ont commencé.

> Les dépenses de consommation aux États-Unis et la mesure privilégiée de la Fed pour l’inflation du mois d’août seront publiées le 27 août. Le comportement des consommateurs est le principal soutien de la dynamique de croissance actuelle aux États-Unis. Néanmoins, cette composante de la demande peut être très volatile. Nous nous attendons à ce qu’il soit vu en août. Pas d’attentes fortes sur l’inflation. Le taux d’inflation de base pour juillet est de 1,6%.

> Inflation de septembre en France et en Espagne.(27)
> Ventes de logements neufs en août aux Etats-Unis. Le marché immobilier a été plus fort récemment. Une confirmation est attendue car les taux d’intérêt étaient bas en août.

Le document détaillé en anglais est disponible ici
NextWeek-September 23- September 29-2019