16 points pour comprendre la guerre des tarifs sur l’acier et l’aluminium

Les Etats-Unis ont pris, le 31 mai, des mesures tarifaires sur l’acier (25%) et l’aluminium (10%) à l’encontre de l’Europe, du Canada et du Mexique. L’obsession du locataire de la Maison Blanche est à la fois de rapatrier de l’activité aux USA et de limiter les déficits extérieurs des Etats-Unis. C’est l’idée qu’il développait dès son discours inaugural à la Maison Blanche selon laquelle l’économie mondiale est un jeu à somme nulle. Il faut donc s’approprier d’une manière ou d’une autre l’ensemble de l’activité. Cette vision n’est pas celle qui permet de comprendre la dynamique de la croissance et de l’économie mais c’est celle à laquelle on doit faire face.
Le coût mesuré à partir des exportations vers les USA pour ces deux produits est très élevé pour le Canada (environ 2 milliards), autour de 600 millions pour le Mexique et environ 1.7 Mds pour l’Union Européenne avec un montant proche de 400 millions pour l’Allemagne et de 150 millions pour la France. Ces chiffres sont significatifs et peuvent, de fait, avoir une incidence sur les échanges avec les américains.

Finalement qui va gagner à la mise en place de ces mesures tarifaires? A priori pas grand monde. Une guerre tarifaire c’est un peu un combat de boxe poids lourd en 15 rounds. Les deux combattants vont jusqu’au bout mais tous les deux sont sérieusement amochés au risque d’avoir des séquelles.

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Taux d’inflation à 1.9% en mai en zone Euro

Le taux d’inflation de la zone Euro s’est sensiblement accéléré en mai à 1.9% contre 1.2% en avril. Le taux d’inflation sous jacente est passé de 0.7% à 1.1%.
Deux raisons expliquent ce mouvement haussier
Le premier est un effet pétrole – La contribution de l’énergie passe de 0.25% en avril à 0.59% en mai. Cela représente l’impact de la hausse du prix de l’or noir. Ce phénomène n’est pas encore terminé et à prix équivalent en juin l’effet sera un peu plus fort avant de décélérer tout au long de la seconde partie de 2018
Le second effet est lié aux services dont la contribution est passé de 0.46% à 0.71% en raison d’un facteur saisonnier (pentecôte). Ce phénomène devrait s’éroder en juin.
Inflationze
Si le prix du pétrole se stabilise, ce qui semble être le message de l’OPEP la semaine dernière, alors le taux d’inflation va refluer au cours des prochains mois. La hausse temporaire de l’inflation ne devrait pas perturber la stratégie monétaire de la BCE.

Italie – La crise qui se profile

L’ajustement à la hausse n’est pas termine en Italie. Le taux du 10 ans est désormais proche de 3% et le spread avec l’Allemagne est à 270bp. Le bund allemand bénéficie d’un effet favorable en raison de sa capacité à être un actif refuge.
Avec un taux d’intérêt nominal proche de 3% et une inflation réduite (0.5% en avril), le taux réel italien est trop élevé au regard des perspectives de croissance. Le niveau actuel (2.5%) est au-dessus de la moyenne observée depuis le débit de l’euro (2.2%). C’est trop fort comparé à une tendance de croissance voisine de 1%. Cela a pénalisé l’investissement et va continuer de le faire limitant ainsi la capacité de rebond de l’économie italienne. La croissance italienne va franchement ralentir d’autant que le programme du gouvernement de transition sera austère comme c’est toujours le cas dans ce type de situation. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’économie de la zone Euro compte tenu de la taille très importante de l’Italie.
spreadtxitallfr

Italie, Pétrole – Ma chronique du lundi

Les prochaines élections générales en Italie seront centrées sur l’euro et l’appartenance de l’Italie à la zone Euro. C’est la conclusion que l’on peut faire du refus, à juste titre, du président italien, Sergio Mattarella, de valider un gouvernement qui aurait été dominé par la Ligue dont on connait le peu de goût pour l’Europe et ses institutions.
Ce qui effraie est que les italiens ne sont plus fans de la zone Euro. Dans le dernier sondage (Octobre 2017) Euro-baromètre de la Commission Européenne, 40% pensent que l’Euro est une mauvaise chose pour l’Italie contre 25% pour la zone Euro et pour la France. Seulement 45% trouvent que c’est un facteur positif pour l’Italie contre 64% en moyenne dans la zone Euro et en France. On voit bien que la question européenne, qui avait eu un rôle très important dans la campagne électorale française au printemps 2017, ne repose pas sur les mêmes ressorts en Italie. Près de la moitié des italiens sont sceptiques quant à l’intérêt de la monnaie européenne. C’est une vraie différence.

Ne doutons pas que la Ligue fera campagne sur ce thème et que ce sera la source de la polarisation de la politique en Italie. La question dès lors est de savoir qui incarnera le soutien de l’euro dans l’ensemble des partis italiens? Le Parti Démocrate serait légitime de le faire mais avec qui? Peut on imaginer le Forza Italia de Berlusconi être le fer de lance d’une campagne pour l’euro?
Un point particulier est que l’action de Mattarella ne peut fonctionner qu’une fois. Il ne pourra pas s’opposer éternellement à un gouvernement qui veut se positionner contre l’euro et l’Europe.  C’est une fragilité de la situation actuelle qui doit inciter à la mobilisation en Italie. Lire la suite

Italie – Conte démissionne mais l’imbroglio politique et l’incertitude persistent

La situation italienne devient plus complexe après la démission du premier ministre Guiseppe Conte. Celui ci présentait, au président italien Sergio Mattarella, ces choix pour le gouvernement qu’il devait former.
Dans ce possible gouvernement, Salvini, le patron de la Ligue, disposait du ministère de l’intérieur et Di Maio, le patron du mouvement 5 étoiles, du ministère du travail. Ces points étaient actés. Le point d’achoppement portait sur le ministère des finances où Paolo Savola, très critique sur l’euro et la construction européenne, était pressenti.

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