Juste un coup de froid pour l’Allemagne ?

At l’Allemagne comment ca va ? Pas très fort ? Est ce juste un coup de froid ou est ce plus grave ? Avec la Maison Blanche qui pense que l’économie mondiale est un jeu à somme nulle cela pourrait aller bien au delà du refroidissement. Celui ci pourrait n’être que le premier symptôme de quelque chose de plus grave

La dynamique d’activité se renforce en France

Net rebond de l’activité dans le secteur manufacturier en #France contrairement à la zone #Euro et à l’#Allemagne.Serait-ce un effet de la politique économique spécifique à la France (relèvement de la prime d’activité, prime défiscalisée,..) visant à soutenir la demande interne alors qu’un choc externe pénalise l’activité? On ne peut l’exclure

C’est le rôle de la politique économique que de mettre en oeuvre des mesures visant à contrecarrer et amortir les chocs négatifs externes. Les mesures annoncées par Macron en décembre ont alimenté le pouvoir d’achat et soutenu la demande interne afin d’amortir le choc extérieur (net ralentissement du commerce mondial depuis l’automne). L’objectif n’est pas de relancer la croissance mais de la stabiliser et de l’immuniser face au risque externe. Cela semble fonctionner/

Repli du ZEW, l’Allemagne dans la tourmente

Le repli du ZEW en juin accroît le risque à la baisse de l’activité allemande (récession technique ?). Les risques et incertitudes sont tels que l’on ne peut anticiper un rebond rapide de l’activité globale. La croissance du PIB va ralentir et sûrement entrer en territoire négatif.

Le repli de la composante anticipations est spectaculaire sur le mois mais ce qui compte et explique le repli de l’indice ZEW composite est l’allure des conditions courantes.

L’Allemagne est prise dans la tourmente des risques sur le commerce mondial. Les exportations ont reculé de près de 5% en valeur en avril (et de 3% en volume depuis le début de l’année). L’impulsion habituelle de l’économie allemande est moins robuste et cela devrait persister.

Mario Draghi annonçait ce matin à Sinatra la possibilité de nouvelles mesures dans les prochains mois. Cela pourrait aller plus vite que prévu.

Toujours des inquiétudes sur l’investissement des entreprises

L’allure des commandes de biens d’équipement en Allemagne, au mois de mars, suggère un ralentissement supplémentaire de l’investissement dans les pays de l’OCDE au cours des prochains mois. Les commandes se replient de 5.9% sur un an et cet indicateur est bien corrélé avec le profil de l’investissement des pays de l’OCDE.

Cette inflexion des commandes est globale. Le rebond constaté en zone Euro est limité puisque sur un an le repli des commandes est encore de -6.5%. Le reste du monde n’a pas non plus une allure encourageante.

C’est pour cela que je m’interroge sur le profil de l’investissement dans l’industrie manufacturière et publié hier par l’INSEE. L’attente est une hausse de 11% en 2019 après 0% en 2018. Cela parait excessif puisque dans l’enquête l’investissement ralentirait au deuxième semestre. Cela veut dire que le premier semestre est très fort. Ce n’est pas forcément compatible avec ce que l’on constate dans l’allure de l’investissement des entreprises non financières au premier trimestre.
L’enquête est probablement un peu trop optimiste au regard aussi des commandes de biens d’équipement qui continuent de se contracter en avril 2019. Je n’imagine pas la France faire cavalier seul alors que le reste du monde est plutôt en phase de ralentissement de l’investissement.

Le choc manufacturier en Allemagne: IFO vs Markit

Le modeste rebond de l’indice IFO en mars est parfois interprété comme le contrepoint au caractère excessif de l’indice Markit publié vendredi dernier.
Il y a effectivement une opposition en mars entre l’allure des deux indicateurs. L’un repart à la hausse alors que l’autre se replie à nouveau.

Cependant, ce qui a choqué dans l’indice Markit c’est le repli brutal du secteur manufacturier alors que le secteur des services se tenait plutôt bien. L’indice manufacturier s’est inscrit à 44.7 contre 47.6 en février. Il se contracte ainsi pour le 3ème mois consécutif de façon significative. En revanche l’indicateur composite des services (calculé comme l’ISM non manufacturier) est stable en mars à 53.7 comme en février.
Le coupable est donc l’indice manufacturier. Pourtant lorsque l’on compare l’indice manufacturier de Markit et celui de l’IFO on a exactement le même profil.

Le point haut des deux indices est quasi le même et la rupture constatée depuis le début de 2018 est similaire.
L’économie allemande subit le choc du commerce mondial via son secteur manufacturier que celui ci soit mesuré par l’IFO ou par Markit.
L’allure des services entre les deux mesures n’est pas la même et c’est ce qui différencie les indicateurs synthétiques des deux enquêtes. Mais les services reflètent davantage le marché domestique que la sensibilité de l’économie allemande au commerce mondial via le secteur manufacturier.
Le choc externe est fort et brutal outre-Rhin et il faudra d’abord que celui ci se stabilise avant que l’économie ne reparte de l’avant. Cela prendra du temps justifiant ainsi les prévisions pessimistes sur l’Allemagne.

L’activité globale s’essouffle en zone Euro – Vif repli du secteur manufacturier

L’activité mesurée par les enquêtes Markit en zone Euro est en ralentissement au mois de mars. Elle progresse mais à un rythme plus faible qu’en février. Sur le premier trimestre de 2019, la moyenne de mon indice synthétique est de 51 à comparer au chiffre de 52.6 constaté au dernier trimestre de 2018. Le secteur manufacturier subit le choc du commerce mondial notamment via l’Allemagne. Ce choc négatif et persistant va continuer de pénaliser la zone Euro.

Les situations de la France et de l’Allemagne sont hétérogènes. Les secteurs manufacturier et de services sont au-dessous du seuil de 50 en France alors qu’en Allemagne la chute du secteur manufacturier est compensée par la bonne tenue de l’indice des services (très au-delà du seuil de 50).
La bonne tenue de l’indice de la zone Euro traduit aussi des situations plus robustes en Italie et en Espagne.

La situation sur le secteur manufacturier se dégrade très vite en zone Euro.
L’indice se contracte rapidement et est au plus bas depuis avril 2013.
L’Allemagne voit son activité du secteur se contracter très rapidement en phase avec l’allure récente du commerce mondial. C’est sûrement ce point le plus ennuyeux pour la zone euro car cela traduit un choc négatif persistant. Ce choc ne concerne pas que le secteur de l’automobile.
La situation française dans le secteur manufacturier n’est pas enthousiasmante.

Pressions des américains sur les allemands quant à l’utilisation de la technologie chinoise

Les tensions entre la Chine et les USA portent sur le leadership technologique. Les chinois dont le rattrapage technologique a été rapide au cours des dernières décennies est aujourd’hui plutôt en avance sur la 5G et l’Intelligence Artificielle. Les USA n’acceptent pas, à juste titre, ce changement d’équilibre.
Le bras de fer va continuer et je n’imagine pas un accord commercial rapide car il supposerait qu’un des deux pays accepte le leadership de l’autre. Cela paraît totalement illusoire et c’est pour cela que l’environnement global va rester volatil.
Les USA font pression sur leur alliés afin de limiter l’influence chinoise. Pour s’en convaincre lisez cet article du Wall Street Journal publié cet après midi (11 mars). Il indique la pression des américains sur les allemands dans l’adoption d’un technologie 5G chinoise pour le renouvellement de leur réseau mobile.

L’article « Drop Huawei or See Intelligence Sharing Pared Back, U.S. Tells Germany » est ici en version originale

Voici le premier paragraphe en français
BERLIN — L’administration Trump a annoncé au gouvernement allemand qu’elle limiterait les renseignements qu’elle partageait avec les agences de sécurité allemandes si Berlin autorisait Huawei Technologies Co. à mettre en place l’infrastructure Internet mobile de la prochaine génération en Allemagne.
…..Lire la suite ici