Les chiffres à venir. Semaine du 26 août au 1er septembre

Principaux Points

> Les chiffres de la croissance du PIB pour le deuxième trimestre seront publiés aux États-Unis (29), en Allemagne (27), en Italie (30) et en France (29). Nous avons déjà des estimations pour cette période (-0,3% en Allemagne, 0,1% en Italie et 1% en France au taux annualisé), mais nous aurons des détails sur les contributions en Allemagne et en Italie et sur la situation des entreprises et des ménages en France (taux de marge, taux d’épargne, pouvoir d’achat ..). Pour les États-Unis, ce sera le chiffre définitif. L’estimation avancée est de 2,1% au taux annuel. Une analyse de chaque pays est présentée dans le document

> De nombreux sondages pour août seront publiés.
Lundi, l’indice IFO fournira une nouvelle preuve de la récession de l’économie allemande. Les enquêtes ZEW et Markit du mois d’août montrent déjà une dynamique négative. Le Climat des Affaires en France sera publié mardi. Il était légèrement plus faible en juillet mais restait au-dessus de sa moyenne historique. La dynamique française repose sur une demande intérieure forte, comme le montre l’enquête Markit du mois d’août. Le point intéressant sera en Italie. Nous aurons la confiance des consommateurs et des entreprises pour le 28 août. La situation politique ayant radicalement changé en août, elle pourrait inverser l’amélioration constatée du côté des consommateurs en juillet. Il sera intéressant de suivre la réaction des entreprises, l’incertitude augmentant alors que l’Italie se rapprochera de la récession.

> La confiance des consommateurs britanniques donnera des informations sur l’impact du premier mois de Boris Johnson au 10 Downing Street (30 août).
Confiance des consommateurs américains (Conference Board le 27 août ). Elle fournira, dans le détail, des éléments importants sur le marché du travail alors que l’indice de confiance diminuera probablement (comme l’indice du Michigan) Le fait est que les perspectives du marché du travail données dans cette enquête et la dynamique de ce marché (JOLTS) sont cohérentes. Le mois d’août sera-t-il une confirmation? Nous nous attendons à ce qu’il le soit.
> La consommation américaine pour le mois de juillet (30 août) et les commandes de biens durables pour le mois de juillet (26 août) seront les premiers éléments de la demande intérieure pour le troisième trimestre. Les dépenses des consommateurs resteront assez fortes, mais on s’attend à une faiblesse des commandes, notamment des commandes hors défense et avions, ce qui conduit à une perspective négative de l’investissement des entreprises.
> Taux de chômage de la zone euro pour juillet, le 30 août. Le taux (7,5% en juillet) est presque à son plus bas historique (7,3% de novembre 2007 à mars 2008), mais la dynamique de création d’emplois est plus faible maintenant (enquête Markit de juillet et août). ). Le chiffre sera robuste mais sans attente d’une amélioration durable en raison du contexte macroéconomique plus faible.
Les chiffres allemands sur l’emploi seront intéressants (pour le 29 juillet, le 29 juillet). L’évolution récente est plus réduite que dans un passé récent et cette inflexion va se prolonger compte tenu de la situation macroéconomique de l’Allemagne. En moyenne, les emplois ont augmenté de 130 000 par trimestre en moyenne en 2018, mais seulement de 33 000 au deuxième trimestre de 2018.
> Données d’inflation pour août en Espagne (29), en Allemagne (29), en Italie (30), dans la zone euro (30) et en France (30). Les chiffres resteront proches d’un taux d’inflation de base faible, le prix du pétrole étant nettement inférieur à celui de l’année dernière (10 euros le baril en moins cette année (63 € en août 2018 contre 53 € en 2019 au 22 août)). Pas de surprises en juillet sur l’inflation (PCE) aux US en juillet (30 août)
> Indice Case Shiller pour juin aux États-Unis (27) et prix de l’immobilier pour le Royaume-Uni en juillet (30)

Le document détaillé, en anglais, est disponible ici
NextWeek-August26-September1-2019

Allemagne et France – Des dynamiques non comparables

L’Allemagne et la France ont des allures très différentes depuis le début de l’année. L’économie française résiste bien même si ses performances ne sont pas exceptionnelles alors que le signal en provenance d’Allemagne est plutôt celui d’un risque de récession. Je vous propose quelques repères pour jauger les deux économies dans le cycle actuel.

En Allemagne l’activité s’est contractée au deuxième trimestre. Le repli est modeste à -0.08% soit -0.3% en taux annualisé. On ne peut pas encore parler de récession sauf dans le secteur manufacturier comme je le signalais ici. Cependant, l’allure du ZEW suggère que l’économie outre-Rhin s’est encore affaiblie durant les mois d’été (voir ici) et le chiffre d’activité du 3ème trimestre pourrait être plus en retrait que celui du printemps. En France la progression de l’activité a été de 0.24% soit 1% en taux annualisé au cours du printemps.
L’acquis pour 2019 à la fin du 2ème trimestre n’est que de 0.5% à comparer avec 1% en France et en zone Euro. C’est un écart considérable entre l’Allemagne et ses partenaires et cette différence de croissance pourrait se prolonger dans les prochains mois compte tenu du ralentissement plus fort qu’ailleurs constaté outre-Rhin notamment dans les enquêtes.
Pour comprendre, comparons les situations française et allemande. Une façon de le faire est de regarder les contributions cumulées à la croissance du PIB de la demande interne privée, de la demande publique et de la demande extérieure. (le graphe débute en 1999 lors de la mise en place de la zone Euro).

Le premier graphe présente la situation allemande.
Le PIB est en violet et son niveau passe de 100 au premier trimestre 1999 à un peu plus de 130 au deuxième trimestre 2019. Chacune des trois autres courbes est la contribution de chacun des postes à la croissance du PIB. Les contributions sont cumulées et expliquent, une fois sommées, l’allure du PIB. Cela permet ainsi d’avoir, dans la durée, l’influence de la demande privée, des dépenses de l’Etat et du commerce extérieur. (Les stocks s’annulent dans la durée)
Pendant très longtemps, la demande externe (pointillés bleus) a été la principale contribution à la croissance. C’est notamment le cas dès le début de la mise en place de la zone Euro. La contraction de la demande interne (en gris clair) avait alors permis à l’Allemagne de dégager des soldes commerciaux bilatéraux très excédentaires (voir en annexe le cas de la balance franco-allemande). C’était la période des réformes structurelles sur le marché du travail et une volonté également de maintenir la demande domestique à un niveau réduit puisque à l’époque la demande publique, elle aussi, évolue peu.
Jusqu’en 2015, la demande externe est restée la principale contribution à la croissance. Son impact moindre désormais reste très significatif. La demande privée a pris le relais notamment via l’investissement.
La dépendance au commerce extérieur reste très forte. La net ralentissement des échanges mondiaux affecte alors directement la conjoncture allemande.

La configuration française est très différente.Le PIB est toujours en violet et est un peu au delà de 130 au deuxième trimestre 2019.
La demande privée, via la consommation est un contributeur majeur à la croissance du PIB. La contribution du commerce extérieur est plus réduite qu’en Allemagne et est pénalisante pour la croissance. Seulement son impact est de moindre ampleur qu’outre-Rhin. La dépendance de la croissance aux échanges extérieur est plus forte en Allemagne qu’en France.

Dès lors, quand le commerce mondial ralentit, la croissance allemande est immédiatement affectée et de façon plus importante qu’en France. De façon conjoncturelle, le soutien à la demande domestique mis en place par le gouvernement français avec les mesures annoncée en décembre dernier (prime non fiscalisée, hausse de la prime à l’emploi, baisse de la taxe d’habitation) permettent d’alimenter la demande privée et de soutenir la croissance du PIB.
Il en résulte que la morcellisation du monde et le moindre dynamisme probable du commerce mondial après les mesures protectionnistes ne sont pas de bonnes nouvelles pour l’Allemagne car elle s’accompagne d’un ralentissement des échanges et donc d’une réduction des impulsions externes dont bénéficie l’Allemagne. L’économie française est moins soumise à ce facteur.
Cela pourrait se traduire par une réorientation vers l’Europe de l’activité allemande. Et ce ne serait pas nécessairement une mauvaise nouvelle.

Annexe
Le graphe représente la demande interne relative de la France et de l’Allemagne ainsi que le solde commercial bilatéral entre les deux pays.
Au début de la zone Euro, au moment des réformes structurelles allemandes, la demande interne outre-Rhin s’effondre relativement à celle de la France. Cela se traduit par un déficit commercial français vis à vis de l’Allemagne. Doper la demande interne allemande pourrait permettre un rééquilibrage de la zone Euro sachant que des graphes assez similaires sont observables aussi entre l’Allemagne et l’Italie et l’Allemagne et l’Espagne.
La politique économique national a toujours un impact fort sur la dynamique de chaque pays et donc de l’ensemble de la zone Euro.

Les chiffres à venir. Semaine du 12 au 18 août

=> La récente volatilité des marchés financiers, vue à travers la baisse des taux d’intérêt, est la conséquence des attentes pessimistes concernant la croissance mondiale après les annonces de la Maison-Blanche.
La semaine prochaine, des données sur les ventes au détail seront disponibles aux États-Unis (15), en Chine (14) et au Royaume-Uni (15). Ces données montreront la robustesse de la demande intérieure. Si ces données sont solides aux États-Unis et en Chine, l’arbitrage financier récent pourrait être modifié en faveur d’actifs risqués

=> La croissance du PIB en Allemagne sera, dans la zone euro, l’indicateur le plus important de la semaine (14). L’indice de la production industrielle a fortement chuté au deuxième trimestre (-7,5% en rythme annuel), ce qui est cohérent avec une croissance négative (probablement plus que le consensus à -0,1%).
L’enquête ZEW du 13 août mettra en évidence la durée de cette baisse

=> Les chiffres de l’emploi dans la zone euro et les détails du PIB seront publiés le 14 août. Les chiffres de l’emploi seront importants car le taux de chômage est bas maintenant (7,5% en juin) et la dynamique économique est plus faible.

Le document complet est disponible en anglais
NextWeek-August12-August18_2019

Les chiffres à venir. Semaine du 15 au 21 juillet

> Le chiffre de la croissance du PIB chinois pour le deuxième trimestre (15 juillet). Au cours des trois premiers mois de l’année, la croissance avait été de 6,4%. Elle devrait être plus faible car les données mensuelles sur la production industrielle et les importations montrent une dynamique assez limitée.
> Ventes au détail et production industrielle aux États-Unis (16 juillet). Ils montreront la force de l’économie américaine. Il s’agira d’éléments de référence qui pourraient influencer la stratégie de la Fed. Powell vient de mentionner, cette semaine, qu’il n’y avait pas eu d’amélioration récente de la situation économique en dépit du fort rapport sur le marché du travail.
Associé à ces chiffres, le Beige Book de la Fed (17 juillet) mettra en lumière sa perception de l’économie au niveau régional.
> Les indices NY Fed (15 juillet) et Phylli Fed (18 juillet) sur l’activité économique fourniront également des données sur la vigueur du cycle économique.

> Indice ZEW en Allemagne (16 juillet). Un indice faible après ceux de ces derniers mois pourrait forcer le gouvernement à adopter une politique économique plus proactive.
> Données sur l’emploi au Royaume-Uni (16 juillet) et inflation au Royaume-Uni (17 juillet)
Les chiffres plus faibles de l’emploi sont encore à venir et se manifesteront après cet été avec le fort ralentissement attendu dans le secteur manufacturier.

Le document est disponible ici (en anglais) NextWeek-July15-July21-2019

Juste un coup de froid pour l’Allemagne ?

At l’Allemagne comment ca va ? Pas très fort ? Est ce juste un coup de froid ou est ce plus grave ? Avec la Maison Blanche qui pense que l’économie mondiale est un jeu à somme nulle cela pourrait aller bien au delà du refroidissement. Celui ci pourrait n’être que le premier symptôme de quelque chose de plus grave