3 points sur la dynamique cyclique en Asie et en zone Euro au mois de juin

Le premier point est le ralentissement rapide de l’activité manufacturière en Asie. Celle-ci se contracte dans les 4 grands pays que sont la Chine, le Japon, la Corée du sud et Taiwan.
Le mouvement est encore plus rapide pour les pays qui sont plus dépendants de la Chine pour l’assemblage des produits. C’est le cas de Taiwan et de la Corée.
Ce choc négatif est une conséquence des mesures prises par Trump sur les échanges et cela pèse très lourdement sur l’Asie en générale et la Chine en particulier. Le report des sanctions prévues sur les importations américaines en provenance de Chine qui devaient être effectives le 2 juillet est une bonne chose. Ceci étant si la reprise du dialogue sino-américain permet d’éviter le pire, rien ne semble régler sur le fond et les incertitudes vont demeurer.
(au regard de l’indice du Vietnam, êtes vous surpris de l’intérêt récent de l’administration américaine ? L’activité chinoise s’y est déplacée)

Au regard des indicateurs d’activité et de nouvelles commandes à l’exportations, le commerce mondial va continuer de ralentir au cours des prochains mois puisque l’Asie a été la région la plus touchée par les mesures américaines.

La dynamique de la zone Euro ralentit vite. L’estimation avancée publiée la semaine dernière pour la zone Euro a été révisée à la baisse. Dans l’estimation flash il montrait toujours une contraction à 47.8 mais en légère amélioration par rapport à mai (47.7). La version définitive s’inscrit à 46.6. L’activité se dégrade un peu par rapport au chiffre de mai. Le repli de l’activité est plus rapide.
A la contraction de l’activité déjà observée en Allemagne s’ajoutent désormais celles de l’Espagne et de l’Italie. L’indice espagnol plonge à 47.9 et celui de l’Italie à 48.4. L’indice français, bien que révisé à la baisse de 52 dans l’estimation avancée à 51.9, s’améliore par rapport aux évolutions du printemps (voir ici).
Trois des quatre grands pays de la zone Euro ont une activité manufacturière qui se contracte rapidement. Faudra-t-il réviser les prévisions de croissance à la baisse ?

Concernant la dynamique des échanges extérieurs, on constate que le profil est le même que celui des indices synthétiques. L’Allemagne tire l’ensemble vers le bas et l’Italie et l’Espagne contribuent désormais fortement à la contraction des commandes.

La situation allemande va continuer de se dégrader. La dynamique du commerce mondial ne va pas s’inverser rapidement ce qui pénalisera encore le secteur manufacturier. Mais en plus le ralentissement du cycle, mesuré ici par l’indice IFO) va se traduire par un ralentissement sur le marché du travail. La dynamique de l’emploi va ralentir et cette inflexion sera d’autant plus importante que le caractère baissier du cycle s’allongera.
En conséquence, la demande interne de l’économie allemande sera moins vive et pourrait inciter le gouvernement a une politique plus souple afin de compenser les effets négatifs de l’environnement international. Ne doutons pas alors que tous les pays de la zone en profiteraient. Le risque est qu’il faille aller vraiment dans la partie négative du cycle pour que les allemands réagissent. En outre, même si la BCE est active, comme l’a suggéré Draghi la semaine dernière, cela ne sera pas suffisant pour inverser la tendance.

Gains de productivité réduits et Choc sur le commerce mondial Ma chronique hebdo

La conjoncture difficile des pays développés est le produit conjoint d’un choc négatif sur l’activité via le vif ralentissement du commerce mondial et d’une croissance de la productivité qui n’est pas suffisante pour engendrer un rebond rapide de l’activité. Le risque d’un choc persistant sur l’activité et l’emploi est d’autant plus fort que les politiques économiques ne disposent pas de capacités importantes pour amortir le choc et en reporter le coût dans le temps.

La baisse des gains de productivité est une vraie source de préoccupation notamment pour les économies développées. Pour faire simple, la productivité est la mesure du surplus engendré par le processus de production. Si l’on veut avoir une image c’est dire que, via les opérations productives, 1+1 fait un peu plus que 2. Le « un peu plus » que 2 représente les gains de productivité. Selon les périodes et l’efficacité du système productif, ce « un peu plus » est plus ou moins important. Par le passé, les gains de productivité étaient très importants (+5.8% par an en moyenne en France durant la décennie des années 1960) et ont permis notamment la baisse tendancielle du temps de travail, la hausse des revenus salariés et la mise en place d’un système de sécurité sociale efficace (gains de productivité=évolution de la production en volume par heure travaillée). Plus ce surplus est élevé, plus le système productif dispose de marges pour redistribuer largement ces gains vers l’ensemble des citoyens.

Par ailleurs, en raison de la nature même du processus, ces gains créent une dynamique endogène qui permet d’amortir les chocs et de retrouver rapidement le chemin de la croissance et de l’emploi. Plus les gains sont élevés plus l’économie a la capacité de repartir rapidement et sur une échelle importante.

La période actuelle, celle de l’après crise de 2008, est caractérisée par un net ralentissement de la production par heure travaillée dans tous les pays développés. C’est ce que montre le tableau qui présente la croissance annuelle moyenne de la productivité selon 3 horizons : une période longue entre 1990 et 2007, la période depuis la reprise américaine en 2009 et celle depuis la reprise en Europe en 2013.

Inflation en repli et activité en berne en janvier

Le taux d’inflation en zone euro ralentit encore au mois de janvier s’inscrivant à 1.4% après 1.6% en décembre 2018.
La principale raison de ce repli est à chercher dans la moindre contribution du prix de l’énergie. De 1% en octobre cette contribution est passée à 0.25% en janvier. Cette contribution va continuer de se contracter pour devenir négative au cours du premier trimestre. Cela traduira simplement le fait que le prix du pétrole en 2019 est plus bas que le prix enregistré en 2018.

Les indices d’activité en zone Euro ont continué d’envoyer le signal d’une activité réduite dans le secteur manufacturier. L’indice pour la zone Euro s’est ainsi inscrit à 50.5 en janvier soit une quasi-stagnation de l’activité par rapport à décembre. L’indice allemand est marginalement en-dessous du seuil de 50 alors que les indicateurs français et espagnol rebondissaient de façon modérée.
Ce ralentissement de l’activité manufacturière va continuer de peser sur la dynamique du commerce mondial. La zone Euro a depuis quelques mois une contribution négative. La zone Euro qui est un partenaire commercial majeur de nombreux pays émergents n’envoie pas un signal fort ni une impulsion positive.

Le grand méchant loup souffle mais le commerce mondial n’est pas emporté – L’Asie danse.

Les chiffres du commerce mondial publiés par l’institut néerlandais CPB sont parus pour le mois d’août.
Sur un an, l’amélioration observée depuis juin se prolonge en août avec une progression de 3.8%. Ce chiffre est encore limité puisque avant la crise de 2008, la croissance moyenne des échanges était de 7% l’an.
Sur le graphe on note cependant, une divergence marquée entre l’allure des échanges et les indices de commandes à l’export des USA, du Japon et de la zone Euro. Habituellement ces deux indicateurs ont des allures cohérentes. Le commerce mondial est en hausse alors que la moyenne de ces 3 indices Markit continue de se dégrader. Nous relevions déjà ce point il y a un mois mais il se confirme nettement.
comex-aout2018
Le rebond des échanges se fait principalement au sein des pays émergents et notamment en Asie mais le Latam et l’Europe Centrale sont aussi en nette hausse. En revanche, la situation reste peu dynamique du côté des pays développés. La tendance y est stable et est pénalisée par l’allure des USA et du Japon pour lesquels les échanges reculent sur 3 mois. Le grand méchant loup du commerce mondial paie le prix fort de sa politique commerciale non coopérative alors que l’Asie danse.commercemondial-zone.png

Annexe

commerce Mondial-developpés
commerce Mondial-emergents

La nouvelle géographie…. – Ma chronique pour Forbes

Ma chronique hebdomadaire publiée sur http://www.forbes.fr  est disponible ici
Le thème cette semaine porte sur la nouvelle géographie de la production mondiale.

« La géographie de l’économie mondiale a changé de façon spectaculaire depuis 2008. Jusqu’alors la puissance des Etats-Unis, mais aussi de l’Europe, permettait d’appréhender le jeu avec l’Asie comme presque équilibré.

Cette dernière, sous l’impulsion de la Chine, voyait sa part progresser rapidement dans l’économie globale, mais les pays développés avaient encore la capacité de contenir cette dynamique. Le marché asiatique n’était alors pas suffisamment développé et le pouvoir d’achat était insuffisant pour en faire une zone autonome en matière de croissance. En outre les produits, notamment de Chine, ne disposaient pas encore des qualités et de la technologie souhaitées. Dès lors, le développement de l’Asie était conditionné par celui des pays occidentaux.

Ce n’est désormais plus le cas….. »

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Repli du commerce mondial: Temporaire ou pas?

Au premier trimestre 2014, le commerce mondial a reculé de 3.4% en taux annualisé. Ce changement de tendance est-il temporaire ou est-ce la traduction d’une économie incapable de repartir de l’avant ?
Jamais depuis le premier trimestre 2009 durant lequel il avait chuté de -37%, le volume des échanges ne s’était contracté aussi rapidement qu’au cours des 3 premiers mois de cette année.
Commerce-Mondial-2014-T1 Lire la suite

Anticipations Hebdo du 4 Novembre 2013

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Anticipations Hebdo du 4 Novembre 2013

Les attentes de la semaine du 4 au 10 Novembre

  • L’élément clé cette semaine sera la réunion, jeudi, de la BCE. En effet après le très net ralentissement de l’inflation au mois d’octobre l’écart avec la cible de 2% est très important et non lié à la chute du prix des matières premières (comme en 2009). La BCE doit être réactive car une inflation trop basse et un risque de déflation ne sont favorables à personne
  • L’autre temps fort sera la publication du PIB américain du 3ème trimestre (jeudi) et de l’emploi d’octobre (vendredi). Cela permettra une meilleure lecture de l’activité américaine et de mieux percevoir ainsi la façon dont la Fed pourrait appréhender sa politique monétaire. La seule lecture de l’ISM, si bon soit-il, est nettement insuffisant.
  • Début du congrès du parti communiste chinois
  • Indicateurs PMI et ISM sur le secteur manufacturier (Z€) et sur les services (mardi et mercredi)

Les points majeurs à retenir en Europe du 28 Octobre au 2 Novembre Lire la suite