La BCE bien partie pour ne rien faire en 2019


La BCE y met toute son énergie mais l’inflation ne converge pas franchement vers l’objectif (2%) qu’elle s’est fixé. Peut on, dès lors, dire comme Mario Draghi que le Quantitative Easing a correctement fonctionné ? Oui probablement sur l’activité.La baisse de l’ensemble des taux a modifié les arbitrages dans le temps favorisant les dépenses immédiates au détriment des dépenses futures. Sur l’inflation? Oui si la reprise a permis d’éviter la déflation mais au-delà? On peut s’interroger.La convergence vers la cible de la BCE est repoussée année après année. Les prévisions de croissance (convergence vers le potentiel en 2021 estimé à 1.5% par la BCE) et d’inflation,suggèrent, sauf à changer de fonction de réaction, que la BCE restera accommodante encore longtemps. 

Le choix judicieux d’Angela Merkel

Angela Merkel n’a pas choisi, selon le journal allemande Handelsblatt, l’actuel président de la banque centrale allemande, Jens Weidmann, comme candidat pour succéder à Mario Draghi en Octobre 2019. Pourtant, cela pourrait paraître naturel puisque l’Allemagne n’a jamais eu ce poste prestigieux et stratégique.
Ce choix est le meilleur possible de la part de Merkel sur ce dossier.
En effet, la Buba est perçue, par l’ensemble des économistes et des ECB watchers, comme crédible dans son analyse de la politique monétaire. Dès lors, tout mouvement de la BCE est analyse à l’aune de cette vision ultra-orthodoxe. L’autre point est que l’Allemagne est le pays le plus puissant de la zone Euro et donc son point de vue est toujours écouté avec beaucoup d’intérêt.
La combinaison de cette crédibilité monétaire et de cette puissance économique est d’une grande influence sur le comportement de la BCE. Un président allemand sera superfétatoire.
Dès lors, l’Allemagne libère un poste à la tête d’une autre institution européenne pour un allemand tout en étendant son influence.
Bien joué Angela!!!

Comprendre le changement d’orientation de la politique monétaire de la BCE

J’ai déjà commenté ici le changement d’orientation de la politique de la BCE décidé lors de la réunion du comité de politique monétaire du 14 juin. On peut y trouver les raisons économiques et les raisons techniques à cette inflexion. Pour moi cependant, le véritable objectif de la BCE est de pouvoir disposer d’une demande interne privée suffisamment robuste pour être un vrai support à la croissance européenne.
Le graphe ci dessous représente cette demande interne hors dépenses du gouvernement et hors stocks. On constate une progression quasi linéaire avant la crise au rythme de 1.9% puis une longue période de décroissance sous la pression des politiques budgétaires d’austérité et d’une politique monétaire pour le moins maladroite. Puis enfin à partir de 2013 et un policy mix plus favorable une reprise de la croissance de cette demande privée au rythme tendanciel de 2.1%. Lire la suite

Statu quo de la BCE

Attentisme de la #BCE dans la gestion de sa politique monétaire en raison de l’inflexion conjoncturelle observée depuis le début de l’année. Est elle permanente ou temporaire? La réponse à cette question est essentielle mais elle est encore discutée par les économistes.

On ne perçoit pas du côté de la BCE une volonté de changer rapidement de stratégie. C’est pourquoi on ne devrait pas être étonné si les achats d’actifs continuaient au delà de la date de septembre 2018. Normalement l’institut d’émission devrait arrêter ses achats si l’inflation a l’allure souhaitée par les autorités monétaires. Ce ne sera probablement pas le cas. En outre en ne créant pas l’idée d’une rupture rapide, la BCE devrait permettre à l’euro de se déprécier face au billet vert. Cela aurait un effet stabilisant sur la conjoncture de la zone euro. Ceci est d’autant plus vraisemblable que la Fed sera beaucoup plus active afin de contrecarrer les effets déstabilisants de la politique budgétaire de Donald Trump.

BCE, Inflation, Fed et Emploi en France – Ma chronique du lundi

Le taux d’inflation à 1.1% en février ne ravive pas les anticipations d’un changement rapide et brutal de la politique monétaire de la BCE. Mario Draghi et Peter Praet dans des interventions en fin de semaine dernière ne montraient d’ailleurs aucun empressement à mettre en œuvre un tel bouleversement.
La BCE a calé sa stratégie monétaire sur l’atteinte d’un profil d’inflation compatible avec ce qu’elle souhaite à moyen terme. Le chiffre de 1.1% ne va pas dans ce sens.
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