Le coût du Brexit selon la Banque d’Angleterre

La Banque d’Angleterre a publié ses scenarii pour l’après Brexit. Les hypothèses vont de la sortie ordonnée cohérente avec l’accord signé entre l’UE et Theresa May à la sortie sans accord et totalement désordonnée.
On avait déjà observé que l’allure du PIB était plus faible depuis le référendum. Les résultats de la BoE accentuent ce phénomène.
Quelle que soit la forme du Brexit la trajectoire du PIB sera inférieure à celle d’avant référendum. L’accord signé donne le moins mauvais résultat dans le prolongement de ce que l’on voit déjà. Un Brexit désordonné et sans accord diminuerait franchement le niveau de vie des anglais.

La question ici est celle de la façon dont le Royaume Uni s’insère dans la dynamique de ses partenaires économiques, commerciaux et financiers. Dans le cas d’un no-deal désordonné ces relations sont très rapidement contraintes et pèsent sur l’activité. En d’autres termes il faut remettre à plat les relations du Royaume Uni avec le reste du monde et cela est coûteux en créant de la désorganisation et aussi un coût plus élevé puisque les conditions ne seront plus celles du marché unique mais celle de l’Organisation Mondiale du Commerce.

D’une façon générale, sur une période relativement courte le prix à payer sera lourd quoiqu’il arrive mais il y a des scenarii à éviter si c’est possible.

Allure du PIB par rapport à sa tendance d’avant référendum. L’écart au 3ème trimestre de 2018 est de -2.3%. Le PIB aurait été 2.3% plus élevé si la trajectoire d’avant référendum avait été maintenue.
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Les projections de la BoE sont toutes bien en-dessous de la tendance d’avant référendum et sans effet de rattrapage. Le PIB ne converge pas, dans un temps fini, vers sa tendance antérieure. Le coût est permanent et croissant car dans les projections le taux de croissance tendanciel est plus faible que celui d’avant crise.
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L’inflation va s’accélérer rudement au Royaume Uni

L’effet de la baisse de la baisse de la monnaie britannique va se faire rapidement sentir sur l’inflation outre-Manche. C’est ce que suggère le graphique ci dessous qui montre l’évolution de l’inflation et l’indice des prix d’input (ce qui est nécessaire à la production) dans l’enquête Markit. Ce dernier indice est décalé de 6 mois vers l’avant.
L’indice des prix issu de l’enquête suggère que l’inflation pourrait tendre vers 3-4% au moins au cours des 6 prochains mois c’est à dire au premier trimestre 2017. Comme les salaires n’augmenteront pas de la sorte, les pertes de pouvoir d’achat vont être importantes pour les salariés britanniques. C’est ce que j’indiquais déjà ici. Le salarié du Royaume Uni ne sera pas le gagnant du Brexit Lire la suite

Le Brexit dur et le risque fort de récession

La baisse de la monnaie anglaise est pour l’instant la marque la plus visible des effets du Brexit. La monnaie britannique s’est dépréciée de près de 17% depuis le résultat du référendum face au dollar et de plus de 14% vis à vis de l’euro au 18 octobre.
On voit ce mouvement fort en deux temps: après le référendum du 23 juin et après le 30 septembre suite au discours de Theresa May à Birmingham lors du congrès du parti conservateur. Elle annonçait que la notification de l’article 50 sur la sortie du RU de l’UE se ferait au plus tard en mars 2017.
(la remontée du 18 octobre correspond à l’idée que les parlementaires pourraient valider le traité entre le RU et l’UE après les négociations.)
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Deux remarques pour comprendre la mise en place d’un Brexit dur. Lire la suite