Le coût du Brexit selon la Banque d’Angleterre

La Banque d’Angleterre a publié ses scenarii pour l’après Brexit. Les hypothèses vont de la sortie ordonnée cohérente avec l’accord signé entre l’UE et Theresa May à la sortie sans accord et totalement désordonnée.
On avait déjà observé que l’allure du PIB était plus faible depuis le référendum. Les résultats de la BoE accentuent ce phénomène.
Quelle que soit la forme du Brexit la trajectoire du PIB sera inférieure à celle d’avant référendum. L’accord signé donne le moins mauvais résultat dans le prolongement de ce que l’on voit déjà. Un Brexit désordonné et sans accord diminuerait franchement le niveau de vie des anglais.

La question ici est celle de la façon dont le Royaume Uni s’insère dans la dynamique de ses partenaires économiques, commerciaux et financiers. Dans le cas d’un no-deal désordonné ces relations sont très rapidement contraintes et pèsent sur l’activité. En d’autres termes il faut remettre à plat les relations du Royaume Uni avec le reste du monde et cela est coûteux en créant de la désorganisation et aussi un coût plus élevé puisque les conditions ne seront plus celles du marché unique mais celle de l’Organisation Mondiale du Commerce.

D’une façon générale, sur une période relativement courte le prix à payer sera lourd quoiqu’il arrive mais il y a des scenarii à éviter si c’est possible.

Allure du PIB par rapport à sa tendance d’avant référendum. L’écart au 3ème trimestre de 2018 est de -2.3%. Le PIB aurait été 2.3% plus élevé si la trajectoire d’avant référendum avait été maintenue.
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Les projections de la BoE sont toutes bien en-dessous de la tendance d’avant référendum et sans effet de rattrapage. Le PIB ne converge pas, dans un temps fini, vers sa tendance antérieure. Le coût est permanent et croissant car dans les projections le taux de croissance tendanciel est plus faible que celui d’avant crise.
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La Fed va prolonger son biais haussier en 2019 – Ma chronique du lundi

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La Federal Reserve se réunit les 25 et 26 septembre. Une hausse de 25 bp est attendue sur le taux des fed funds portant ainsi le taux effectif dans une fourchette allant de 2 à 2.25%. Une autre hausse est attendue en décembre. Ces 4 resserrements sur 2018 semblent faire consensus désormais à la Fed. La question porte sur 2019 désormais. Lors de la dernière mise à jour, en juin, des perspectives économiques et financières par les membres du comité de politique monétaire (FOMC), 3 hausses de taux d’intérêt étaient prévues pour 2019. Comment se faire une idée plus précise ?
Les quatre hausses de taux d’intérêt sont validées désormais par la Fed. J’avais évoqué cette hypothèse en début d’année en raison de la mise en place de la politique budgétaire expansionniste de la Maison Blanche. Je n’ai pas changé d’avis et la hausse des taux de la Fed n’est qu’une façon de modérer les déséquilibres provoqués par cette politique qui vise à doper la demande interne.

Cette dynamique interne traduit l’impact de deux composantes. La première est l’effet direct des baisses d’impôts et de la hausse des dépenses publiques. On perçoit bien l’effet positif pour la demande dans une telle configuration. L’autre composante est la politique commerciale qui vise à substituer la production interne aux importations. La demande adressée aux entreprises s’accroît ainsi très fortement. Lire la suite