Zone Euro: La croissance se modère au premier trimestre

Le PIB de la zone Euro ressort à 0.4% au T1 2018 (non annualisé). C’était + 0.7% au T4 2017. L’acquis pour 2018 à la fin du premier trimestre est de 1.45%

Plusieurs remarques

• En 2017 les chiffres surprenaient systématiquement à la hausse. Le chiffre du T1 est sur le chiffre anticipé. Plus de surprise Le pic du cycle est il passé ? Probable mais cela ne signifie pas une rupture à la baisse. Lire la suite

Statu quo de la BCE

Attentisme de la #BCE dans la gestion de sa politique monétaire en raison de l’inflexion conjoncturelle observée depuis le début de l’année. Est elle permanente ou temporaire? La réponse à cette question est essentielle mais elle est encore discutée par les économistes.

On ne perçoit pas du côté de la BCE une volonté de changer rapidement de stratégie. C’est pourquoi on ne devrait pas être étonné si les achats d’actifs continuaient au delà de la date de septembre 2018. Normalement l’institut d’émission devrait arrêter ses achats si l’inflation a l’allure souhaitée par les autorités monétaires. Ce ne sera probablement pas le cas. En outre en ne créant pas l’idée d’une rupture rapide, la BCE devrait permettre à l’euro de se déprécier face au billet vert. Cela aurait un effet stabilisant sur la conjoncture de la zone euro. Ceci est d’autant plus vraisemblable que la Fed sera beaucoup plus active afin de contrecarrer les effets déstabilisants de la politique budgétaire de Donald Trump.

Essoufflement du secteur manufacturier en zone Euro – Ma chronique du lundi

L’accélération de la croissance globale en 2017 était le résultat d’un policy mix favorable à la demande. La politique monétaire très accommodante, partout dans le monde, et une politique budgétaire peu contraignante ont porté cette reprise.
La demande supplémentaire avait eu un impact positif notamment sur l’activité manufacturière avec pour conséquence majeure la reprise du commerce mondial.
En zone Euro et en France en particulier ce mouvement haussier avait inversé la dynamique antérieure du secteur. L’emploi avait d’ailleurs changé d’allure en France puisqu’après de nombreuses années de repli, il s’est enfin stabilisé en 2017 et s’est même amélioré si l’on prend en compte l’emploi intérimaire pour le secteur. L’effet de contagion vers les services a été observé permettant ainsi une allure robuste de l’activité globale.
France-EmploiManuf

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Perspectives Economiques – Avril 2018

Retrouvez le document Perspectives Economiques-Avril 2018

  • La conjoncture ralentit elle? Notamment en zone Euro?
    La croissance est élevée mais n’accélère plus. Elle sera généralement proche, en 2018, des chiffres de 2017; soit 2% en France et 2.4% en zone Euro. Il n’y a pas d’impulsion supplémentaire et l’expansion bute sur des contraintes physiques dans l’industrie. Les Etats-Unis bénéficient cependant d’une dynamique interne plus forte en raison de la politique budgétaire expansionniste.
  • L’inflation est partout limitée
    Pas de tensions salariales et le prix du pétrole est relativement stable
  • La BCE ne changera rien avant longtemps
    L’absence d’inflation en dépit de la croissance robuste suggère que le taux de chômage peut encore baisser avant de voir des tensions nominales. Cela donne du temps à la BCE qui n’a pas de raison particulière pour changer rapidement de stratégie monétaire. Pas de hausse de taux sous Draghi.
  • La politique de la Fed: 4 fois au moins en 2018
    L’équilibre entre une politique monétaire toujours accommodante, une politique budgétaire très expansionniste et une économie au plein emploi n’est probablement pas stable sauf à considérer que le taux de chômage converge au-dessous de 3.5% ce qui serait historique. La Fed permettra la stabilisation macroéconomique par des hausses de taux plus nombreuses qu’attendu.
  • Guerre commerciale: « For every one US worker in metals production there are more than 40 workers in metals-using industries. Taxing the latter to privilege the former makes no sense.”
    Tensions avec la Chine: passage de témoin difficile pour les américains. L’équilibre global bascule vers la Chine

Déficit public en France, Assoupissement Conjoncturel et Vote Italien – Ma chronique du lundi

L’économie française devient elle vertueuse ? Au regard de la baisse du déficit public sous le seuil de 3%, on serait presque tenté de le faire. Avec un chiffre de 2.6% pour l’ensemble de 2017 et 2.1% pour le dernier trimestre de l’année, la tentation est forte effectivement.
Et puis….. en regardant les chiffres et la cohérence des comptes publics avec l’accélération de la croissance en 2017, je suis moins convaincu. L’enthousiasme retombe car le profil du déficit public est parfaitement calé sur celui de la croissance. Et cette croissance a quasiment doublé entre 2016 et 2017 passant de 1.1% à 2%. Il est heureux que les comptes publics se soient améliorés. On voit sur le graphe la très grande cohérence entre le profil du déficit public et l’allure de la croissance réelle avancé de 2 trimestres. Le déficit s’améliore avec la croissance économique et il est toujours difficile de maintenir le cap lorsque la croissance ralentit.
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La dynamique de croissance se stabilise à un haut niveau en zone Euro

L’activité de la zone Euro, mesurée par l’enquête Markit de février, se stabilise à un niveau élevé. Sa dynamique de croissance n’est pas remise en cause.
On voit sur le premier graphe qu’en dépit du repli de l’indice synthétique, le niveau reste consistent avec une progression rapide du PIB de l’ordre de 0.8% (3.2% en taux annualisé) au premier trimestre 2018 soit une hausse de +0.2% par rapport au dernier trimestre de 2017.
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Pour la zone Euro et l’Allemagne, le niveau moyen des deux premiers mois de 2018 est encore supérieur à la moyenne du dernier trimestre 2017. Pour la France le chiffre est légèrement plus réduit mais cela est marginal. Le décollage de l’année 2017 a été exceptionnel et la situation se stabilise. C’est plutôt sain. Lire la suite