la Fed réduit son taux

La Réserve fédérale a baissé son taux de 25 pb à 2,00-2,25%. Les raisons sont un taux d’inflation trop bas et une incertitude globale. C’est une sorte de démarche préventive assez étrange. Habituellement, la banque centrale américaine baisse son taux lorsque l’environnement est déjà morose.

L’une des raisons pour laquelle la Fed n’agit pas de façon préventive est que nous ne connaissons pas l’avenir. Pas plus la Fed que nous. Il y a donc un risque de crédibilité pour la Fed. L’autre risque est associé aux pressions politiques de la Maison Blanche. C’est aussi une source de préoccupation.

Croissance française à 0.2% en T2

La #croissance en #France a été de 0.2% au T2 après 0.3%. L’acquis est de 1%. Avec une hypothèse de 0.2% en T3 et T4 la croissance serait de 1.15% et avec 0.3 % elle serait de 1.23%. Cela reste maigrelet autour de 1.2%. La demande interne restera le principal support.

Les mesures adoptées en décembre vont maintenir la dynamique interne. La bonne surprise est la robustesse de l’investissement des entreprises. C’est important pour l’autonomie de la croissance. La consommation a un peu déçu dans un contexte de prix de l’essence plus élevé.

La croissance autour de 1.2 – 1.3% est sur sa tendance. Ce sera une bonne performance dans un environnement international dégradé.

Le 5 Pages Macro – Dynamique Macroéconomique – Juillet 2019

> La dynamique un peu chaotique de l’économie globale reflète la sortie probable d’un équilibre dominé par les Etats-Unis et la recherche d’un nouveau. Cet équilibre multipolaire inclurait les Etats-Unis, la Chine et l’Europe.
> Cette recherche se traduit d’abord par un environnement moins coordonné et moins coopératif, chacun cherchant à tirer un avantage d’une situation dans laquelle les règles changent. Les tarifs douaniers n’en sont qu’une illustration.
> A court terme, cela se traduit par de l’incertitude qui pénalise l’activité économique et l’investissement. La croissance est partout un peu plus faible alors que l’inflation reste limitée et loin de la cible de la banque centrale, en zone Euro notamment.

> Le biais est donc à une politique monétaire qui restera accommodante. Aller trop vite alors que les aléas sur l’activité  ne se matérialisent pas encore c’est prendre le risque d’avoir un impact trop limité et de ne plus avoir de munitions en cas de situation plus fragile.
> Ce serait le cas aux USA où une baisse des taux trop rapide se traduirait par un regain de liquidités qui favoriserait des crédits supplémentaires à l’immobilier et aux entreprises via des institutions non bancaires. Les excès déjà constatés seraient alors plus importants. Cela accentuerait les risques sur ces marchés et limiterait la capacité future de la Fed à intervenir en cas de crise.
> Un point majeur, les taux longs resteront très bas encore très longtemps, tant que cet équilibre nouveau ne prendra pas corps. Cela obligera la finance à se réinventer.

Le document complet est disponible ici Le 5 Pages Macro – Dynamique Macroéconomique – Juillet 2019

L’ISM manufacturier en repli pour le 3ème mois consécutif

L’ajustement à la baisse de l’ISM du secteur manufacturier se poursuit depuis le point haut d’août 2018. L’indicateur phare de l’économie US doit se caler sur une dynamique réelle moins volatile et moins forte. Le CFNAI que je prends comme référence est calculé comme la tendance commune de 85 indicateurs de l’économie réelle.
Il y a encore une marge d’ajustement et cela se produira compte tenu de la dégradation de l’environnement international et de l’absence de mesures de politique économique outre-Atlantique susceptible de doper la croissance très rapidement.
Cela veut dire que l’ISM va aller croiser le niveau de 50 au cours des prochains mois et probablement passer en dessous même si ce n’est que de façon temporaire.

Le repli de l’ISM tient notamment au recul des flux de commandes et aux moindres tensions observées sur les livraisons.

3 points sur la dynamique cyclique en Asie et en zone Euro au mois de juin

Le premier point est le ralentissement rapide de l’activité manufacturière en Asie. Celle-ci se contracte dans les 4 grands pays que sont la Chine, le Japon, la Corée du sud et Taiwan.
Le mouvement est encore plus rapide pour les pays qui sont plus dépendants de la Chine pour l’assemblage des produits. C’est le cas de Taiwan et de la Corée.
Ce choc négatif est une conséquence des mesures prises par Trump sur les échanges et cela pèse très lourdement sur l’Asie en générale et la Chine en particulier. Le report des sanctions prévues sur les importations américaines en provenance de Chine qui devaient être effectives le 2 juillet est une bonne chose. Ceci étant si la reprise du dialogue sino-américain permet d’éviter le pire, rien ne semble régler sur le fond et les incertitudes vont demeurer.
(au regard de l’indice du Vietnam, êtes vous surpris de l’intérêt récent de l’administration américaine ? L’activité chinoise s’y est déplacée)

Au regard des indicateurs d’activité et de nouvelles commandes à l’exportations, le commerce mondial va continuer de ralentir au cours des prochains mois puisque l’Asie a été la région la plus touchée par les mesures américaines.

La dynamique de la zone Euro ralentit vite. L’estimation avancée publiée la semaine dernière pour la zone Euro a été révisée à la baisse. Dans l’estimation flash il montrait toujours une contraction à 47.8 mais en légère amélioration par rapport à mai (47.7). La version définitive s’inscrit à 46.6. L’activité se dégrade un peu par rapport au chiffre de mai. Le repli de l’activité est plus rapide.
A la contraction de l’activité déjà observée en Allemagne s’ajoutent désormais celles de l’Espagne et de l’Italie. L’indice espagnol plonge à 47.9 et celui de l’Italie à 48.4. L’indice français, bien que révisé à la baisse de 52 dans l’estimation avancée à 51.9, s’améliore par rapport aux évolutions du printemps (voir ici).
Trois des quatre grands pays de la zone Euro ont une activité manufacturière qui se contracte rapidement. Faudra-t-il réviser les prévisions de croissance à la baisse ?

Concernant la dynamique des échanges extérieurs, on constate que le profil est le même que celui des indices synthétiques. L’Allemagne tire l’ensemble vers le bas et l’Italie et l’Espagne contribuent désormais fortement à la contraction des commandes.

La situation allemande va continuer de se dégrader. La dynamique du commerce mondial ne va pas s’inverser rapidement ce qui pénalisera encore le secteur manufacturier. Mais en plus le ralentissement du cycle, mesuré ici par l’indice IFO) va se traduire par un ralentissement sur le marché du travail. La dynamique de l’emploi va ralentir et cette inflexion sera d’autant plus importante que le caractère baissier du cycle s’allongera.
En conséquence, la demande interne de l’économie allemande sera moins vive et pourrait inciter le gouvernement a une politique plus souple afin de compenser les effets négatifs de l’environnement international. Ne doutons pas alors que tous les pays de la zone en profiteraient. Le risque est qu’il faille aller vraiment dans la partie négative du cycle pour que les allemands réagissent. En outre, même si la BCE est active, comme l’a suggéré Draghi la semaine dernière, cela ne sera pas suffisant pour inverser la tendance.

Juste un coup de froid pour l’Allemagne ?

At l’Allemagne comment ca va ? Pas très fort ? Est ce juste un coup de froid ou est ce plus grave ? Avec la Maison Blanche qui pense que l’économie mondiale est un jeu à somme nulle cela pourrait aller bien au delà du refroidissement. Celui ci pourrait n’être que le premier symptôme de quelque chose de plus grave