Dynamique conjoncturelle globale: l’Italie en récession et le Royaume Uni devient préoccupant

L’indicateur mondial du secteur manufacturier publié par Markit continue d’indiquer un ralentissement de l’activité de ce secteur. L’activité continue de progresser mais à un rythme toujours un peu plus lent. Ce mouvement a été observé tout au long de 2018 depuis le point haut de la fin 2017. Cela suggère que l’allure du commerce mondial va continuer de ralentir puisque l’on échange plutôt des biens manufacturiers (en dehors des matières premières).
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La Fed va continuer

Selon la #Fed l’économie US va bien. Les conditions sont donc remplies pour une 4ème hausse de taux en 2018 lors de la réunion de décembre (18-19). La Fed poursuit sa stratégie de rééquilibrage du policy-mix trop accommodant (pol.budgétaire excessive) dans une économie au plein emploi. Elle continuera en 2019 pour éviter l’apparition de déséquilibres qui seraient pénalisants pour l’économie US dans le long terme.

La conjoncture française ralentit plus vite qu’anticipé par le gouvernement

La demande adressée aux entreprises dans le secteur industriel ralentit très vite et les chefs d’entreprise ne s’attendent pas à un retournement dans les 3 mois qui viennent. C’est ce que suggèrent les enquêtes menées auprès des chefs d’entreprise par l’INSEE et Markit. Cela veut dire que l’on ne doit pas s’attendre à une ré-accélération de la conjoncture au cours des prochains mois. Les prévisions de croissance du gouvernement à 1.7% pour 2019 apparaissent déjà un peu trop optimistes. J’attends 1.4% en 2019. Le ralentissement des échanges à l’échelle globale pénalise l’allure de l’activité dans l’industrie limitant ainsi l’impulsion donnée au secteur des services.
L’économie manque de sources d’impulsion et les indicateurs suggèrent, mois après mois, que l’année 2017 était exceptionnelle et que la dynamique de l’économie française revient sur sa tendance d’avant 2017 soit une allure autour de 1.4%. Lire la suite

4 graphes sur la conjoncture globale


La publication des enquêtes Markit dans le secteur manufacturier permet de disposer d’une lecture précise de l’activité globale du secteur, de l’allure du commerce mondial et des attentes que l’on peut avoir sur l’économie. Ce secteur manufacturier, lorsqu’il a une trajectoire haussière, est toujours une source d’impulsion et d’amélioration de la dynamique de croissance. C’est hélas moins le cas au cours des derniers mois.

L’indicateur mondial de l’enquête Markit indique toujours que le secteur manufacturier est en expansion mais à un rythme qui ralentit mois après mois depuis le pic de décembre 2017. Cela devrait se traduire par un ralentissement supplémentaire du commerce mondial comme le suggère le graphe liant l’indice Markit et la variation sur un an du commerce mondial.
Ce qu’il faut avoir à l’esprit à la lecture de ce graphe est qu’il ne faut plus attendre d’impulsion en provenance du commerce mondial. Nous ne sommes plus en 2017 et les chocs successifs provoqués par Donald Trump sur les tarifs douaniers ne permettent pas d’imaginer un retournement à la hausse. Lire la suite

Discussion sur la croissance en France sur BFM Business

Vidéo

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Le gouvernement, par la voix de Bruno Lemaire, a révisé en baisse son objectif de croissance à 1.7% pour 2018 contre 2% prévu en avril dernier. De ce fait le déficit public sera plus proche de 2.6% que de 2.3% prévu en avril.

J’étais invité hier soir sur BFM business par Annie Lemoine et Emmanuel Lechypre pour en parler.

Il y a deux questions posées.

La première porte sur la convergence vers 1.7%. Si je prends la prévision de la Banque de France à 0.4% en T3 alors il faut 0.8% au dernier trimestre pour arriver à 1.7%. C’est possible mais un peu hasardeux car ce chiffre est très élevé. Au cours des 10 dernières années ce chiffre de croissance n’a été atteint que 2 fois.

La deuxième question est celle du scénario sous jacent. Le profil attendu généralement est une explosion des dépenses au dernier trimestre en raison des gains de pouvoir d’achat résultant de la dernière étape de la baisse des charges et de la réduction partielle de la taxe d’habitation. Il y aurait un rattrapage fort après les comportements plus restrictifs observés au premier semestre en conséquence notamment du resserrement fiscal provoqué par la hausse de la CSG non totalement compensée par des baisses de charges pour les salariés. L’hypothèse est faite que le comportement des ménages est symétrique. Ce n’est probablement pas aussi simple car l’inflation est un petit peu plus élevée.

On peut tabler aussi sur une accélération de l’investissement des entreprises. Cette partie du scénario paraît plus difficile encore alors que le commerce mondial ralentit, que nos principaux partenaires commerciaux connaissent une croissance plus réduite et que les commandes de biens d’équipement stagnent. Investir fortement alors que la demande ralentit n’est pas très orthodoxe.

En fait la question de fond est de savoir si la croissance potentielle de la France est de l’ordre de 1.3% (loi de programmation budgétaire 2018-2022) ou si elle est de 1.7% comme le suggère cette même loi de programmation puisque l’économie française serait à 1.7% de croissance moyenne jusqu’en 2022. En d’autres termes, la croissance française serait capable, sans engendrer de tensions, d’être au dessus de son potentiel de façon permanente (sic)

Si la croissance potentielle est plus proche de 1.3% que de 1.7% alors le point haut du cycle est passé et l’on va converger vers celle ci. J’attends une croissance de 1.5% cette année et 1.4% l’an prochain.

Après l’été; Vade-Mecum de rentrée

L’ensemble du document en format pdf est disponible en suivant le lien
Vade-mecum-Septembre2018-PW

Partons de l’échelle globale. Les signaux sur l’économie mondiale sont-ils toujours aussi robustes ?
La situation a changé depuis le début de l’année. En 2017, l’économie mondiale était portée par la progression plus rapide du commerce mondial. Ce n’est plus le cas. Depuis le début de l’année 2018, la dynamique des échanges ralentit et ne semble plus susceptible de créer le même type d’impulsion sur l’ensemble de l’économie.
Les enquêtes auprès des chefs d’entreprise dans le monde entier signalent un ralentissement de leurs commandes à l’export, traduction d’une dynamique mondiale moins rapide.commercemondial-markitjuin
Pourquoi cette accélération en 2017 ?
En 2016, alors que l’inflation était faible dans la plupart des pays à quelques exceptions (Russie, Brésil notamment), les banques centrales ont assoupli leur stratégie monétaire. La Federal Reserve américaine ne remontait son taux de référence que très lentement et communiquait suffisamment pour n’effrayer personne, notamment dans les économies émergentes.
Ces politiques monétaires plus accommodantes ont dopé la demande interne à chaque pays, poussant l’activité et les échanges à la hausse. Il y a eu une sorte d’allure commune qui a profité à tous. L’économie globale était entrée dans une dynamique vertueuse.

Qu’est ce qui a changé depuis ?
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