Quand les banquiers centraux deviennent procycliques

La croissance ralentit à l’échelle globale, c’est ce que suggèrent les différentes enquêtes menées auprès des chefs d’entreprise mais aussi l’allure moins rapide du commerce mondial. C’est à ce moment là que les banquiers centraux ont décidé de changer le profil de la politique monétaire passant d’un biais accommodant à un biais plus restrictif.
La croissance de 2017 à l’échelle mondiale était la résultante d’une politique monétaire globalement accommodante. Cela avait permis de renforcer la demande domestique au sein de chaque pays et de redynamiser le commerce mondial.
Avec le biais plus restrictif sur la politique monétaire, le risque est de peser encore davantage sur une conjoncture moins dynamique et de donner à la stratégie des banques centrales un caractère procyclique non nécessaire. Le risque est d’infléchir encore davantage la dynamique de l’économie et de peser sur l’emploi.
La justification d’un tel biais ne peut être une accélération de l’inflation puisque celle ci résulte de la hausse du prix de l’énergie et pas du tout de tensions au sein de l’économie. Dans une telle configuration les banquiers centraux doivent être neutres.

L’analyse de ce biais restrictif non nécessaire est développée dans mon blog anglais ici

Interview de Richard Baldwin sur la Globalisation

Sur mon blog anglais j’ai repris un interview de Richard Baldwin sur la globalisation.
Cela me semblait pertinent au moment où les US mettent en place des sanctions tarifaires sur la Chine.
Cela donne un éclairage intéressant sur le fait que la globalisation va continuer en dépit des gesticulations de la Maison Blanche
La position de Baldwin est clair quant à sa vision des tensions commerciales initiées par Washington. Ce cartoon tweeté ce matin est clair.

A lire ici

16 points pour comprendre la guerre des tarifs sur l’acier et l’aluminium

Les Etats-Unis ont pris, le 31 mai, des mesures tarifaires sur l’acier (25%) et l’aluminium (10%) à l’encontre de l’Europe, du Canada et du Mexique. L’obsession du locataire de la Maison Blanche est à la fois de rapatrier de l’activité aux USA et de limiter les déficits extérieurs des Etats-Unis. C’est l’idée qu’il développait dès son discours inaugural à la Maison Blanche selon laquelle l’économie mondiale est un jeu à somme nulle. Il faut donc s’approprier d’une manière ou d’une autre l’ensemble de l’activité. Cette vision n’est pas celle qui permet de comprendre la dynamique de la croissance et de l’économie mais c’est celle à laquelle on doit faire face.
Le coût mesuré à partir des exportations vers les USA pour ces deux produits est très élevé pour le Canada (environ 2 milliards), autour de 600 millions pour le Mexique et environ 1.7 Mds pour l’Union Européenne avec un montant proche de 400 millions pour l’Allemagne et de 150 millions pour la France. Ces chiffres sont significatifs et peuvent, de fait, avoir une incidence sur les échanges avec les américains.

Finalement qui va gagner à la mise en place de ces mesures tarifaires? A priori pas grand monde. Une guerre tarifaire c’est un peu un combat de boxe poids lourd en 15 rounds. Les deux combattants vont jusqu’au bout mais tous les deux sont sérieusement amochés au risque d’avoir des séquelles.

Plusieurs remarques Lire la suite

Les économistes ruent dans les brancards

Les économistes américains se mobilisent contre les mesures protectionnistes de Donald Trump. L’interdépendance des pays développés et émergents mais aussi la dépendance au commerce mondial sont aujourd’hui trop importantes pour prendre le risque d’en modifier brutalement les règles. Au regard du climat politique peu coopératif, on ne peut pas exclure des représailles et une escalade qui serait très pénalisante pour la croissance, l’emploi et le niveau de vie. Les expériences du passé doivent forcément nous aider à réfléchir.

« Over a thousand economists have written to Donald Trump warning his “economic protectionism” and tough rhetoric on trade threatens to repeat the mistakes the US made in the 1930s, mistakes that plunged the world into the Great Depression.

The 1,140 economists, including 14 Nobel prize winners, sent the letter on Thursday amid an escalating row over trade between the US and the European Union. Trump has imposed tariffs on steel and aluminium imports but has granted temporary reprieves to the EU, Australia and other countries.

“In 1930, 1,028 economists urged Congress to reject the protectionist Smoot-Hawley Tariff Act,” the authors write, citing a trade act that many economists argue was one of the triggers for the Great Depression…. »

lire la suite ici dans le Guardian

Six changements majeurs depuis la crise – Ma chronique du lundi

Au premier semestre 2008, l’économie des pays développés connaissait une croissance robuste en dépit des premiers craquements entendus depuis l’été précédent. C’était il y a dix ans. Depuis la dynamique de l’économie mondiale a changé en profondeur modifiant les sources d’impulsion et les modes d’ajustement notamment dans les pays développés.

On pourrait relever de nombreuses différences mais aujourd’hui j’en ai retenu 6 qui me paraissent pertinentes pour comprendre la nouvelle équation de l’économie globale.

1 – Le commerce mondial n’a plus la même allure
Le commerce mondial n’a plus du tout la même allure qu’avant la crise de 2008. Auparavant, il fluctuait assez largement autour d’une tendance estimée à 6.8% par an en volume. Cela créait au sein de chaque économie une source d’impulsion forte et était de ce fait un soutien à la croissance de l’activité. Il y avait une  dynamique vertueuse entre les échanges et l’activité.
Depuis 2011, il fluctue peu et sa tendance est désormais de 2.3%. La rupture de 2011 est à attribuer aux politiques d’austérité notamment celles mises en oeuvre en Europe. Lire la suite

Davos, Trump, Chine et croissance française – Ma chronique du lundi

L’équilibre mondial change sous l’impulsion des chinois qui veulent établir des ramifications différentes dans la globalisation. L’Amérique tente de réagir à Davos et la Maison Blanche s’aperçoit que l’Amérique a besoin de ses partenaires pour retrouver de la puissance. La croissance française bute sur des contraintes physiques. Le rythme de 2% est un pic à court terme au moins. 

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Situation étonnante à Davos la semaine dernière puisque le président américain a fait machine arrière sur le commerce mondial et sur son modèle de l’économie global. Lire la suite