En dépit de l’accord avec la Commission, la question italienne n’est pas réglée

La situation italienne est au sommet du ridicule. La Commission Européenne vient d’accepter les options prises par le gouvernement italien. Le drame qui se tramait n’en est donc pas un puisque la Commission qui devait annoncer une procédure pour déficit excessif ne le fera pas. Elle avait tout le loisir de le faire compte tenu du niveau de la dette publique.
La Commission a montré ici son incapacité à intervenir pour faire respecter les règles face à un gouvernement qui ne veut rien lâcher. Sa crédibilité est franchement écornée parce que la seule question qui compte en Italie, qui est celle de la croissance, n’est pas résolue du tout.

Trois remarques sur le budget, l’Italie et la Commission Européenne

La Commission Européenne vient de retoquer le budget présenté par l’Italie pour 2019. Le déficit, s’il n’apparaît pas excessif (2.4%), est perçu comme fragile car les prévisions de croissance sont trop optimistes. En outre, avec un gouvernement de rupture, on doit s’attendre à un certain laxisme sur les dépenses. Le gouvernement n’a pas été élu pour faire la même chose que ses prédécesseurs. En d’autres termes, le risque est un dérapage du budget avec la possibilité d’aller au delà du fameux seuil de 3% du PIB qui serait incompatible avec une stabilisation de la dette publique. Le niveau de la dette publique italienne est voisin de 132% du PIB et est clairement au-delà de la norme de 60%. Ce n’est pas soutenable. Mais une trajectoire soutenable passe-t-elle par une réduction drastique du déficit public? Pas sûr.

Il y a plusieurs plusieurs points soulevés par l’articulation entre le budget, l’Italie et la Commission Européenne.  Lire la suite