Zone Euro – L’activité se cale sur une trajectoire plus soutenable à moyen terme

Ajustement à la baisse des indices synthétiques dans l’enquête Markit pour la zone Euro, la France et l’Allemagne.
Pour la zone Euro, cela traduit principalement un ajustement après une progression trop vive dans la seconde partie de l’année 2017. Ce rythme n’était pas soutenable et les chiffres des premiers mois de 2018 traduisent cet ajustement, non linéaire, vers une allure plus stable et plus soutenable à moyen terme. Il est probable que la croissance tendancielle est autour de 0.4-0.5% par trimestre. Il faut s’ajuster sur ce niveau. Le profil de l’enquête Markit traduit ce mouvement.

D’une manière générale, avec la très forte accélération de l’activité en 2017 l’activité a buté sur des contraintes physiques. En outre l’absence d’impulsion supplémentaires (après le choc monétaire positif de 2016 et 2017) il n’y a plus non plus de raison d’aller encore plus vite et de pousser plus avant la dynamique de croissance à court terme.
L’objectif maintenant est de créer les conditions pour rester proche de la tendance de 0.4-0.5% par trimestre. Ce doit être l’objet de la politique économique.
Pour la France la question est proche de celle de la zone Euro mais avec une croissance tendancielle plus proche de 0.3-0.4%ze-pmi-pib.png
france-pib-pmi

Les économistes ruent dans les brancards

Les économistes américains se mobilisent contre les mesures protectionnistes de Donald Trump. L’interdépendance des pays développés et émergents mais aussi la dépendance au commerce mondial sont aujourd’hui trop importantes pour prendre le risque d’en modifier brutalement les règles. Au regard du climat politique peu coopératif, on ne peut pas exclure des représailles et une escalade qui serait très pénalisante pour la croissance, l’emploi et le niveau de vie. Les expériences du passé doivent forcément nous aider à réfléchir.

« Over a thousand economists have written to Donald Trump warning his “economic protectionism” and tough rhetoric on trade threatens to repeat the mistakes the US made in the 1930s, mistakes that plunged the world into the Great Depression.

The 1,140 economists, including 14 Nobel prize winners, sent the letter on Thursday amid an escalating row over trade between the US and the European Union. Trump has imposed tariffs on steel and aluminium imports but has granted temporary reprieves to the EU, Australia and other countries.

“In 1930, 1,028 economists urged Congress to reject the protectionist Smoot-Hawley Tariff Act,” the authors write, citing a trade act that many economists argue was one of the triggers for the Great Depression…. »

lire la suite ici dans le Guardian

Zone Euro: La croissance se modère au premier trimestre

Le PIB de la zone Euro ressort à 0.4% au T1 2018 (non annualisé). C’était + 0.7% au T4 2017. L’acquis pour 2018 à la fin du premier trimestre est de 1.45%

Plusieurs remarques

• En 2017 les chiffres surprenaient systématiquement à la hausse. Le chiffre du T1 est sur le chiffre anticipé. Plus de surprise Le pic du cycle est il passé ? Probable mais cela ne signifie pas une rupture à la baisse. Lire la suite

France, USA, Royaume Uni, Espagne: croissance hétérogène au premier trimestre

Au premier trimestre 2018, la croissance est robuste aux USA et en Espagne, elle s’infléchit en France mais ralentit nettement au Royaume Uni. 
Le premier graphe montre l’évolution depuis 2015 de la croissance par trimestre pour ces 4 pays, la croissance annuelle moyenne pour les 3 premières années ainsi que l’acquis de croissance pour 2018 à la fin du premier trimestre.
La croissance US du premier trimestre est du même ordre que celle de 2017 (2.3% les deux en taux annualisé), Elle ralentit néanmoins par rapport à la fin 2017. L’acquis est de 1.7%.
En Espagne elle est proche des 2 derniers trimestres de 2017. L’acquis est de 1.8%. Après une phase de rattrapage fort et rapide, la dynamique espagnole se modère à un niveau élevé.
Au Royaume Uni, la croissance avait ralenti déjà en 2017, la progression moyenne du PIB de chaque trimestre était inférieure à celles de 2016 et de 2015. Le ralentissement s’accentue au premier trimestre de 2018. L’acquis est faible (0.7%) ce qui conditionnera le chiffre réduit de l’ensemble de l’année. C’est un signal supplémentaire pour la BoE de ne pas changer sa stratégie monétaire en mai (voir ici)
En France, l’activité a ralenti mais après une année 2017 dont la croissance trimestrielle moyenne était bien au delà des capacités de l’économie française sur le long terme. L’acquis est de 1.2%. L’accélération de 2017 a fait le lit du ralentissement de la première partie de 2018 car le rythme n’était pas soutenable. Cela a été observé via le très haut niveau dans l’utilisation des capacités de production et par les difficultés de recrutement. La croissance tendancielle de l’économie française depuis 2013 est de 1.3% et c’est par rapport à cette norme qu’il faut jauger la croissance et non par rapport à 2017 qui était exceptionnel.
usrufres-cro-acquis.png
Lire la suite

Déficit public en France, Assoupissement Conjoncturel et Vote Italien – Ma chronique du lundi

L’économie française devient elle vertueuse ? Au regard de la baisse du déficit public sous le seuil de 3%, on serait presque tenté de le faire. Avec un chiffre de 2.6% pour l’ensemble de 2017 et 2.1% pour le dernier trimestre de l’année, la tentation est forte effectivement.
Et puis….. en regardant les chiffres et la cohérence des comptes publics avec l’accélération de la croissance en 2017, je suis moins convaincu. L’enthousiasme retombe car le profil du déficit public est parfaitement calé sur celui de la croissance. Et cette croissance a quasiment doublé entre 2016 et 2017 passant de 1.1% à 2%. Il est heureux que les comptes publics se soient améliorés. On voit sur le graphe la très grande cohérence entre le profil du déficit public et l’allure de la croissance réelle avancé de 2 trimestres. Le déficit s’améliore avec la croissance économique et il est toujours difficile de maintenir le cap lorsque la croissance ralentit.
france-croissance et deficit.png
Lire la suite

La dynamique de croissance se stabilise à un haut niveau en zone Euro

L’activité de la zone Euro, mesurée par l’enquête Markit de février, se stabilise à un niveau élevé. Sa dynamique de croissance n’est pas remise en cause.
On voit sur le premier graphe qu’en dépit du repli de l’indice synthétique, le niveau reste consistent avec une progression rapide du PIB de l’ordre de 0.8% (3.2% en taux annualisé) au premier trimestre 2018 soit une hausse de +0.2% par rapport au dernier trimestre de 2017.
ZE-20178-fevrier-markit-Pib.png
Pour la zone Euro et l’Allemagne, le niveau moyen des deux premiers mois de 2018 est encore supérieur à la moyenne du dernier trimestre 2017. Pour la France le chiffre est légèrement plus réduit mais cela est marginal. Le décollage de l’année 2017 a été exceptionnel et la situation se stabilise. C’est plutôt sain. Lire la suite