L’emploi s’ajuste très vite en France en suivant l’inflexion de l’activité

La dynamique de l’emploi a ralenti au cours des premiers mois de 2018. Après une progression de 0.24% au premier trimestre, l’emploi privé n’a augmenté que de 0.16% au cours du printemps. Ces chiffres sont à comparer à la croissance observée en moyenne tout au long de l’année 2017. Elle était de 0.46%. La croissance de l’emploi a donc été divisée par 2 entre 2017 et le début de 2018.
En nombre d’emplois créés, il était de 88 600 en moyenne par trimestre en 2017, il n’est plus que de 38 500 en moyenne au premier semestre 2018 (31 000 au deuxième trimestre).
Tous les secteurs ralentissent et notamment les services comme le montre le graphe ci après.  La construction a aussi une allure plus préoccupante en phase avec le ralentissement des permis de construire. Lire la suite

0.4%, le rebond de la croissance attendu en T3 par la Banque de France

La Banque de France prévoit une croissance de 0.4% au T3. Accélération forte par rapport à la moyenne d’à peine 0.16% en T1 et T2.
La Banque de France ne donne pas de détails mais il faudrait une hausse brutale de la demande interne alors que le commerce mondial ralentit. C’est ambitieux.
L’objectif de G.Darmanin à 1.8% au moins en 2018 supposerait une croissance de 1.3% au T4. C’est excessif. La loi de finance à 1.7% implique 0.9% en T4, improbable.
Convergence toujours vers 1.5+ car le 0.4% en T3 me parait fort (mais il y aura en T4 la fin de l’arbitrage CSG / Charges et la baisse de la fiscalité locale et on peut esperer 0.6%).
Le rebond en T3 souvent évoqué par le Gouverneur de la Banque de France reste très mesuré. L’environnement global plus incertain et la dynamique interne moins vive ne permettent pas d’imaginer que l’économie française retrouve spontanément une croissance très forte.
La question va être celle de l’objectif budgétaire pour 2018 mais aussi pour 2019 car l’acquis de croissance en fin d’année pour 2019 sera limité à 0.55% vs 1% à la fin 2017 pour 2018.
La question budgétaire sera alors plus compliquée qu’en 2018 L’arbitrage budgétaire pour 2018 sera entre des économies budgétaires pour limiter la dérive du déficit mais avec un risque sur la croissance ou laisser filer le déficit vers 2.5/2.6% pour ne pas pénaliser davantage l’activité.
Réponse en septembre
prevBdF

Quand les banquiers centraux deviennent procycliques

La croissance ralentit à l’échelle globale, c’est ce que suggèrent les différentes enquêtes menées auprès des chefs d’entreprise mais aussi l’allure moins rapide du commerce mondial. C’est à ce moment là que les banquiers centraux ont décidé de changer le profil de la politique monétaire passant d’un biais accommodant à un biais plus restrictif.
La croissance de 2017 à l’échelle mondiale était la résultante d’une politique monétaire globalement accommodante. Cela avait permis de renforcer la demande domestique au sein de chaque pays et de redynamiser le commerce mondial.
Avec le biais plus restrictif sur la politique monétaire, le risque est de peser encore davantage sur une conjoncture moins dynamique et de donner à la stratégie des banques centrales un caractère procyclique non nécessaire. Le risque est d’infléchir encore davantage la dynamique de l’économie et de peser sur l’emploi.
La justification d’un tel biais ne peut être une accélération de l’inflation puisque celle ci résulte de la hausse du prix de l’énergie et pas du tout de tensions au sein de l’économie. Dans une telle configuration les banquiers centraux doivent être neutres.

L’analyse de ce biais restrictif non nécessaire est développée dans mon blog anglais ici

Croissance française décevante en T2

La croissance du 2ème trimestre en France est décevante. Elle est équivalente à celle du T1 à 0,158%, arrondi à 0,2% (0,153 au T1). L’acquis est de 1,3% pour 2018 à la fin du T2.

Pour atteindre la croissance 1,7%,objectif de la loi de finance, il faudrait 0,55% par trimestre au T3 et au T4. Pour 2% il faudrait 1% par trimestre alors n’y pensons pas.

La consommation est le point faible de la croissance avec une contraction en T2 (-0,1%). Cela reflète l’impact des effets fiscaux (hausse CSG vs réduction des charges) et une accélération de l’inflation au T2. On notera le rebond de l’investissement des entreprises.

Le T3 démarre mieux avec des enquêtes plus positives du côté des entreprises mais la croissance pour 2018 devrait se situer autour de 1,5 % après 2,3% en 2017.

Cela veut dire que l’objectif de réduction du déficit public à 2,3% du PIB ne sera pas tenu. Le déficit public restera voisin de son chiffre de 2017 à 2,6%.

Croissance et football : et si la France devenait championne du monde?

L’équipe de France de football va jouer la finale de la coupe du monde dimanche prochain à Moscou. Une victoire ferait elle de la France le leader de la croissance en Europe? Et pour la zone euro, cela compenserait il la défaite de l’Allemagne au premier tour et le comportement décevant des espagnols? En d’autres termes, la BCE pourrait elle être amené à réviser son jugement sur la politique monétaire parce que Mbappé et Griezmann ont marqué pendant cette finale. Lire la suite