Déficit public en France, Assoupissement Conjoncturel et Vote Italien – Ma chronique du lundi

L’économie française devient elle vertueuse ? Au regard de la baisse du déficit public sous le seuil de 3%, on serait presque tenté de le faire. Avec un chiffre de 2.6% pour l’ensemble de 2017 et 2.1% pour le dernier trimestre de l’année, la tentation est forte effectivement.
Et puis….. en regardant les chiffres et la cohérence des comptes publics avec l’accélération de la croissance en 2017, je suis moins convaincu. L’enthousiasme retombe car le profil du déficit public est parfaitement calé sur celui de la croissance. Et cette croissance a quasiment doublé entre 2016 et 2017 passant de 1.1% à 2%. Il est heureux que les comptes publics se soient améliorés. On voit sur le graphe la très grande cohérence entre le profil du déficit public et l’allure de la croissance réelle avancé de 2 trimestres. Le déficit s’améliore avec la croissance économique et il est toujours difficile de maintenir le cap lorsque la croissance ralentit.
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La dynamique de croissance se stabilise à un haut niveau en zone Euro

L’activité de la zone Euro, mesurée par l’enquête Markit de février, se stabilise à un niveau élevé. Sa dynamique de croissance n’est pas remise en cause.
On voit sur le premier graphe qu’en dépit du repli de l’indice synthétique, le niveau reste consistent avec une progression rapide du PIB de l’ordre de 0.8% (3.2% en taux annualisé) au premier trimestre 2018 soit une hausse de +0.2% par rapport au dernier trimestre de 2017.
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Pour la zone Euro et l’Allemagne, le niveau moyen des deux premiers mois de 2018 est encore supérieur à la moyenne du dernier trimestre 2017. Pour la France le chiffre est légèrement plus réduit mais cela est marginal. Le décollage de l’année 2017 a été exceptionnel et la situation se stabilise. C’est plutôt sain. Lire la suite

France – Croissance de 1.9% en 2017

Belle allure de la croissance en France pour 2017. L’activité a progressé en moyenne de 1.9% (1.1% en 2016). La demande interne explique cette hausse (contribution de 1.9%) la demande externe a été un frein (contribution à -04%) et les stocks ont eu une contribution de +0.4%.

L’acquis de croissance du #PIB en #France pour 2018 à la fin de 2017 est de 0.9% contre seulement 0.4% pour 2017 à la fin de 2016. La croissance en 2018 sera au moins comparable à celle de 2017 (1.9%).
Sur le graphe on observe qu’il n’y a pas de dynamique de rattrapage. La croissance tendancielle à 1.2% depuis 2013 est bien inférieure à celle observée avant la crise de 2008. L’écart entre le niveau actuel du PIB (au T4 2017) et la tendance observée avant cette crise (mais prolongée jusqu’à la fin 2017) est de 8%. La crise a coûté 8% de PIB. La croissance tendancielle actuelle ne permet pas d’anticiper un rattrapage.   Lire la suite

Non en 2018 le PIB de la zone Euro ne rattrapera pas le niveau qui aurait été le sien sans la crise

Ce matin en buvant mon thé j’ai failli m’étouffer. Dommage c’était un excellent lapsang souchong. Je lisais dans un journal qu’avec la croissance attendue en 2018 (2.1%) le niveau du PIB de la zone Euro retrouverait le niveau qui aurait été le sien s’il n’y avait pas eu de crise.
C’est un non sens.
J’ai fait un calcul simple: sur la période du premier trimestre 2000 au premier trimestre 2008 la croissance annuelle moyenne de la zone Euro a été de 1.9% en tendance. Du 2ème trimestre 2009 (point bas de la récession) jusqu’au 3ème trimestre 2017, la croissance annuelle moyenne mesurée en tendance est de 1% et elle est de 1.3% si on calcule exactement du T2 2009 au T3 2017.
Comment peut il y avoir rattrapage si sur la seconde partie le taux de croissance est plus faible que durant la première?
On peut l’illustrer par un graphe qui montre le PIB depuis 2000 et la tendance calculée sur la période allant de 2000 au premier trimestre 2008 puis prolongée jus’au dernier trimestre disponible. Le dernier point de cette tendance (en rouge sur le graphe)  est le niveau du PIB de la zone Euro qui prévaudrait aujourd’hui si celui ci avait suivi la tendance observée avant la crise. L’écart avec le PIB (en violet) est considérable à la fin 2017. Même si l’on ajoute 2.1% en 2018 l’écart restera conséquent puisque la tendance continue de croître au rythme de 1.9%.
L’écart mesurée en % entre le PIB observé et la tendance est de -10.9% au troisième trimestre 2017. C’est considérable.
On lit des trucs parfois qui laissent rêveur.
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Zone Euro – La croissance s’accélère encore

Les enquêtes menées en novembre au sein de la zone Euro, en France et en Allemagne indiquent une nouvelle accélération de l’activité dans tous les secteurs notamment le secteur manufacturier, ce qui suggère une hausse des échanges internationaux. Ces enquêtes montrent aussi une progression rapide de l’emploi mais sans pressions nominales excessives. 
Cela ne permet pas de clôre les discussions au sein de la BCE. On perçoit plusieurs courants au sein de l’institution monétaire. Ceux qui pensent que l’inflation ne va pas décoller très vite en dépit d’une croissance robuste (Draghi, Praet) et qui n’excluent pas de continuer le QE après septembre prochain, ceux qui pensent que l’inflation va se caler rapidement sur une trajectoire compatible avec les objectifs de la BCE en raison de l’accélération de la croissance (Coeuré). Dans ce cas les achats pourraient s’arrêter en septembre prochain. Il existe une troisième voie qui pense qu’il faudrai arrêter en décembre prochain.
Les enquêtes du jour ne permettent pas encore de trancher même si la croissance apparaît  désormais plus forte qu’anticipée. Restons donc sur la voie tracée par Draghi.
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