France – La croissance résiste malgré une demande privée qui stagne.

La croissance du PIB en France a été de 0.3% au dernier trimestre de 2018. C’est un chiffre équivalent à celui de l’été. L’allure du PIB français, au regard de ce chiffre, ne semble pas avoir été affectée par les troubles sociaux. Dans le détail c’est moins vrai, la demande interne privée a stagné au dernier trimestre, probablement une conséquence de ces incertitudes sociales. Le consommateur n’a pas eu accès aux commerces comme il le souhaitait et les entreprises ont eu la tentation de repousser dans le temps leurs investissements.
Sur l’ensemble de l’année la croissance s’est établie à 1.5% après 2.3% en 2017. La fin de 2017 peut être caractérisée comme le point haut du cycle de l’économie française c’est à dire une position qui n’est pas tenable dans la durée car génératrice de tensions et de déséquilibres. Il n’est donc pas surprenant de voir la croissance ralentir.
On notera qu’entre le dernier trimestre 2017 et le dernier de 2018, la croissance n’a été que de 0.9%, un chiffre finalement très faible. Ce se reflète dans la rupture constatée dans la courbe du PIB sur le graphe.

L’acquis de croissance à la fin 2018 pour 2019 n’est que de 0.4%, il était de 1% à la fin 2017. Le point de départ de 2018 est beaucoup plus bas qu’en 2017. Cela implique qu’avec une croissance de 0.3% en moyenne par trimestre, dans le prolongement du dernier trimestre 2018, l’activité progresserait en moyenne de 1.1% en 2019. On serait ainsi loin des attentes du gouvernement à 1.7% dans la Loi de Finance. Pour y arriver il faudrait une croissance moyenne, par trimestre, de 0.55%. Cela parait excessif.
A court terme, la consommation va progresser en réponse aux mesures annoncées par Emmanuel Macron sur le pouvoir d’achat. Cependant du côté des entreprises, l’incertitude sociale devrait inciter à ne pas accélérer l’investissement. Enfin, le commerce mondial ralentit rapidement. Cela devrait pénaliser les exportations françaises contrairement à ce que l’on a observé au dernier trimestre.

La croissance française dans la tourmente

La hausse du PIB a été révisée à la baisse au 3ème trimestre à 0.3% (contre 0.4%). Dès lors la croissance pour l’ensemble de l’année sera de 1.5%. L’objectif du gouvernement à 1.7% n’est plus atteignable.
Pour 2019, l’acquis en fin d’année sera un peu inférieur à 1% et en reprenant le scénario de l’INSEE, tel que présenté dans sa note de conjoncture publiée en début de semaine alors la croissance sera de 1.2%.
Cela veut dire que le déficit public en 2019 sera bien plus élevé que celui qui vient d’être adopté par la loi de finances et qui table sur une croissance de 1.7%. Il était initialement de 2.8%, il atteindra probablement 3.5%.

En dépit de l’accord avec la Commission, la question italienne n’est pas réglée

La situation italienne est au sommet du ridicule. La Commission Européenne vient d’accepter les options prises par le gouvernement italien. Le drame qui se tramait n’en est donc pas un puisque la Commission qui devait annoncer une procédure pour déficit excessif ne le fera pas. Elle avait tout le loisir de le faire compte tenu du niveau de la dette publique.
La Commission a montré ici son incapacité à intervenir pour faire respecter les règles face à un gouvernement qui ne veut rien lâcher. Sa crédibilité est franchement écornée parce que la seule question qui compte en Italie, qui est celle de la croissance, n’est pas résolue du tout.