Les chiffres à venir. Semaine du 12 au 18 août

=> La récente volatilité des marchés financiers, vue à travers la baisse des taux d’intérêt, est la conséquence des attentes pessimistes concernant la croissance mondiale après les annonces de la Maison-Blanche.
La semaine prochaine, des données sur les ventes au détail seront disponibles aux États-Unis (15), en Chine (14) et au Royaume-Uni (15). Ces données montreront la robustesse de la demande intérieure. Si ces données sont solides aux États-Unis et en Chine, l’arbitrage financier récent pourrait être modifié en faveur d’actifs risqués

=> La croissance du PIB en Allemagne sera, dans la zone euro, l’indicateur le plus important de la semaine (14). L’indice de la production industrielle a fortement chuté au deuxième trimestre (-7,5% en rythme annuel), ce qui est cohérent avec une croissance négative (probablement plus que le consensus à -0,1%).
L’enquête ZEW du 13 août mettra en évidence la durée de cette baisse

=> Les chiffres de l’emploi dans la zone euro et les détails du PIB seront publiés le 14 août. Les chiffres de l’emploi seront importants car le taux de chômage est bas maintenant (7,5% en juin) et la dynamique économique est plus faible.

Le document complet est disponible en anglais
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Comprendre le changement d’orientation de la politique monétaire de la BCE

J’ai déjà commenté ici le changement d’orientation de la politique de la BCE décidé lors de la réunion du comité de politique monétaire du 14 juin. On peut y trouver les raisons économiques et les raisons techniques à cette inflexion. Pour moi cependant, le véritable objectif de la BCE est de pouvoir disposer d’une demande interne privée suffisamment robuste pour être un vrai support à la croissance européenne.
Le graphe ci dessous représente cette demande interne hors dépenses du gouvernement et hors stocks. On constate une progression quasi linéaire avant la crise au rythme de 1.9% puis une longue période de décroissance sous la pression des politiques budgétaires d’austérité et d’une politique monétaire pour le moins maladroite. Puis enfin à partir de 2013 et un policy mix plus favorable une reprise de la croissance de cette demande privée au rythme tendanciel de 2.1%. Lire la suite

Croissance soutenue en zone Euro depuis le début de l’année

La croissance s’accélère en zone Euro. Les données publiées ce 16 août confirment celles déjà disponibles lors de l’estimation avancée. Le PIB a progressé de 2.5% en taux annualisé après 2% au premier trimestre et 2.4% lors des trois derniers mois de 2016. Sur un an l’activité a progressé de 2.15% et l’acquis pour 2017, à la fin du deuxième trimestre, est déjà de 1.7% (si la croissance du PIB est nulle durant les deux derniers trimestres de 2017 alors la croissance moyenne sur l’année sera la même qu’en 2016.) Le graphe montre bien l’accélération observée depuis 3 trimestres.
Au regard des enquêtes menées auprès des chefs d’entreprise, la croissance sera supérieure à 2% en 2017 (2.1% pour Natixis AM) Lire la suite

Royaume Uni – Faible demande interne, hausse des taux: la probabilité de récession s’accroît 

J’ai publié hier un post sur le Royaume Uni sur la version anglaise de mon blog. 
Il s’interroge sur la compatibilité de 4 éléments 

1- l’impact négatif qu’aura le Brexit sur le commerce extérieur britannique

2- la volonté de la Banque d’Angleterre de relever ses taux d’intérêt dans un futur proche

3- la situation dégradée des ménages pour lesquels le maintien de la consommation est passé par un effondrement du taux d’épargne (au plus bas depuis le début de la série en 1963) et par un recours au crédit alors que le pouvoir d’achat du revenu disponible baissait 

4- une production (production par heure de travail) qui ne s’améliore pas

Remonter les taux d’intérêt dans ces conditions c’est prendre le risque d’accroître fortement la probabilité de récession 

Le post est disponible ici

Qu’attendre de la politique monétaire de la BCE?

C’est la question que l’on peut se poser au lendemain de la conférence de presse de Mario Draghi à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire.

Le président de la BCE a clairement insisté pour convaincre son auditoire et l’ensemble des investisseurs qu’il n’était pas question pour l’instant de modifier la façon de faire de la banque centrale même si celle-ci a amendé la façon dont elle encadrait son action. Dans le communiqué de presse, la mention d’une possible baisse des taux d’intérêt a été gommée. Ce n’est pas cependant suffisant pour indiquer l’annonce d’un changement de politique selon Mario Draghi. La BCE n’est pas près et pas prête à changer de politique.

L’inflation insuffisante, toujours très éloignée de la cible de 2% définie par la BCE, est le principal facteur de cette stabilité. Le président de la BCE a encore insisté pour indiquer que la volatilité de l’inflation ne reflétait que celle du prix du pétrole. Les autres composantes sont beaucoup plus stables et ne progressent en moyenne que d’un peu moins de 1% par an depuis 3 ans. C’est peu et toujours inférieur à la cible. Dès lors la BCE n’a pas de raison de hâter un changement de politique. Lire la suite