Le monde a changé pour les émergents. 

La dynamique émergente est en train de changer de façon dramatique. Jusqu’à la mi avril, ils avaient le sentiment d’avoir une monnaie forte et c’était une aubaine. Leurs taux d’intérêt plus élevés dans un contexte de dollar faible permettaient d’attirer des capitaux puisque le spread était rémunérateur. Le jeu était d’un seul côté: on pouvait gagner à tous les coups. Ce n’est plus le cas désormais car les règles sont bouleversées.
Lire la suite

Pétrole, dollar, salaire et chômage aux USA – Ma chronique du lundi

Le pétrole s’échappe à la hausse, un peu en dessous de 75 dollars le baril. Le billet vert s’apprécie à nouveau. Il est maintenant à moins de 1.2 contre euro et son taux de change effectif s’apprécie rapidement créant de l’incertitude sur les marchés et notamment sur les marchés émergents.
Pendant ce temps, les salaires ne progressent toujours pas aux USA malgré un taux de chômage passé sous le seuil de 4% pour la première fois depuis décembre 2000. A l’époque le taux de salaire de référence progressait de 3.8%, sa hausse n’est que de 2.6% en avril 2018.
Lire la suite

Quelle valeur pour le dollar? Taux de chômage en France – Ma chronique du lundi

La relance budgétaire considérable observée aux USA, via la hausse des dépenses (1% du PIB en 2018 et 2019) et la baisse de la fiscalité, doit être perçue comme un choc à l’échelle internationale. L’homogénéité des politiques économiques constatée dans les pays développés et à la source de la reprise de la croissance observée depuis 2017 est désormais un vieux souvenir.

La politique budgétaire menée aux USA va nécessairement provoquer un ajustement entre les blocs économiques et notamment entre les Etats-Unis et la zone Euro. Cela passera forcément par le taux de change. Jusqu’à présent, la monnaie américaine a tendance à se déprécier que l’on regarde le taux de change effectif (nominal ou réel) ou que l’on regarde la parité entre le billet vert et l’euro.
La question qui est posée est celle de l’orientation de la monnaie américaine au cours des prochains mois. Le billet vert va-t-il s’apprécier ou doit-il inexorablement se déprécier en raison des déséquilibres provoqués par la politique de la Maison Blanche et du Congrès.

Depuis 2007, il y a une cohérence d’évolution entre les anticipations des politiques monétaires américaine et de la zone Euro et la parité euro contre dollar. L’attente d’une politique monétaire plus restrictive aux USA s’est traduite tout au long de ces années par une appréciation du billet vert. C’est ce que montre le graphe. On voit cependant que depuis l’automne 2017 il y a une forte divergence entre les deux indicateurs. Le taux de change est à 1.24 alors que les anticipations des politiques monétaires le fixeraient davantage vers la parité.
C’est ce point qu’il convient de comprendre alors que les politiques économiques changent aux USA.
Dollar-euro-taux-19fevrier2018

On pourrait ici se référer à la période du début des années 80 lorsque le billet vert s’était fortement apprécié sous l’effet de taux d’intérêt réels bien plus élevés aux Etats-Unis que dans le reste des pays développés. Cela avait traduit alors l’impact de la politique très restrictive de Paul Volcker à la tête de la Fed au tout début des années 80 puis par la suite aux effets de la politique budgétaire très expansionniste de Ronald Reagan dont la conséquence avait été de dégradée durablement le solde budgétaire et celui de la balance courante. Lire la suite

La politique de la Fed est déjà restrictive

Verbatim de ma chronique du jour

La Fed a-t-elle déjà durci sa politique monétaire ? Probablement avec la hausse du billet vert qu’elle n’a pas découragée. Dès lors, la discussion sur la remontée de son taux de référence est un peu vaine.
La situation monétaire aux Etats-Unis a déjà changé radicalement depuis le début de l’été 2014. Le taux de change du dollar contre les monnaies de ses principaux partenaires commerciaux s’est apprécié de plus de 15% depuis cette période et est au plus haut depuis 2004. Ce changement dans l’orientation de la monnaie américaine a d’ailleurs été souligné par les entreprises qui ont indiqué que leurs résultats avaient été affectés par la force de la monnaie américaine.
La stratégie monétaire de la Fed est devenue plus restrictive sans modifier le niveau de ses taux d’intérêt de référence.
US-Dollar-23janvier2015L’économie américaine dont la dynamique de croissance s’est renforcée depuis le printemps 2014 a été un facteur d’appréciation du dollar. Dans le même temps la gestion attentive de la politique monétaire s’est traduite d’abord par une réduction relative de la liquidité avec la fin du QE effective en octobre mais annoncée de longue date et par le suspens quant à une possible remontée des taux d’intérêt. On l’observe via le vocabulaire utilisé par la Fed dans ses communiqués de presse.

Cet attrait pour la monnaie américaine risque de durer puisque la croissance globale reste sur une tendance médiocre comme le soulignait la révision à la baisse de la croissance mondiale par le FMI il y a quelques jours.
D’ailleurs serait il souhaitable de voir la Fed remonter ses taux d’intérêt alors que la tendance générale est à l’assouplissement des politiques monétaires. Ces dernières semaines les orientations prises en Egypte, en Inde, en Roumanie, au Pérou, au Canada, au Danemark, au Pakistan, à Singapour, en Turquie et en zone Euro vont dans le sens d’un assouplissement monétaire. L’Australie et probablement la Corée vont suivre.
Cela traduit à la fois une interrogation sur la croissance et une réduction observée de l’inflation.
Dès lors, si l’objectif de la Fed est de contraindre un peu l’économie américaine, la hausse du taux de change du dollar peut suffire. Une remontée de son taux d’intérêt de référence pourrait simplement accentuer les flux de capitaux vers les Etats-Unis et finalement pénaliser le reste du monde, notamment les pays émergents.

Les USA ne sont pas isolés et une dégradation supplémentaire de l’activité dans le reste du monde serait pénalisante pour eux. Cela implique qu’il n’y a pas d’urgence pour la Fed à remonter ses taux. L’appréciation de la monnaie devrait suffire pour limiter le risque d’inflation et peser sur la dynamique des entreprises si cela est nécessaire. Dès lors la probabilité d’une remontée des taux US en 2015 apparait nettement plus réduite et repousse l’échéance sur 2016. Mais même à cette échéance on peut se poser la question : l’endettement des acteurs non financiers de l’économie globale n’a jamais été aussi élevé, principalement sous l’influence des pays industrialisés, est il possible d’imaginer dans ses conditions la mise en œuvre de politiques monétaires durablement restrictives avec des taux d’intérêt plus élevés ? Probablement pas si l’objectif reste la croissance