Sanctions américaines: les entreprises européennes sont contraintes

Les sanctions annoncées par Donald Trump et relatives à l’Iran sont un vrai casse-tête pour les entreprises européennes qui s’étaient redéveloppées dans le pays depuis l’accord de juillet 2015.

De ce point de vue il faut distinguer un éventuel accord politique, portant sur la question nucléaire, entre l’Iran et les autres signataires de l’accord de 2015 à l’exception des Etats-Unis et la question des sanctions économiques. Selon celles ci l’Iran serait fortement contraint dans son développement économique puisque les entreprises étrangères travaillant avec l’Iran seront susceptibles de sanctions importantes de la part des américains. Avant 2015 on a vu l’importance des sanctions contre les banques qui contournaient les sanctions. D’ailleurs, peu rassurées parce que l’accord ne leur paraissait pas pérenne de nombreuses banques sont restées en dehors de l’Iran même après l’accord de juillet 2015. Lire la suite

Le prix du pétrole au dessus de 75 dollars

La décision de la Maison Blanche de sortir de l’accord avec l’Iran nous oblige à prévoir un prix du pétrole durablement au-dessus de 75 dollars le baril. Il est ce matin à près de 77 dollars comme le montre le graphe ci-dessous.
L’Iran représente près de 10% de la production de l’OPEP et 3.9% de la production mondiale. C’est aussi plus de 9% des réserves mondiales. Les mesures prises par Donald Trump vont limiter la capacité de l’Iran d’avoir accès aux technologies les plus productives sur le pétrole. Or c’est un secteur où l’innovation va bon train et où la nécessité d’investir est forte. A court terme, je n’imagine pas de stratégie dans laquelle l’Europe, très impliquée en Iran, puisse adopter une stratégie de rapport de force avec les USA. Les entreprises européennes devront s’adapter aux contraintes et aux sanctions américaines.  Lire la suite

Les économistes ruent dans les brancards

Les économistes américains se mobilisent contre les mesures protectionnistes de Donald Trump. L’interdépendance des pays développés et émergents mais aussi la dépendance au commerce mondial sont aujourd’hui trop importantes pour prendre le risque d’en modifier brutalement les règles. Au regard du climat politique peu coopératif, on ne peut pas exclure des représailles et une escalade qui serait très pénalisante pour la croissance, l’emploi et le niveau de vie. Les expériences du passé doivent forcément nous aider à réfléchir.

« Over a thousand economists have written to Donald Trump warning his “economic protectionism” and tough rhetoric on trade threatens to repeat the mistakes the US made in the 1930s, mistakes that plunged the world into the Great Depression.

The 1,140 economists, including 14 Nobel prize winners, sent the letter on Thursday amid an escalating row over trade between the US and the European Union. Trump has imposed tariffs on steel and aluminium imports but has granted temporary reprieves to the EU, Australia and other countries.

“In 1930, 1,028 economists urged Congress to reject the protectionist Smoot-Hawley Tariff Act,” the authors write, citing a trade act that many economists argue was one of the triggers for the Great Depression…. »

lire la suite ici dans le Guardian

La hausse du déficit public US m’inquiète

Quand nos petits-enfants étudieront l’économie, devront ils systématiquement mettre une variable muette dans leurs équations économétriques pour la période de la présidence Trump* ? En d’autres termes, l’économie américaine entre-t-elle dans un cadre hors norme sous l’impulsion des décisions de Trump et du Congrès ? C’est la question à se poser au regard des mesures prises sur la baisse d’impôts et la hausse des dépenses et de leurs conséquences sur le déficit public abyssal des Etats-Unis .

L’allure des finances publiques est effectivement la plus problématique des questions. L’accroissement du déficit public dans la durée laisserait à penser que l’économie traverse une récession profonde. Ce n’est pas le cas loin de là puisque Janet Yellen l’a conduite au plein emploi (voir ici l’analyse de Jason Furman). La relance de l’activité par la Maison Blanche et le Congrès pose ainsi une vraie interrogation sur la rationalité d’une telle politique. On ne relance pas l’économie lorsqu’elle est au plein emploi sous peine d’engendrer d’importants déséquilibres dans la durée. C’est pénalisant pour tous. Lire la suite

Davos, Trump, Chine et croissance française – Ma chronique du lundi

L’équilibre mondial change sous l’impulsion des chinois qui veulent établir des ramifications différentes dans la globalisation. L’Amérique tente de réagir à Davos et la Maison Blanche s’aperçoit que l’Amérique a besoin de ses partenaires pour retrouver de la puissance. La croissance française bute sur des contraintes physiques. Le rythme de 2% est un pic à court terme au moins. 

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Situation étonnante à Davos la semaine dernière puisque le président américain a fait machine arrière sur le commerce mondial et sur son modèle de l’économie global. Lire la suite

Shutdown et prix du pétrole – Ma chronique du lundi

La paralysie partielle de l’administration américaine (shutdown) est une première dans l’histoire américaine. C’est effectivement la première fois qu’une telle procédure est en marche lorsque la Maison Blanche et le Congrès ont la même orientation politique. En 2013, lors de la présidence de Barack Obama, ce n’était pas le cas puisque le Congrès n’était pas démocrate. Le président Jimmy Carter, à la fin des années 70, avait eu des soucis dans le financement de son budget avec sa majorité démocrate mais sans fermeture de l’administration.

Cette incapacité à s’entendre entre le président Trump et le Congrès est la marque de fabrique de la première année de la présidence républicaine. Lire la suite