BCE, Inflation, Fed et Emploi en France – Ma chronique du lundi

Le taux d’inflation à 1.1% en février ne ravive pas les anticipations d’un changement rapide et brutal de la politique monétaire de la BCE. Mario Draghi et Peter Praet dans des interventions en fin de semaine dernière ne montraient d’ailleurs aucun empressement à mettre en œuvre un tel bouleversement.
La BCE a calé sa stratégie monétaire sur l’atteinte d’un profil d’inflation compatible avec ce qu’elle souhaite à moyen terme. Le chiffre de 1.1% ne va pas dans ce sens.
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Zone Euro – La croissance s’accélère encore

Les enquêtes menées en novembre au sein de la zone Euro, en France et en Allemagne indiquent une nouvelle accélération de l’activité dans tous les secteurs notamment le secteur manufacturier, ce qui suggère une hausse des échanges internationaux. Ces enquêtes montrent aussi une progression rapide de l’emploi mais sans pressions nominales excessives. 
Cela ne permet pas de clôre les discussions au sein de la BCE. On perçoit plusieurs courants au sein de l’institution monétaire. Ceux qui pensent que l’inflation ne va pas décoller très vite en dépit d’une croissance robuste (Draghi, Praet) et qui n’excluent pas de continuer le QE après septembre prochain, ceux qui pensent que l’inflation va se caler rapidement sur une trajectoire compatible avec les objectifs de la BCE en raison de l’accélération de la croissance (Coeuré). Dans ce cas les achats pourraient s’arrêter en septembre prochain. Il existe une troisième voie qui pense qu’il faudrai arrêter en décembre prochain.
Les enquêtes du jour ne permettent pas encore de trancher même si la croissance apparaît  désormais plus forte qu’anticipée. Restons donc sur la voie tracée par Draghi.
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L’économie française en 6 graphes

La croissance française est repartie à la hausse depuis le début de l’année 2013. En 2011 et 2012, elle avait fait du sur-place, reflet des politiques d’austérité tant sur le plan budgétaire que monétaire (2 hausses de taux d’intérêt en avril et juillet 2011 pour une inflation fantôme).
La France est dans une phase de rattrapage sur l’emploi et l’investissement. L’emploi privé ne reprend cependant qu’en 2015. L’investissement insuffisant par le passé pénalise la croissance actuelle.

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La raison de cette reprise est la mise en place de politiques économiques accommodantes (neutre sur le plan fiscal et franchement accommodante sur le plan monétaire), d’un prix du pétrole divisé par 2 depuis l’été 2014 et d’un euro moins cher.
Ces éléments appliqués à la zone Euro ont créé un environnement favorable à l’économie française. Ce phénomène a été accentué depuis le début 2017 par une reprise du commerce mondial.

La croissance française est cependant en ralentissement tendanciel comme le montre le profil de la croissance potentielle de l’économie française. D’un peu plus de 2% dans les années 80 et 90, elle n’est plus que de 1.2% selon les estimations convergentes de nombreux instituts. (ce profil de la croissance potentiel n’est pas spécifique à la France. Les autres pays ont une allure similaire (voir le graphe en annexe))

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La croissance récente s’est accélérée mais elle est déjà bien au-dessus du potentiel. Cela implique qu’à court terme la possibilité d’une accélération de l’expansion est réduite même si l’écart peut se maintenir. Une demande supplémentaire se traduirait par des tensions excessives sur l’appareil productif et des importations en plus. Il y a quelques trimestres, dépenser davantage du côté de l’Etat, avait du sens. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

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