Les chiffres à venir. Semaine du 19 au 25 août

> Les discussions sur la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ont été le principal facteur de volatilité des marchés financiers la semaine dernière. Cela se poursuivra puisque la Chine est prête pour des représailles.
C’est ainsi que nous devons interpréter les récents changements apportés aux mesures de la Maison Blanche. D.Trump a reporté les nouveaux tarifs au 15 décembre. On disait que cela atténuait les cadeaux de Noël, mais c’était plus probablement les conséquences des discussions qui ont eu lieu entre les deux pays.
Après le 15 décembre, 96,8% des exportations chinoises vers les États-Unis seront soumises à des droits de douane spécifiques. C’est un changement terrible par rapport aux 5,3% observés en 2013. La situation entre les deux pays et l’annonce par la Chine de représailles sont une source de préoccupation qui explique les taux d’intérêt de plus en plus bas. Le risque est de plonger dans une récession mondiale.
Après le débat sur le commerce, le taux d’intérêt ont chuté et la question est d’anticiper le niveau, en territoire négatif, vers lequel ils pourront converger dans la zone euro.

> L’impact de cette guerre commerciale est déjà perceptible dans les chiffres d’exportation du Japon. En termes réels, les exportations ont déjà diminué de plus de 2% en glissement annuel. Le chiffre de juillet (19 août) confirmera probablement cette tendance impliquant de nouveaux risques pour la croissance japonaise.

> Les indices Markit du mois d’août seront publiés le 22 août sous forme d’estimations rapides pour le Japon, la Zone euro, l’Allemagne, la France et les États-Unis. Nous examinerons attentivement le secteur manufacturier où l’indice mondial (qui ne sera pas publié jeudi prochain) se trouve déjà dans la zone de contraction et où tous les indices des grands pays développés sont proches ou inférieurs au seuil des 50.

> Au Royaume-Uni, l’enquête CBI sur les nouvelles commandes pourrait confirmer le risque d’une profonde récession (20 août). La chute récente de cet indice est déjà impressionnante, les stocks accumulés pour le Brexit limitant la possibilité d’une demande supplémentaire.

> Le dernier point à examiner sera le marché immobilier américain. Le chiffre des ventes de maisons existantes sera publié le 21 août. Cette donnée est importante car elle provoque un effet de richesse pour les ménages américains. Les chiffres récents ne montrent aucune amélioration, même avec des taux hypothécaires plus bas. Les ventes de maisons neuves seront publiées le 23 août.

> 19 août Publication finale de l’inflation pour juillet dans la zone euro. 21 août, confiance des consommateurs allemands pour août et inflation pour le Japon le 23 août.

Le document complet en anglais est disponible ici
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3 points sur la dynamique cyclique en Asie et en zone Euro au mois de juin

Le premier point est le ralentissement rapide de l’activité manufacturière en Asie. Celle-ci se contracte dans les 4 grands pays que sont la Chine, le Japon, la Corée du sud et Taiwan.
Le mouvement est encore plus rapide pour les pays qui sont plus dépendants de la Chine pour l’assemblage des produits. C’est le cas de Taiwan et de la Corée.
Ce choc négatif est une conséquence des mesures prises par Trump sur les échanges et cela pèse très lourdement sur l’Asie en générale et la Chine en particulier. Le report des sanctions prévues sur les importations américaines en provenance de Chine qui devaient être effectives le 2 juillet est une bonne chose. Ceci étant si la reprise du dialogue sino-américain permet d’éviter le pire, rien ne semble régler sur le fond et les incertitudes vont demeurer.
(au regard de l’indice du Vietnam, êtes vous surpris de l’intérêt récent de l’administration américaine ? L’activité chinoise s’y est déplacée)

Au regard des indicateurs d’activité et de nouvelles commandes à l’exportations, le commerce mondial va continuer de ralentir au cours des prochains mois puisque l’Asie a été la région la plus touchée par les mesures américaines.

La dynamique de la zone Euro ralentit vite. L’estimation avancée publiée la semaine dernière pour la zone Euro a été révisée à la baisse. Dans l’estimation flash il montrait toujours une contraction à 47.8 mais en légère amélioration par rapport à mai (47.7). La version définitive s’inscrit à 46.6. L’activité se dégrade un peu par rapport au chiffre de mai. Le repli de l’activité est plus rapide.
A la contraction de l’activité déjà observée en Allemagne s’ajoutent désormais celles de l’Espagne et de l’Italie. L’indice espagnol plonge à 47.9 et celui de l’Italie à 48.4. L’indice français, bien que révisé à la baisse de 52 dans l’estimation avancée à 51.9, s’améliore par rapport aux évolutions du printemps (voir ici).
Trois des quatre grands pays de la zone Euro ont une activité manufacturière qui se contracte rapidement. Faudra-t-il réviser les prévisions de croissance à la baisse ?

Concernant la dynamique des échanges extérieurs, on constate que le profil est le même que celui des indices synthétiques. L’Allemagne tire l’ensemble vers le bas et l’Italie et l’Espagne contribuent désormais fortement à la contraction des commandes.

La situation allemande va continuer de se dégrader. La dynamique du commerce mondial ne va pas s’inverser rapidement ce qui pénalisera encore le secteur manufacturier. Mais en plus le ralentissement du cycle, mesuré ici par l’indice IFO) va se traduire par un ralentissement sur le marché du travail. La dynamique de l’emploi va ralentir et cette inflexion sera d’autant plus importante que le caractère baissier du cycle s’allongera.
En conséquence, la demande interne de l’économie allemande sera moins vive et pourrait inciter le gouvernement a une politique plus souple afin de compenser les effets négatifs de l’environnement international. Ne doutons pas alors que tous les pays de la zone en profiteraient. Le risque est qu’il faille aller vraiment dans la partie négative du cycle pour que les allemands réagissent. En outre, même si la BCE est active, comme l’a suggéré Draghi la semaine dernière, cela ne sera pas suffisant pour inverser la tendance.

La dynamique d’activité se renforce en France

Net rebond de l’activité dans le secteur manufacturier en #France contrairement à la zone #Euro et à l’#Allemagne.Serait-ce un effet de la politique économique spécifique à la France (relèvement de la prime d’activité, prime défiscalisée,..) visant à soutenir la demande interne alors qu’un choc externe pénalise l’activité? On ne peut l’exclure

C’est le rôle de la politique économique que de mettre en oeuvre des mesures visant à contrecarrer et amortir les chocs négatifs externes. Les mesures annoncées par Macron en décembre ont alimenté le pouvoir d’achat et soutenu la demande interne afin d’amortir le choc extérieur (net ralentissement du commerce mondial depuis l’automne). L’objectif n’est pas de relancer la croissance mais de la stabiliser et de l’immuniser face au risque externe. Cela semble fonctionner/

Les chiffres à venir. Semaine du 17 au 24 juin

Les principaux points

  • La réunion de la Fed le 19. Pas d’attente de baisse immi e te des taux. Les données macro et l’inflation n’envoient pas d’alertes susceptible de forcer la main de la Fed
  • Le marché immobilier avec les mises en chantier le 18 et surtout la revente de maisons (21). Ce dernier indicateur reflète une sorte d’effet de richesse dont l’allure est cohérente avec la consommation des ménages. La tendance baissière des derniers mois plaident pour un ralentissement supplémentaire des dépenses au risque de peser sur le profil du PIB.
  • Les enquêtes Markit (estimations avancées pour le japon la zone euro, l’Allemagne, la France et les USA). Les indicateurs récents dans le secteur manufacturier ont été médiocres avec une forte inflexion baissière aux USA. Sera ce confirmé en Juin? On regardera aussi les commandes à l’export afin d’anticiper le profil du commerce mondial.

Le document est disponible en anglais ici

4 graphes sur la conjoncture globale


La publication des enquêtes Markit dans le secteur manufacturier permet de disposer d’une lecture précise de l’activité globale du secteur, de l’allure du commerce mondial et des attentes que l’on peut avoir sur l’économie. Ce secteur manufacturier, lorsqu’il a une trajectoire haussière, est toujours une source d’impulsion et d’amélioration de la dynamique de croissance. C’est hélas moins le cas au cours des derniers mois.

L’indicateur mondial de l’enquête Markit indique toujours que le secteur manufacturier est en expansion mais à un rythme qui ralentit mois après mois depuis le pic de décembre 2017. Cela devrait se traduire par un ralentissement supplémentaire du commerce mondial comme le suggère le graphe liant l’indice Markit et la variation sur un an du commerce mondial.
Ce qu’il faut avoir à l’esprit à la lecture de ce graphe est qu’il ne faut plus attendre d’impulsion en provenance du commerce mondial. Nous ne sommes plus en 2017 et les chocs successifs provoqués par Donald Trump sur les tarifs douaniers ne permettent pas d’imaginer un retournement à la hausse. Lire la suite

Zone Euro – L’activité se cale sur une trajectoire plus soutenable à moyen terme

Ajustement à la baisse des indices synthétiques dans l’enquête Markit pour la zone Euro, la France et l’Allemagne.
Pour la zone Euro, cela traduit principalement un ajustement après une progression trop vive dans la seconde partie de l’année 2017. Ce rythme n’était pas soutenable et les chiffres des premiers mois de 2018 traduisent cet ajustement, non linéaire, vers une allure plus stable et plus soutenable à moyen terme. Il est probable que la croissance tendancielle est autour de 0.4-0.5% par trimestre. Il faut s’ajuster sur ce niveau. Le profil de l’enquête Markit traduit ce mouvement.

D’une manière générale, avec la très forte accélération de l’activité en 2017 l’activité a buté sur des contraintes physiques. En outre l’absence d’impulsion supplémentaires (après le choc monétaire positif de 2016 et 2017) il n’y a plus non plus de raison d’aller encore plus vite et de pousser plus avant la dynamique de croissance à court terme.
L’objectif maintenant est de créer les conditions pour rester proche de la tendance de 0.4-0.5% par trimestre. Ce doit être l’objet de la politique économique.
Pour la France la question est proche de celle de la zone Euro mais avec une croissance tendancielle plus proche de 0.3-0.4%ze-pmi-pib.png
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