Déficit public en France, Assoupissement Conjoncturel et Vote Italien – Ma chronique du lundi

L’économie française devient elle vertueuse ? Au regard de la baisse du déficit public sous le seuil de 3%, on serait presque tenté de le faire. Avec un chiffre de 2.6% pour l’ensemble de 2017 et 2.1% pour le dernier trimestre de l’année, la tentation est forte effectivement.
Et puis….. en regardant les chiffres et la cohérence des comptes publics avec l’accélération de la croissance en 2017, je suis moins convaincu. L’enthousiasme retombe car le profil du déficit public est parfaitement calé sur celui de la croissance. Et cette croissance a quasiment doublé entre 2016 et 2017 passant de 1.1% à 2%. Il est heureux que les comptes publics se soient améliorés. On voit sur le graphe la très grande cohérence entre le profil du déficit public et l’allure de la croissance réelle avancé de 2 trimestres. Le déficit s’améliore avec la croissance économique et il est toujours difficile de maintenir le cap lorsque la croissance ralentit.
france-croissance et deficit.png
Lire la suite

La politique du chacun pour soi – Ma chronique du lundi

La croissance est revenue mais déjà chaque pays veut jouer sa propre partition. L’unité n’est plus de mise et l’économie mondiale est en train de changer rapidement de route.

Pendant la phase de reprise en 2016 et 2017 la situation globale était relativement stable, sans déséquilibres majeurs. Les banques centrales lâchaient du lest quand cela était nécessaire pour absorber les moindres aspérités. Et cela a plutôt bien fonctionné puisque progressivement l’allure des différentes régions du monde est devenue plus cohérente renforçant ainsi la dynamique de l’expansion et des échanges. Les économistes étaient obligés de réviser systématiquement à la hausse leurs prévisions.

Cette période est achevée. Les comportements ne sont plus coopératifs et encore moins coordonnés. Lire la suite

Six changements majeurs depuis la crise – Ma chronique du lundi

Au premier semestre 2008, l’économie des pays développés connaissait une croissance robuste en dépit des premiers craquements entendus depuis l’été précédent. C’était il y a dix ans. Depuis la dynamique de l’économie mondiale a changé en profondeur modifiant les sources d’impulsion et les modes d’ajustement notamment dans les pays développés.

On pourrait relever de nombreuses différences mais aujourd’hui j’en ai retenu 6 qui me paraissent pertinentes pour comprendre la nouvelle équation de l’économie globale.

1 – Le commerce mondial n’a plus la même allure
Le commerce mondial n’a plus du tout la même allure qu’avant la crise de 2008. Auparavant, il fluctuait assez largement autour d’une tendance estimée à 6.8% par an en volume. Cela créait au sein de chaque économie une source d’impulsion forte et était de ce fait un soutien à la croissance de l’activité. Il y avait une  dynamique vertueuse entre les échanges et l’activité.
Depuis 2011, il fluctue peu et sa tendance est désormais de 2.3%. La rupture de 2011 est à attribuer aux politiques d’austérité notamment celles mises en oeuvre en Europe. Lire la suite

2018 – De fortes anticipations dans un monde qui a changé

J’ai envie de partager avec vous l’optimisme que l’on peut avoir pour 2018. Le commerce mondial est reparti à la hausse, le prix du pétrole est encore raisonnable et partout dans le monde les chefs d’entreprise ont une perception positive de leur environnement. Le point de départ pour 2018 est solide.
La croissance, et l’emploi qui en résultera, permettra à chacun de mieux reprendre pied dans un monde complexe et difficile. Il incombera aux politiques économiques d’être attentives aux réformes à mettre en œuvre afin de créer les conditions d’une reprise plus riche en emplois et susceptible de réduire l’incertitude à l’échelle de chaque citoyen. C’est un des aspects attendus des réformes qui seront discutées en 2018 en France. Les orientations à prendre sur la formation et les compétences qui sont au cœur de la politique du gouvernement seront le complément nécessaire aux ordonnances sur la loi travail pour rendre le marché du travail plus efficace. Lire la suite

La situation allemande crée un risque majeur pour l’Europe

L’Europe est dans une position inconfortable après l’échec dans la mise en place d’un gouvernement de coalition en Allemagne.
Jusqu’à présent, Angela Merkel menait la négociation pour un gouvernement regroupant les deux volets du parti conservateur (CDU et CSU), les libéraux (FDP) et les verts.
Cette négociation a échoué en raison de positions opposées sur l’écologie (ampleur de la réduction de CO2 et comment y parvenir), les flux migratoires (sur le plafond de 200 000 réfugiés par an et sur le regroupement familial), la fiscalité (impôt de solidarité pour continuer le financement de l’Allemagne de l’est et opposition du FDP à un budget européen proposé par Emmanuel Macron) et l’éducation.
Cet échec change la donne en Allemagne car Angela Merkel n’est plus maître du jeu. Elle l’était jusqu’à présent comme leader du principal parti politique pour former un gouvernement. L’incapacité de trouver un terrain d’entente la remet dans le rang et c’est désormais le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, qui est maître du jeu.
Il n’a pas voulu, pour l’instant, trancher pour de nouvelles élections. Deux autres solutions sont possibles, soit une coalition avec le parti social-démocrate (SDP) qui pour l’instant a refusé soit un gouvernement minoritaire qui est souvent gage d’instabilité.

La situation est donc confuse en Allemagne et c’est une mauvaise nouvelle pour l’Europe car les préoccupations vont désormais principalement se tourner sur des questions domestiques et pas sur les réformes européennes que Merkel avait laissé espérer.

L’optimisme européen de ces derniers mois reflète une dynamique plus robuste de l’activité et l’anticipation de réformes des institutions européennes visant à pérenniser sa construction. Lire la suite