La guerre commerciale s’amplifie

Trump veut étendre les sanctions tarifaires à 200 mds d’importations provenant de Chine au lieu de 50. Cela fait suite aux mesures de représailles de la Chine. Seulement la Chine n’importe pas 200 mds des US. Il lui faudra trouver d’autres mesures.

La guerre commerciale prend de l’ampleur et pénalisera forcément la croissance si elle continue.

France, USA, Royaume Uni, Espagne: croissance hétérogène au premier trimestre

Au premier trimestre 2018, la croissance est robuste aux USA et en Espagne, elle s’infléchit en France mais ralentit nettement au Royaume Uni. 
Le premier graphe montre l’évolution depuis 2015 de la croissance par trimestre pour ces 4 pays, la croissance annuelle moyenne pour les 3 premières années ainsi que l’acquis de croissance pour 2018 à la fin du premier trimestre.
La croissance US du premier trimestre est du même ordre que celle de 2017 (2.3% les deux en taux annualisé), Elle ralentit néanmoins par rapport à la fin 2017. L’acquis est de 1.7%.
En Espagne elle est proche des 2 derniers trimestres de 2017. L’acquis est de 1.8%. Après une phase de rattrapage fort et rapide, la dynamique espagnole se modère à un niveau élevé.
Au Royaume Uni, la croissance avait ralenti déjà en 2017, la progression moyenne du PIB de chaque trimestre était inférieure à celles de 2016 et de 2015. Le ralentissement s’accentue au premier trimestre de 2018. L’acquis est faible (0.7%) ce qui conditionnera le chiffre réduit de l’ensemble de l’année. C’est un signal supplémentaire pour la BoE de ne pas changer sa stratégie monétaire en mai (voir ici)
En France, l’activité a ralenti mais après une année 2017 dont la croissance trimestrielle moyenne était bien au delà des capacités de l’économie française sur le long terme. L’acquis est de 1.2%. L’accélération de 2017 a fait le lit du ralentissement de la première partie de 2018 car le rythme n’était pas soutenable. Cela a été observé via le très haut niveau dans l’utilisation des capacités de production et par les difficultés de recrutement. La croissance tendancielle de l’économie française depuis 2013 est de 1.3% et c’est par rapport à cette norme qu’il faut jauger la croissance et non par rapport à 2017 qui était exceptionnel.
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La Fed remonte son taux de référence, d’autres changements à venir .

La Federal Reserve a remonté son taux d’intérêt de 25 points de base. Le corridor passe ainsi de [1.25 – 1.50%] à [1.50 – 1.75%].  Le tableau des anticipations sur les taux de la Fed par les membres du FOMC suggère 3 hausse de taux en 2018, 3 en 2019 et 2 en 2020. Le profil annuel des variations de taux d’intérêt est inchangé. C’est un point de surprise au regard de la hausse de l’activité prévue par ces mêmes membres du FOMC. Lire la suite

L’économie américaine change d’allure et c’est préoccupant – Ma chronique du lundi

L’économie américaine est elle sur une allure susceptible d’engendrer d’importants déséquilibres au risque de dérégler le cycle actuel et de générer une inflexion significative de l’activité?

L’ajustement brutal des marchés boursiers reflète les interrogations des investisseurs sur l’évolution à venir de la macroéconomie globale et de celle des Etats-Unis en particulier. Ils ont d’abord été sensibles au changement de ton de la Federal Reserve quant à l’évolution à venir de l’inflation. Celle-ci convergerait vers la cible de la banque centrale à 2% et s’y maintiendrait durablement. Puis la hausse du taux de salaire a validé cette idée d’une pression nominale même si la mesure de 2.9% au mois de janvier traduit probablement un effet lié à la réduction des heures travaillées en raison des intempéries. Enfin, le changement à la tête de la banque centrale américaine a engendré une incertitude supplémentaire. Janet Yellen avait bien piloté l’économie américaine, Jay Powell aura-t-il le même talent ?

J’ai écrit déjà sur ces questions et un papier qui sera publié sur Forbes.fr précisera mon point quant aux incertitudes liées à l’arrivée de Powell. Cependant, au-delà de ces éléments, de nouvelles interrogations s’ouvrent concernant l’économie américaine.
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Des marchés d’actions qui s’ajustent

Trois éléments pour comprendre l’ajustement des marchés d’actions aux USA.

1 – Des anticipations d’inflation moins neutres

La Fed dans son communiqué de presse mercredi dernier puis le rapport sur l’emploi ont alimenté des anticipations inflationnistes plus marquées.

La Fed en indiquant que l’inflation allait converger vers 2% et s’y maintenir. Le rapport de l’emploi parce que le taux de salaire était en hausse sur un an à 2.9% (plus haut depuis un bon moment)

Avec une croissance qui va s’accélérer à court terme en raison des effets à court terme de la politique fiscale (La Fed d’Atlanta dans son modèle de Nowcasting est à 5.4% en taux annualisé pour le T1 2018) les investisseurs ont perçu la possibilité d’une normalisation plus rapide qu’attendu de la politique monétaire. Lire la suite