Italie – Conte démissionne mais l’imbroglio politique et l’incertitude persistent

La situation italienne devient plus complexe après la démission du premier ministre Guiseppe Conte. Celui ci présentait, au président italien Sergio Mattarella, ces choix pour le gouvernement qu’il devait former.
Dans ce possible gouvernement, Salvini, le patron de la Ligue, disposait du ministère de l’intérieur et Di Maio, le patron du mouvement 5 étoiles, du ministère du travail. Ces points étaient actés. Le point d’achoppement portait sur le ministère des finances où Paolo Savola, très critique sur l’euro et la construction européenne, était pressenti.

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L’Italie encore

L’accalmie italienne après la nomination de Conte aura été de courte durée. Le taux 10 ans repart franchement à la hausse alors que le taux allemand se replie. Le spread s’accroît. L’hypothèse Salvona aux finances ne plaît pas car susceptible de provoquer un risque systémique

Emmanuel Macron: 1 an à l’Elysée – Partie 2 – L’Europe

Les mesures prises par le gouvernement Macron au cours de sa première année sont-elles en phase avec les changements constatés à l’échelle globale ? C’est la question à laquelle doit répondre une interrogation sur la première année du président français car il est trop tôt pour faire un bilan.

Dans la partie une, j’évoquais la nécessité de rendre la croissance plus autonome même dans un monde qui reste globalisé. J’expliquais la nécessité d’améliorer les innovations associées à l’investissement et de rendre le travail plus réactif. Un travail récent de Gilbert Cette et alii suggère, à partir, d’une large comparaison internationale, que la rigidité du marché du travail en France est une source de substitution entre le travail et le capital. Cela expliquerait un taux d’investissement élevé en France. Par contre les auteurs constatent que l’innovation associé à cet investissement est insuffisante et ne permet pas d’augmenter la productivité de façon satisfaisante. Une autre conclusion de ce travail est qu’une plus grande réactivité du travail peut être associée à une meilleure qualité du capital.
C’est cette équation qui est au cœur de la question de l’offre en France : il faut rendre le capital plus efficace et faciliter la réactivité du marché du travail. J’indiquais que les mesures prises sur l’investissement public ainsi que les ordonnances sur le marché du travail permettaient certainement de desserrer ces contraintes facilitant ainsi l’ajustement de l’offre.

Il y a deux autres ruptures majeures dans l’économie mondiale auxquelles l’économie française doit répondre pour s’intégrer encore davantage: celle de la localisation de la production et celle de l’innovation.

La deuxième rupture est celle de la localisation géographique de la production Lire la suite

Repli sur soi ou réponse globale – Le défi de 2018

Qui sortira vainqueur de la confrontation qui se joue actuellement à l’échelle du monde ? La vision du repli sur soi, bien présente ces derniers mois, vise à redonner de l’autonomie à l’échelle locale. Quant à l’approche plus coopérative considérant l’alliance des forces comme salutaire pour résoudre les problèmes planétaires, elle s’inscrit dans la continuité du dialogue.  Le choix entre ces deux visions sera tout l’enjeu de 2018.
Le monde n’est plus aussi unanime quant à la perception de la globalisation.

La dynamique coopérative qui prévalait, notamment avant la crise de 2008, n’est plus forcément la pensée dominante. Cela a pu se voir au moment de diverses élections ou référendums car le jeu coopératif de la mondialisation n’a pas engendré une distribution uniforme des revenus notamment au sein des pays développés. La fameuse courbe de l’éléphant de Branko Milanovic a été souvent exploitée pour montrer que dans cette mondialisation, les travailleurs les moins bien lotis dans les pays occidentaux avaient payés le prix de la croissance rapide des pays émergents et notamment de la Chine et de l’Inde. Lire la suite

BCE, Politique Monétaire, Allemagne – Ma chronique du lundi

Mario Draghi est un cachottier. Lors de sa dernière conférence de presse , il n’avait pas indiqué le changement de communication que la Banque Centrale Européenne s’apprête à mettre en œuvre à partir du mois de janvier.
La BCE prend enfin en compte la robustesse du cycle économique et sa communication doit s’ajuster à cette inflexion. C’est plutôt une bonne nouvelle, car jusqu’à présent elle donnait le sentiment d’être toujours en mode de réaction face à un environnement qui pourrait se dégrader rapidement. Ce changement renforce la confiance que l’on peut avoir dans l’ampleur du cycle économique et dans sa durée. L’autre point souligné par la BCE est de ne plus se focaliser uniquement sur l’inflation mais d’avoir une communication plus large. Implicitement la BCE élargit son mandat mais dans les faits c’est ce qu’elle faisait déjà. Depuis le début de l’euro en 1999 la BCE cale son intervention sur le cycle économique plutôt que sur l’inflation.  Le graphe ci-dessous retrace l’indice synthétique calculé par Markit et la différence sur 5 mois du taux de refi de la BCE. Les changements de ce dernier sont clairement calés sur les inflexions du cycle et pas tant que cela sur l’inflation.
La BCE renoue avec son comportement d’avant la crise de 2007. Lire la suite

2018 – De fortes anticipations dans un monde qui a changé

J’ai envie de partager avec vous l’optimisme que l’on peut avoir pour 2018. Le commerce mondial est reparti à la hausse, le prix du pétrole est encore raisonnable et partout dans le monde les chefs d’entreprise ont une perception positive de leur environnement. Le point de départ pour 2018 est solide.
La croissance, et l’emploi qui en résultera, permettra à chacun de mieux reprendre pied dans un monde complexe et difficile. Il incombera aux politiques économiques d’être attentives aux réformes à mettre en œuvre afin de créer les conditions d’une reprise plus riche en emplois et susceptible de réduire l’incertitude à l’échelle de chaque citoyen. C’est un des aspects attendus des réformes qui seront discutées en 2018 en France. Les orientations à prendre sur la formation et les compétences qui sont au cœur de la politique du gouvernement seront le complément nécessaire aux ordonnances sur la loi travail pour rendre le marché du travail plus efficace. Lire la suite

Le renouveau c’est l’Europe*

Les citoyens européens sont désormais optimistes sur l’avenir de l’Europe et se sentent européens. Un sondage du Pew Research Center montre cela dans une étude du mois de juin. Partout en 2017 la perception positive de l’Europe s’est améliorée même au Royaume Uni. Le seul pays en retrait est la Grèce mais l’on comprend pourquoi au regard des contraintes qui sont imposées aux citoyens par le lourd processus d’ajustement bruxellois. On pourrait aussi interpréter le vote présidentiel français comme un référendum gagné largement sur l’Europe.
Le vieux contient retrouve ainsi une plus grande robustesse politique au moment où sa croissance accélère. L’alignement des planètes joue enfin favorablement. Son cadre politique est plus stable et le risque de populisme s’est estompé.

Dans un monde complexe, difficile et volatil, l’Europe est désormais un pôle de stabilité. Lire la suite