La Fed remonte son taux d’intérêt de 25 points de base et continuera en 2019

La Federal Reserve a relevé son taux d’intérêt de référence de 25 points de base. De la sorte, le taux effectif évoluera dans un corridor entre 2% et 2.25%.
Le graphe des dots reflétant les anticipations des membres de comité de politique monétaire suggère 3 hausses de taux en 2019, 1 seule en 2020 et aucune en 2021.
Ce profil, pour 2019 et 2020, est inchangé par rapport aux anticipations du mois de juin dernier. L’introduction de 2021, une année supplémentaire, montre néanmoins l’arrêt du resserrement monétaire. Il est fixé un point final au durcissement avec un taux d’intérêt un peu plus élevé que l’anticipation de long terme. Le taux de la Fed évoluerait alors dans un corridor allant de 3.25% à 3.5% contre un taux d’équilibre de long terme à 3%. La Fed a besoin de passer au dessus de ce dernier pour être contraignante et éviter la formation de déséquilibres pénalisants pour l’économie.

Le communiqué de presse est identique sur la majeure partie à celui de juin (voir ici la comparaison). La partie qui change est cependant importante puisque la Fed ne fait plus référence au caractère accommodant de sa politique monétaire. Celle ci se rapproche de la neutralité. Lire la suite

La Fed va prolonger son biais haussier en 2019 – Ma chronique du lundi

Le post est disponible en format pdf La Fed maintient son biais – Ma chronique du Lundi

La Federal Reserve se réunit les 25 et 26 septembre. Une hausse de 25 bp est attendue sur le taux des fed funds portant ainsi le taux effectif dans une fourchette allant de 2 à 2.25%. Une autre hausse est attendue en décembre. Ces 4 resserrements sur 2018 semblent faire consensus désormais à la Fed. La question porte sur 2019 désormais. Lors de la dernière mise à jour, en juin, des perspectives économiques et financières par les membres du comité de politique monétaire (FOMC), 3 hausses de taux d’intérêt étaient prévues pour 2019. Comment se faire une idée plus précise ?
Les quatre hausses de taux d’intérêt sont validées désormais par la Fed. J’avais évoqué cette hypothèse en début d’année en raison de la mise en place de la politique budgétaire expansionniste de la Maison Blanche. Je n’ai pas changé d’avis et la hausse des taux de la Fed n’est qu’une façon de modérer les déséquilibres provoqués par cette politique qui vise à doper la demande interne.

Cette dynamique interne traduit l’impact de deux composantes. La première est l’effet direct des baisses d’impôts et de la hausse des dépenses publiques. On perçoit bien l’effet positif pour la demande dans une telle configuration. L’autre composante est la politique commerciale qui vise à substituer la production interne aux importations. La demande adressée aux entreprises s’accroît ainsi très fortement. Lire la suite

Stratégie de la Fed, dollar et marchés émergents

Sur mon blog anglais je reviens sur la stratégie de la Fed et la nécessité pour elle de remonter ses taux d’intérêt pour éviter de trop importants déséquilibres résultants de la politique budgétaire trop accommodante de la Maison Blanche.
La divergence avec les taux de la BCE est impressionnante et devrait se traduire par une appréciation supplémentaire du billet vert. La conséquence est une plus grande fragilité des pays émergents. La hausse des taux courts US et celle du dollar ont fortement réduit l’intérêt du carry trade. Cela se traduit par d’importantes sorties de capitaux et une réduction de la liquidité sur les marchés émergents. La crise là bas n’est pas terminée.
L’article est disponible ici
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La Fed +25 bp

La Fed remonte son taux d’un quart de point dans le range 1.75-2% en raison de la robustesse du cycle et de l’inflation proche de la cible de la Fed. Les projections suggèrent encore deux hausses de taux en 2018, 3 en 2019 et 1 en 2020.

Ceci est cohérent avec mes prévisions mais aboutira à un aplatissement de la courbe et donc une hausse du risque de récession en 2020.

Le monde a changé pour les émergents. 

La dynamique émergente est en train de changer de façon dramatique. Jusqu’à la mi avril, ils avaient le sentiment d’avoir une monnaie forte et c’était une aubaine. Leurs taux d’intérêt plus élevés dans un contexte de dollar faible permettaient d’attirer des capitaux puisque le spread était rémunérateur. Le jeu était d’un seul côté: on pouvait gagner à tous les coups. Ce n’est plus le cas désormais car les règles sont bouleversées.
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Pétrole, dollar, salaire et chômage aux USA – Ma chronique du lundi

Le pétrole s’échappe à la hausse, un peu en dessous de 75 dollars le baril. Le billet vert s’apprécie à nouveau. Il est maintenant à moins de 1.2 contre euro et son taux de change effectif s’apprécie rapidement créant de l’incertitude sur les marchés et notamment sur les marchés émergents.
Pendant ce temps, les salaires ne progressent toujours pas aux USA malgré un taux de chômage passé sous le seuil de 4% pour la première fois depuis décembre 2000. A l’époque le taux de salaire de référence progressait de 3.8%, sa hausse n’est que de 2.6% en avril 2018.
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