L’emploi s’ajuste très vite en France en suivant l’inflexion de l’activité

La dynamique de l’emploi a ralenti au cours des premiers mois de 2018. Après une progression de 0.24% au premier trimestre, l’emploi privé n’a augmenté que de 0.16% au cours du printemps. Ces chiffres sont à comparer à la croissance observée en moyenne tout au long de l’année 2017. Elle était de 0.46%. La croissance de l’emploi a donc été divisée par 2 entre 2017 et le début de 2018.
En nombre d’emplois créés, il était de 88 600 en moyenne par trimestre en 2017, il n’est plus que de 38 500 en moyenne au premier semestre 2018 (31 000 au deuxième trimestre).
Tous les secteurs ralentissent et notamment les services comme le montre le graphe ci après.  La construction a aussi une allure plus préoccupante en phase avec le ralentissement des permis de construire. Lire la suite

France – La production manufacturière se stabilise au 2ème trimestre.

La production industrielle française a rebondi au mois de juin à +0.56% après 3 mois mois consécutifs de recul. Si l’on compare le deuxième trimestre au trimestre précédent alors l’activité ainsi mesurée est en repli de -1.6% en taux annualisé. Sur un an, l’indicateur est en hausse de 1%.
L’indice de l’industrie manufacturière a également repli de la vigueur en juin à +0.55%. Elle progresse marginalement sur le trimestre (0.46% en taux annualisé) et sur un an la progression est de 1.4%.
Si l’industrie est une source majeure d’impulsion dans le cycle économique, on note ici que l’ampleur de cette impulsion est désormais limitée et son incidence sur la dynamique du cycle est plus réduite. Lire la suite

0.4%, le rebond de la croissance attendu en T3 par la Banque de France

La Banque de France prévoit une croissance de 0.4% au T3. Accélération forte par rapport à la moyenne d’à peine 0.16% en T1 et T2.
La Banque de France ne donne pas de détails mais il faudrait une hausse brutale de la demande interne alors que le commerce mondial ralentit. C’est ambitieux.
L’objectif de G.Darmanin à 1.8% au moins en 2018 supposerait une croissance de 1.3% au T4. C’est excessif. La loi de finance à 1.7% implique 0.9% en T4, improbable.
Convergence toujours vers 1.5+ car le 0.4% en T3 me parait fort (mais il y aura en T4 la fin de l’arbitrage CSG / Charges et la baisse de la fiscalité locale et on peut esperer 0.6%).
Le rebond en T3 souvent évoqué par le Gouverneur de la Banque de France reste très mesuré. L’environnement global plus incertain et la dynamique interne moins vive ne permettent pas d’imaginer que l’économie française retrouve spontanément une croissance très forte.
La question va être celle de l’objectif budgétaire pour 2018 mais aussi pour 2019 car l’acquis de croissance en fin d’année pour 2019 sera limité à 0.55% vs 1% à la fin 2017 pour 2018.
La question budgétaire sera alors plus compliquée qu’en 2018 L’arbitrage budgétaire pour 2018 sera entre des économies budgétaires pour limiter la dérive du déficit mais avec un risque sur la croissance ou laisser filer le déficit vers 2.5/2.6% pour ne pas pénaliser davantage l’activité.
Réponse en septembre
prevBdF

4 graphes pour comprendre l’accélération de l’inflation en France

Le Constat
L’inflation en France est depuis 3 mois au-dessus de 2%. Elle s’est inscrite, en juillet, à 2.3%, le plus haut niveau depuis mars 2012. Le décrochage à la hausse date du début de l’année 2018. On constate dans le même temps que l’inflation sous jacente évolue peu (même si on ne dispose pas encore du chiffre de juillet). Elle reste nettement au-dessous de 1%.
L’accélération vient de la hausse rapide du prix de l’énergie et les consommateurs le constatent déjà en faisant le plein de leur voiture sur la route des vacances. Son impact va s’estomper au cours de l’automne et de ce fait l’accélération de l’inflation ne sera que temporaire.
L’inflation, à 2.3%, progresse plus vite que les salaires et se traduit par une baisse du pouvoir d’achat. Comment dans ces conditions imaginer que les consommateurs français puissent se ruer dans les magasins et alimenter la croissance française? Ils resteront prudents d’autant que le ralentissement déjà observé de l’activité va engendrer un peu plus d’incertitude sur le marché du travail. C’est déjà un peu perçu dans l’enquête mensuelle auprès des ménages. La composante liée au marché du travail a changé d’allure depuis le printemps.
france-2018-juillet-inflation.png Lire la suite

Croissance française décevante en T2

La croissance du 2ème trimestre en France est décevante. Elle est équivalente à celle du T1 à 0,158%, arrondi à 0,2% (0,153 au T1). L’acquis est de 1,3% pour 2018 à la fin du T2.

Pour atteindre la croissance 1,7%,objectif de la loi de finance, il faudrait 0,55% par trimestre au T3 et au T4. Pour 2% il faudrait 1% par trimestre alors n’y pensons pas.

La consommation est le point faible de la croissance avec une contraction en T2 (-0,1%). Cela reflète l’impact des effets fiscaux (hausse CSG vs réduction des charges) et une accélération de l’inflation au T2. On notera le rebond de l’investissement des entreprises.

Le T3 démarre mieux avec des enquêtes plus positives du côté des entreprises mais la croissance pour 2018 devrait se situer autour de 1,5 % après 2,3% en 2017.

Cela veut dire que l’objectif de réduction du déficit public à 2,3% du PIB ne sera pas tenu. Le déficit public restera voisin de son chiffre de 2017 à 2,6%.

Merkel rejette les propositions de Macron sur l’Europe

L’interview d’Angela Merkel, dans le FAZ ce week end, ne modifie pas l’idée que l’on pouvait avoir de la position allemande face aux propositions de Macron sur le renouvellement des institutions en Europe. Elle ne s’écarte pas du discours habituel de l’Allemagne.

La grande différence entre la France et l’Allemagne sur la question européenne est que la France pense qu’il y a un avantage à coordonner de façon explicite les politiques économiques. Un budget peut et doit faire cela. Cela implique une capacité d’intervention importante de plusieurs points de PIB comme le soulignait Macron et Sarkozy avant lui.
Du côté allemand, la coordination est implicite si l’on respecte les règles définies, notamment celles qui pourraient être prises dans le cas d’une aide du  FME (Fond Monétaire Européen qui reprendrait le Mécanisme Européen de Stabilité  mais qui ne serait pas le FMI trop favorable à la restructuration de la dette grecque, ce que les allemands ne souhaitent pas) . En d’autres termes, le mécanisme d’ajustement passe par le respect des bonnes règles (austérité budgétaires) et il n’y a pas besoin d’intervention de l’Etat.
La coordination prônée par la France est la vision du partage des risques au sein d’une entité politique alors que l’option allemande est celle de ne pas partager le risque puisque si chacun se comporte « comme il faut » aucun pays n’expose un autre à un risque particulier.  Lire la suite