Merkel rejette les propositions de Macron sur l’Europe

L’interview d’Angela Merkel, dans le FAZ ce week end, ne modifie pas l’idée que l’on pouvait avoir de la position allemande face aux propositions de Macron sur le renouvellement des institutions en Europe. Elle ne s’écarte pas du discours habituel de l’Allemagne.

La grande différence entre la France et l’Allemagne sur la question européenne est que la France pense qu’il y a un avantage à coordonner de façon explicite les politiques économiques. Un budget peut et doit faire cela. Cela implique une capacité d’intervention importante de plusieurs points de PIB comme le soulignait Macron et Sarkozy avant lui.
Du côté allemand, la coordination est implicite si l’on respecte les règles définies, notamment celles qui pourraient être prises dans le cas d’une aide du  FME (Fond Monétaire Européen qui reprendrait le Mécanisme Européen de Stabilité  mais qui ne serait pas le FMI trop favorable à la restructuration de la dette grecque, ce que les allemands ne souhaitent pas) . En d’autres termes, le mécanisme d’ajustement passe par le respect des bonnes règles (austérité budgétaires) et il n’y a pas besoin d’intervention de l’Etat.
La coordination prônée par la France est la vision du partage des risques au sein d’une entité politique alors que l’option allemande est celle de ne pas partager le risque puisque si chacun se comporte « comme il faut » aucun pays n’expose un autre à un risque particulier.  Lire la suite

Zone Euro – L’activité se cale sur une trajectoire plus soutenable à moyen terme

Ajustement à la baisse des indices synthétiques dans l’enquête Markit pour la zone Euro, la France et l’Allemagne.
Pour la zone Euro, cela traduit principalement un ajustement après une progression trop vive dans la seconde partie de l’année 2017. Ce rythme n’était pas soutenable et les chiffres des premiers mois de 2018 traduisent cet ajustement, non linéaire, vers une allure plus stable et plus soutenable à moyen terme. Il est probable que la croissance tendancielle est autour de 0.4-0.5% par trimestre. Il faut s’ajuster sur ce niveau. Le profil de l’enquête Markit traduit ce mouvement.

D’une manière générale, avec la très forte accélération de l’activité en 2017 l’activité a buté sur des contraintes physiques. En outre l’absence d’impulsion supplémentaires (après le choc monétaire positif de 2016 et 2017) il n’y a plus non plus de raison d’aller encore plus vite et de pousser plus avant la dynamique de croissance à court terme.
L’objectif maintenant est de créer les conditions pour rester proche de la tendance de 0.4-0.5% par trimestre. Ce doit être l’objet de la politique économique.
Pour la France la question est proche de celle de la zone Euro mais avec une croissance tendancielle plus proche de 0.3-0.4%ze-pmi-pib.png
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Mai 68: une remarque

En ce printemps 2018 on évoque un peu partout et avec de la nostalgie la période de mai 68. Le secret espoir pour certains serait de retrouver un élan similaire pour changer la société.
Le graphe ci dessous reprend la structure démographique de la France de 1946 à 2016. On constate que la part des moins de 20 ans est au pic en 1966 avant de se réduire inexorablement. L’impact du baby-boom de l’après second guerre mondiale s’est progressivement diffusé et les baby-boomers ont vieilli. Ils ont tellement vieilli qu’ils sont maintenant, depuis 2014, plus nombreux que les moins de 20 ans.
Historiquement, si les jeunes sont prêts à tout pour se faire une place (grand enjeu de mai 68 et pas seulement en France), les vieux ne souhaitent pas remettre en cause les avantages acquis.
Dès lors, en raison du croisement constaté depuis 2014 comment imaginer un bouleversement ressemblant à mai 68? La nostalgie a de beaux jours devant elle.

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Emmanuel Macron: 1 an à l’Elysée (partie 1)

Le président Macron est à l’Elysée depuis maintenant un an. Il est trop tôt pour faire un bilan parce que le Président de la République a indiqué vouloir être jugé sur l’ensemble de son mandat de 5 ans mais aussi parce que la conjoncture globale très favorable est susceptible d’engendrer un biais dans la lecture des résultats. Les indicateurs d’activité ont été forts en même temps que ceux de la zone euro et se sont repliés aussi de la même façon. Lire la suite

France, USA, Royaume Uni, Espagne: croissance hétérogène au premier trimestre

Au premier trimestre 2018, la croissance est robuste aux USA et en Espagne, elle s’infléchit en France mais ralentit nettement au Royaume Uni. 
Le premier graphe montre l’évolution depuis 2015 de la croissance par trimestre pour ces 4 pays, la croissance annuelle moyenne pour les 3 premières années ainsi que l’acquis de croissance pour 2018 à la fin du premier trimestre.
La croissance US du premier trimestre est du même ordre que celle de 2017 (2.3% les deux en taux annualisé), Elle ralentit néanmoins par rapport à la fin 2017. L’acquis est de 1.7%.
En Espagne elle est proche des 2 derniers trimestres de 2017. L’acquis est de 1.8%. Après une phase de rattrapage fort et rapide, la dynamique espagnole se modère à un niveau élevé.
Au Royaume Uni, la croissance avait ralenti déjà en 2017, la progression moyenne du PIB de chaque trimestre était inférieure à celles de 2016 et de 2015. Le ralentissement s’accentue au premier trimestre de 2018. L’acquis est faible (0.7%) ce qui conditionnera le chiffre réduit de l’ensemble de l’année. C’est un signal supplémentaire pour la BoE de ne pas changer sa stratégie monétaire en mai (voir ici)
En France, l’activité a ralenti mais après une année 2017 dont la croissance trimestrielle moyenne était bien au delà des capacités de l’économie française sur le long terme. L’acquis est de 1.2%. L’accélération de 2017 a fait le lit du ralentissement de la première partie de 2018 car le rythme n’était pas soutenable. Cela a été observé via le très haut niveau dans l’utilisation des capacités de production et par les difficultés de recrutement. La croissance tendancielle de l’économie française depuis 2013 est de 1.3% et c’est par rapport à cette norme qu’il faut jauger la croissance et non par rapport à 2017 qui était exceptionnel.
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PIB France – Premiers éléments

La croissance française ralentit au T1 2018 avec +0.3% vs 0.7% en T4 2017. Acquis de 1.2% pour 2018.

Explication : Dynamique plus limitée de l’investissement des entreprises et les exports qui se contractent un peu. Cela est cohérent avec l’inflexion constatée dans les enquêtes.

Pour 2018 mes attentes sont à 0.4% par trimestre en moyenne. Le chiffre du premier trimestre n’en est pas éloigné. Les enquêtes du printemps seront essentielles pour appréhender la stabilisation attendue de l’activité en cohérence avec les anticipations. Cependant avril donnait un signal de fragilité (voir ici)