Déficit public en France, Assoupissement Conjoncturel et Vote Italien – Ma chronique du lundi

L’économie française devient elle vertueuse ? Au regard de la baisse du déficit public sous le seuil de 3%, on serait presque tenté de le faire. Avec un chiffre de 2.6% pour l’ensemble de 2017 et 2.1% pour le dernier trimestre de l’année, la tentation est forte effectivement.
Et puis….. en regardant les chiffres et la cohérence des comptes publics avec l’accélération de la croissance en 2017, je suis moins convaincu. L’enthousiasme retombe car le profil du déficit public est parfaitement calé sur celui de la croissance. Et cette croissance a quasiment doublé entre 2016 et 2017 passant de 1.1% à 2%. Il est heureux que les comptes publics se soient améliorés. On voit sur le graphe la très grande cohérence entre le profil du déficit public et l’allure de la croissance réelle avancé de 2 trimestres. Le déficit s’améliore avec la croissance économique et il est toujours difficile de maintenir le cap lorsque la croissance ralentit.
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BCE, Inflation, Fed et Emploi en France – Ma chronique du lundi

Le taux d’inflation à 1.1% en février ne ravive pas les anticipations d’un changement rapide et brutal de la politique monétaire de la BCE. Mario Draghi et Peter Praet dans des interventions en fin de semaine dernière ne montraient d’ailleurs aucun empressement à mettre en œuvre un tel bouleversement.
La BCE a calé sa stratégie monétaire sur l’atteinte d’un profil d’inflation compatible avec ce qu’elle souhaite à moyen terme. Le chiffre de 1.1% ne va pas dans ce sens.
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Quelle valeur pour le dollar? Taux de chômage en France – Ma chronique du lundi

La relance budgétaire considérable observée aux USA, via la hausse des dépenses (1% du PIB en 2018 et 2019) et la baisse de la fiscalité, doit être perçue comme un choc à l’échelle internationale. L’homogénéité des politiques économiques constatée dans les pays développés et à la source de la reprise de la croissance observée depuis 2017 est désormais un vieux souvenir.

La politique budgétaire menée aux USA va nécessairement provoquer un ajustement entre les blocs économiques et notamment entre les Etats-Unis et la zone Euro. Cela passera forcément par le taux de change. Jusqu’à présent, la monnaie américaine a tendance à se déprécier que l’on regarde le taux de change effectif (nominal ou réel) ou que l’on regarde la parité entre le billet vert et l’euro.
La question qui est posée est celle de l’orientation de la monnaie américaine au cours des prochains mois. Le billet vert va-t-il s’apprécier ou doit-il inexorablement se déprécier en raison des déséquilibres provoqués par la politique de la Maison Blanche et du Congrès.

Depuis 2007, il y a une cohérence d’évolution entre les anticipations des politiques monétaires américaine et de la zone Euro et la parité euro contre dollar. L’attente d’une politique monétaire plus restrictive aux USA s’est traduite tout au long de ces années par une appréciation du billet vert. C’est ce que montre le graphe. On voit cependant que depuis l’automne 2017 il y a une forte divergence entre les deux indicateurs. Le taux de change est à 1.24 alors que les anticipations des politiques monétaires le fixeraient davantage vers la parité.
C’est ce point qu’il convient de comprendre alors que les politiques économiques changent aux USA.
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On pourrait ici se référer à la période du début des années 80 lorsque le billet vert s’était fortement apprécié sous l’effet de taux d’intérêt réels bien plus élevés aux Etats-Unis que dans le reste des pays développés. Cela avait traduit alors l’impact de la politique très restrictive de Paul Volcker à la tête de la Fed au tout début des années 80 puis par la suite aux effets de la politique budgétaire très expansionniste de Ronald Reagan dont la conséquence avait été de dégradée durablement le solde budgétaire et celui de la balance courante. Lire la suite

France – Croissance de 1.9% en 2017

Belle allure de la croissance en France pour 2017. L’activité a progressé en moyenne de 1.9% (1.1% en 2016). La demande interne explique cette hausse (contribution de 1.9%) la demande externe a été un frein (contribution à -04%) et les stocks ont eu une contribution de +0.4%.

L’acquis de croissance du #PIB en #France pour 2018 à la fin de 2017 est de 0.9% contre seulement 0.4% pour 2017 à la fin de 2016. La croissance en 2018 sera au moins comparable à celle de 2017 (1.9%).
Sur le graphe on observe qu’il n’y a pas de dynamique de rattrapage. La croissance tendancielle à 1.2% depuis 2013 est bien inférieure à celle observée avant la crise de 2008. L’écart entre le niveau actuel du PIB (au T4 2017) et la tendance observée avant cette crise (mais prolongée jusqu’à la fin 2017) est de 8%. La crise a coûté 8% de PIB. La croissance tendancielle actuelle ne permet pas d’anticiper un rattrapage.   Lire la suite

Investissement public en France: le changement de 2018

La rupture dans la note de conjoncture de l’INSEE c’est le retour de l’investissement public en 2018. C’était un signal attendu pour imaginer, en créant une incitation supplémentaire sur l’investissement privé, que la croissance potentielle puisse repartir durablement à la hausse.
Cette inflexion est en phase avec le plan d’investissement présenté par Jean Pisani Ferry qui doit permettre de se focaliser sur les compétences, l’innovation, la dynamique du numérique mais aussi principalement (en montant) la transition écologique. C’est une rupture après les 10 années qui viennent de s’écouler durant lesquelles l’investissement public a été, comme dans tous les pays développés, une source d’ajustement des dépenses publiques. Le rebond est cependant encore insuffisant pour être satisfaisant. C’est une première étape.
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L’investissement public a un rôle majeur dans la dynamique de l’innovation car l’Etat est le seul acteur de l’économie à ne pas avoir d’aversion au risque car il ne doit pas avoir de contrainte immédiate de rentabilité. Il peut donc se lancer dans des projets non viable financièrement par le secteur privé pour permettre de développer une technique qui sera dans le futur exploité par le secteur privé qui fera des brevets trouvés un objet commercial.