Interview de Richard Baldwin sur la Globalisation

Sur mon blog anglais j’ai repris un interview de Richard Baldwin sur la globalisation.
Cela me semblait pertinent au moment où les US mettent en place des sanctions tarifaires sur la Chine.
Cela donne un éclairage intéressant sur le fait que la globalisation va continuer en dépit des gesticulations de la Maison Blanche
La position de Baldwin est clair quant à sa vision des tensions commerciales initiées par Washington. Ce cartoon tweeté ce matin est clair.

A lire ici

La démondialisation sera-t-il le mot de 2017?

Le référendum sur le Brexit au Royaume Uni et l’élection de Donald Trump ont mis en avant l’idée d’une remise en cause de la globalisation. La démondialisation serait en marche et consisterait en un processus de remise en cause de la longue phase durant laquelle les frontières ont eu tendance à s’estomper.

Depuis la seconde guerre mondiale les échanges internationaux se sont accrus à un rythme rapide, généralement au double de la progression de l’activité globale. Cette dynamique s’est, cependant, nettement atténuée. Depuis l’automne 2011 le rythme de progression des échanges ralentit un peu plus chaque année. Ainsi si de 1992 à 2007 le commerce mondial en volume était en hausse en moyenne de 7% l’an, il n’augmentait que de 0.8% en septembre 2016 par rapport à septembre 2015. C’est ce changement fort et durable qui souvent est le signal suggérant la démondialisation. Les échanges ne se développant plus aussi vite, le processus est en phase d’inversion. C’est cette dynamique plus réduite des échanges et la mise en place de mesures plus protectionnistes qui sont au coeur des discussions sur la démondialisation. L’économie globale changerait alors de mode de fonctionnement de façon spectaculaire .  Lire la suite

Understanding Global Inequality: Interview de B.Milanovic

Interview passionnant de Brando Milanovic sur les inégalités de revenus, au sein de chaque pays et entre pays, mais aussi sur la globalisation après le Brexit et l’élection de D.Trump. Je le recommande chaudement.  

https://www.socialeurope.eu/2016/12/speaking-up-for-globalisation-and-against-inequality/

Trump met fin à la globalisation de Reagan et Thatcher

L’ère qui débute avec l’élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis est en rupture avec une période qui avait commencé au tout début des années 80 après l’élection de Ronald Reagan aux USA. 

Ronald Reagan, avec le support de Margaret Thatcher au Royaume Uni, avait fait entrer l’économie des pays occidentaux dans une ère de globalisation et de dérèglementation.  Cette globalisation était d’abord financière pour faciliter le financement du spectaculaire déficit externe des Etats-Unis.
Il a fallu pour cela détricoter l’ensemble des règles qui prévalaient alors et qui limitaient les interactions financières d’un pays à l’autre.
Dans le même temps et pour limiter les divergences entre pays, les banques centrales de plus en plus indépendantes ont mise en place des stratégies visant à maîtriser l’inflation. Cela permettait une meilleure cohérence des dynamiques financières entre pays notamment et principalement sur les taux d’intérêt. Progressivement le marché financier est devenu global et mondial.
Cette maîtrise des dynamiques nominales a provoqué une réduction de la volatilité de l’inflation limitant ainsi l’incertitude. En raison d’un engagement des banques centrales a ne pas laisser l’inflation s’accélérer et parce que les investisseurs y ont cru  les taux d’intérêt de long terme ont connu un long, long repli.
La logique qui prévalait était celle de la cohérence globale et le partage d’un objectif commun.

La question posée avec l’élection de Trump et le référendum sur le Brexit est celle de l’actualité de ce cadre défini il y a près de 40 ans. En d’autres termes, la perception que l’on peut avoir après ces deux consultations est la volonté pour chacun de ces deux pays de définir des objectifs qui leur soient propres, même si c’est au détriment du reste du monde. Ce point est plus marqué aux USA mais Theresa May s’est réjoui de la victoire du candidat républicain indiquant qu’elle souhaitait rapidement travailler avec lui.  Cela pourrait se traduire alors par des objectifs spécifiques à chacun des deux pays engendrant ainsi une beaucoup plus grande hétérogénéité entre les pays.
Je ne sais pas si c’est souhaitable ou pas mais en tout cas nous devons nous préparer à ce cadre nouveau. Le risque est celui de la contagion vers d’autres démocraties. 
Il est probable que la cohérence observée depuis presque 40 ans est en train de s’achever. Ne doutons pas que cela apportera du risque dans l’ensemble des trajectoires notamment sur les indicateurs financiers. A terme, cela se traduira certainement par une plus grande hétérogénéité des taux d’intérêt

Réflexions sur la globalisation

Une tribune très stimulante d’Harold James sur la globalisation et son rejet à travers quelques éléments marquants.

« PRINCETON – There was a palpable sense of discomfort at the latest G7 summit meeting in Ise-Shima, Japan. By the time the leaders of the world’s major developed economies meet again, there is no telling which of them will be populist insurgents. President Donald Trump could be representing the United States, or President Marine Le Pen could be representing France. They could be sitting down with British Prime Minister Boris Johnson, Italian Prime Minister Beppe Grillo, or even German Chancellor Frauke Petry. All of them would be championing nationalism and isolationism, in one form or another. …… »

La suite est ici – http://bit.ly/Global_James