Les chiffres à venir. Semaine du 23 au 20 septembre

> Les enquêtes auprès des entreprises seront l’élément clé de la semaine. Elles réduiront peut être les incertitudes sur le cycle économique.
L’IFO sera publié le mardi 24, de même que le Climat des Affaires français. La dynamique française est actuellement plus forte qu’en Allemagne, cette dernière étant plus exposée au contexte international alors que la France a une politique de renforcement de sa dynamique interne via une politique budgétaire plus accommodante. L’enquête italienne sur la confiance des entreprises sera publiée le 27 septembre. Depuis plus d’un an, les élections générales et le gouvernement de coalition Liga-5 étoiles, la confiance des chefs d’entreprise s’étiole. Le changement de gouvernement et la marque plus pro-européenne de celui ci pourrait inverser rapidement la tendance. Le chiffre du mois de septembre sera important sur ce point.

> Les enquêtes Markit, estimations rapides, seront publiées lundi 23 pour la zone euro, la France, l’Allemagne et les États-Unis. La sortie japonaise se fera le 24 septembre. Ces enquêtes sont importantes pour bien appréhender l’allure de l’activité, mais j’examinerai attentivement les indices des nouvelles commandes à l’exportation dans la zone euro, aux États-Unis et au Japon. L’allure de la moyenne de ces 3 indicateurs géographique est très cohérente avec le profil du commerce mondial. En août, il atteignait 46,6, ce qui indique une contraction continue des échanges.

> Confiance des consommateurs aux Etats-Unis (24 pour le Conference Board et 27 pour le Michigan), en France (25), en Allemagne26) et en Italie (27). Le Conference Board américain nous transmettra des signaux pertinents sur la dynamique du marché du travail américain. L’indice de la France restera au-dessus de sa moyenne, bien au-dessus du niveau qu’il avait il y a un an lorsque les manifestations des gilets jaunes ont commencé.

> Les dépenses de consommation aux États-Unis et la mesure privilégiée de la Fed pour l’inflation du mois d’août seront publiées le 27 août. Le comportement des consommateurs est le principal soutien de la dynamique de croissance actuelle aux États-Unis. Néanmoins, cette composante de la demande peut être très volatile. Nous nous attendons à ce qu’il soit vu en août. Pas d’attentes fortes sur l’inflation. Le taux d’inflation de base pour juillet est de 1,6%.

> Inflation de septembre en France et en Espagne.(27)
> Ventes de logements neufs en août aux Etats-Unis. Le marché immobilier a été plus fort récemment. Une confirmation est attendue car les taux d’intérêt étaient bas en août.

Le document détaillé en anglais est disponible ici
NextWeek-September 23- September 29-2019

2 graphes qui montrent que les français sont optimistes

Les ménages français sont optimistes. L’indicateur de confiance calculé par l’INSEE est un peu supérieur à la moyenne de l’enquête qui démarre en 1987. Après la déprime de la fin 2018, les ménages ont désormais un horizon plus solide.
Deux composantes de cette enquête montrent ce changement de perception. La première est celle relative au chômage. Les ménages ont une perception de l’évolution du chômage, au cours des 12 prochains mois, qui traduit une amélioration du marché du travail. Les ménages sont moins inquiets, que ce qu’ils sont en moyenne sur cette question.
L’autre indicateur porte sur la façon dont les ménages se projettent dans les 6 prochains mois. Tant sur la situation de chacun pris individuellement que sur la situation à venir des français, les ménages sont optimistes un peu plus optimistes qu’ils e sont en moyenne.
La déprime de fin d’année est un peu de l’histoire ancienne. Entre-temps, près de 150 000 emplois ont été créés et la politique économique a eu un impact favorable sur le pouvoir d’achat et sur sa capacité à amortir les chocs.

Du côté des entreprises, l’indice français se maintient au-dessus de sa moyenne historique.
La comparaison de l’indice de climat des affaires avec l’IFO allemand éclaire la conjoncture des deux pays.. Pour les comparer, ils sont tous les deux centrés et réduits sur la période qui démarre en janvier 1991 (après la réunification). Les cycles des deux pays sont plutôt cohérents sur l’ensemble de la période. L’indicateur français est plus robuste jusqu’au milieu de la première décennie 2000 (réformes structurelles allemandes). C’est le contraire après la crise de 2008. L’Allemagne, plus sensible au commerce mondial et ayant développé ses échanges avec l’Asie et la Chine, connait un cycle particulier assez différent de celui de la France. La rupture récente observée outre-Rhin est un peu le revers de cette médaille. L’indice IFO revient à sa moyenne depuis 1991. Cependant, à court terme, cela se traduit par un choc fort sur l’économie allemande, un changement de régime rapide qui pourrait se traduire par une contraction de l’activité.
Les déterminants des deux économies sont très différents (cf ici). La France est très dépendante de sa demande interne et sa politique économique peut permettre d’amortir les chocs externes. Le repli rapide des exportations allemandes pourrait inciter le gouvernement à soutenir la demande interne limitant ainsi le risque de repli trop fort de l’activité. La zone Euro pourrait ainsi trouver une voie de sortie sans se reposer uniquement sur les mesures de sa banque centrale. Cela serait en outre plus efficace.

Juste un coup de froid pour l’Allemagne ?

At l’Allemagne comment ca va ? Pas très fort ? Est ce juste un coup de froid ou est ce plus grave ? Avec la Maison Blanche qui pense que l’économie mondiale est un jeu à somme nulle cela pourrait aller bien au delà du refroidissement. Celui ci pourrait n’être que le premier symptôme de quelque chose de plus grave

Le choc manufacturier en Allemagne: IFO vs Markit

Le modeste rebond de l’indice IFO en mars est parfois interprété comme le contrepoint au caractère excessif de l’indice Markit publié vendredi dernier.
Il y a effectivement une opposition en mars entre l’allure des deux indicateurs. L’un repart à la hausse alors que l’autre se replie à nouveau.

Cependant, ce qui a choqué dans l’indice Markit c’est le repli brutal du secteur manufacturier alors que le secteur des services se tenait plutôt bien. L’indice manufacturier s’est inscrit à 44.7 contre 47.6 en février. Il se contracte ainsi pour le 3ème mois consécutif de façon significative. En revanche l’indicateur composite des services (calculé comme l’ISM non manufacturier) est stable en mars à 53.7 comme en février.
Le coupable est donc l’indice manufacturier. Pourtant lorsque l’on compare l’indice manufacturier de Markit et celui de l’IFO on a exactement le même profil.

Le point haut des deux indices est quasi le même et la rupture constatée depuis le début de 2018 est similaire.
L’économie allemande subit le choc du commerce mondial via son secteur manufacturier que celui ci soit mesuré par l’IFO ou par Markit.
L’allure des services entre les deux mesures n’est pas la même et c’est ce qui différencie les indicateurs synthétiques des deux enquêtes. Mais les services reflètent davantage le marché domestique que la sensibilité de l’économie allemande au commerce mondial via le secteur manufacturier.
Le choc externe est fort et brutal outre-Rhin et il faudra d’abord que celui ci se stabilise avant que l’économie ne reparte de l’avant. Cela prendra du temps justifiant ainsi les prévisions pessimistes sur l’Allemagne.