L’inflation reflue via la baisse du prix du pétrole

A de nombreuses reprises (voir ici et ici) j’ai évoqué l’impact de la baisse du prix du pétrole sur le taux d’inflation après la chute du prix de l’or noir.
Le taux d’inflation de la zone Euro au mois de décembre est une première approche. Le taux d’inflation est passé de 2% en novembre à 1.6% et la contribution de l’énergie au taux d’inflation est passé de 0.9 à 0.5% (voir 2ème graphe)
L’ajustement de l’indice énergie dans l’indice des prix au prix du pétrole n’est pas complet. L’indice va se replier encore et très rapidement cette contribution va devenir négative.
Le prix du pétrole est de 55 dollars actuellement (48.2 euros) est à comparer à celui de janvier 2018 qui était de 68.9 dollars (56.5 €). Sur le premier trimestre il était de 67.2 dollars et 54.7€. Cela fait un sacré parcours pour avoir un prix équivalent à celui de l’an dernier et donc une contribution nulle de l’énergie au taux d’inflation. Le troisième graphe montre l’allure de la variation annuelle du prix du pétrole et celle de la contribution de l’énergie au taux d’inflation. On perçoit que l’ajustement est encore incomplet.
C’est pourquoi le taux d’inflation va passer sous le taux d’inflation sous-jacent estimé en décembre à 1%.(voir premier graphe)
C’est par ce biais que se feront les arbitrages qui exploiteront ces gains de pouvoir d’achat. Ce moteur sera important dans la lecture de la conjoncture des premiers mois de 2019.
Ce ralentissement de l’inflation n’oblige aucunement la BCE à se précipiter dans la normalisation de sa politique monétaire.

Recul violent du prix du pétrole

La chute récente du prix du pétrole est impressionnante. Elle traduit un changement d’anticipations sur le marché et un equilibre davantage dominé par les USA que par l’Arabie Saoudite.

On voit sur le graphe le niveau à atteindre mois après mois pour alimenter l’inflation.

Tout chiffre en dessous du niveau de 2018 se traduira par une contribution négative et un taux d’inflation inférieur au taux d’inflation sous-jacent. Les anticipations d’inflation resteront réduites provoquant le maintien de taux d’intérêt bas quelle que soit la maturité.

Pas d’acceleration de l’inflation dans les prochains mois

Le prix du pétrole est, au 19 décembre, 20% au dessous de sa moyenne 2018. La contribution de l’énergie au taux d’inflation va rapidement être négative. L’inflation tombera au dessous de 1% en zone euro en 2019. (Le prix du pétrole est la principale source de fluctuation de l’inflation à la hausse et à la baisse. Cette fois ci ce sera à la baisse)

Pour une contribution nulle à l’inflation, en moyenne sur 2019, le prix du pétrole devrait déjà progresser de 25% Ce n’est qu’au delà de 25% de hausse en moyenne sur 2019 que l’inflation ira au dessus de l’inflation sous jacente (voisine de 1%). Pas de précipitation de la BCE dans la gestion de sa politique monétaire.

L’inflation en 2019 va franchement baisser

La volatilité de l’inflation est depuis longtemps conditionnée par le prix du pétrole. En 2018, jusqu’en octobre, au moins, l’inflation de la zone Euro a été expliquée pour près de la moitié par la contribution de l’énergie. En 2019, le prix de référence du pétrole à partir duquel on calculera la contribution va être élevé (72.8 dollars en moyenne en 2018 avec des pointes à 86) contre 63 dollars maintenant. Il faudra  que le prix grimpe, en moyenne, de 10 dollars pour que la contribution de l’énergie soit nulle et au-delà pour avoir une contribution positive. L’inflation en 2019 risque d’être inférieure à l’inflation sous-jacente qui restera autour de 1%. Pas de normalisation attendue des politiques monétaires.
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Baisse rapide du prix du pétrole =>Fort ralentissement attendu de l’inflation

Le prix du pétrole est revenu à un niveau comparable à celui de l’an dernier. La hausse de la production US implique un excès d’offre qui se traduit par une accumulation de stocks aux Etats-Unis et une baisse du prix.

La conséquence majeure va être le fort ralentissement de l’inflation dans les prochaines semaines. Elle va très vite converger vers l’inflation sous-jacente. La contribution de l’énergie qui est, en octobre, un peu supérieure à 1%(soit près de la moitié de l’inflation qui était à 2.2%) va s’effondrer rapidement à l’image du profil du prix de l’or noir. Lire la suite

Le graphe du jour en France: salaire et inflation

Le ministère du travail vient de publier la statistique sur le salaire de référence pour les ouvriers et employés dans les entreprises de plus de 10 salariés. Il progresse sur un an, au troisième trimestre, de 1.5% ce qui est modeste et inférieur à l’inflation hors tabac (1.9%).
Pendant longtemps la décélération de l’inflation (baisse du prix du pétrole à partir de la mi-2014 notamment) permettait un gain de pouvoir d’achat significatif alors même que le salaire de référence ne progressait pas très vite. L’accélération récente de l’inflation pour des raisons liés principalement au pétrole se traduit par une perte de pouvoir d’achat au cours des deux derniers trimestres. Le phénomène s’est accentué au cours de l’été. C’est un changement de cadre qu’il faut avoir à l’esprit au regard des tensions récentes dans la société française.
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