L’inflation en 2019 va franchement baisser

La volatilité de l’inflation est depuis longtemps conditionnée par le prix du pétrole. En 2018, jusqu’en octobre, au moins, l’inflation de la zone Euro a été expliquée pour près de la moitié par la contribution de l’énergie. En 2019, le prix de référence du pétrole à partir duquel on calculera la contribution va être élevé (72.8 dollars en moyenne en 2018 avec des pointes à 86) contre 63 dollars maintenant. Il faudra  que le prix grimpe, en moyenne, de 10 dollars pour que la contribution de l’énergie soit nulle et au-delà pour avoir une contribution positive. L’inflation en 2019 risque d’être inférieure à l’inflation sous-jacente qui restera autour de 1%. Pas de normalisation attendue des politiques monétaires.
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Baisse rapide du prix du pétrole =>Fort ralentissement attendu de l’inflation

Le prix du pétrole est revenu à un niveau comparable à celui de l’an dernier. La hausse de la production US implique un excès d’offre qui se traduit par une accumulation de stocks aux Etats-Unis et une baisse du prix.

La conséquence majeure va être le fort ralentissement de l’inflation dans les prochaines semaines. Elle va très vite converger vers l’inflation sous-jacente. La contribution de l’énergie qui est, en octobre, un peu supérieure à 1%(soit près de la moitié de l’inflation qui était à 2.2%) va s’effondrer rapidement à l’image du profil du prix de l’or noir. Lire la suite

Le graphe du jour en France: salaire et inflation

Le ministère du travail vient de publier la statistique sur le salaire de référence pour les ouvriers et employés dans les entreprises de plus de 10 salariés. Il progresse sur un an, au troisième trimestre, de 1.5% ce qui est modeste et inférieur à l’inflation hors tabac (1.9%).
Pendant longtemps la décélération de l’inflation (baisse du prix du pétrole à partir de la mi-2014 notamment) permettait un gain de pouvoir d’achat significatif alors même que le salaire de référence ne progressait pas très vite. L’accélération récente de l’inflation pour des raisons liés principalement au pétrole se traduit par une perte de pouvoir d’achat au cours des deux derniers trimestres. Le phénomène s’est accentué au cours de l’été. C’est un changement de cadre qu’il faut avoir à l’esprit au regard des tensions récentes dans la société française.
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4 graphes pour comprendre l’accélération de l’inflation en France

Le Constat
L’inflation en France est depuis 3 mois au-dessus de 2%. Elle s’est inscrite, en juillet, à 2.3%, le plus haut niveau depuis mars 2012. Le décrochage à la hausse date du début de l’année 2018. On constate dans le même temps que l’inflation sous jacente évolue peu (même si on ne dispose pas encore du chiffre de juillet). Elle reste nettement au-dessous de 1%.
L’accélération vient de la hausse rapide du prix de l’énergie et les consommateurs le constatent déjà en faisant le plein de leur voiture sur la route des vacances. Son impact va s’estomper au cours de l’automne et de ce fait l’accélération de l’inflation ne sera que temporaire.
L’inflation, à 2.3%, progresse plus vite que les salaires et se traduit par une baisse du pouvoir d’achat. Comment dans ces conditions imaginer que les consommateurs français puissent se ruer dans les magasins et alimenter la croissance française? Ils resteront prudents d’autant que le ralentissement déjà observé de l’activité va engendrer un peu plus d’incertitude sur le marché du travail. C’est déjà un peu perçu dans l’enquête mensuelle auprès des ménages. La composante liée au marché du travail a changé d’allure depuis le printemps.
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