Ralentissement inéluctable en Chine – Ma chronique hebdo

Ce post est disponible ici  Ma chronique du 28 janvier

La croissance chinoise pour l’année 2018 a, de nouveau, ralenti. Elle s’est inscrite à 6.6% en moyenne sur l’année contre 6.9% en 2017.
Le chiffre est toujours respectable mais c’est le plus bas depuis 1989 et 1990 comme le montre le graphique. La moyenne sur 10 ans, voisine de 8%, est aussi au plus bas. Le rythme de 10 % de progression de l’activité qui avait caractérisée l’économie chinoise est désormais du passé. L’attente d’un retour vers ce chiffre est illusoire. L’économie chinoise change créant ainsi les conditions d’une croissance plus lente. 

Un enjeu global fort
Ce ralentissement de la croissance chinoise est souvent perçu comme une alerte pour la croissance mondiale. Celle-ci, très dépendante des pays développés pendant toute la période d’après seconde guerre mondiale, est désormais conditionnée par la situation en Chine.  Là-bas, l’expansion y a été exceptionnelle depuis le début des années 90. Elle a été une source d’impulsion forte et durable pour l’ensemble de la planète.

Ce changement de moteur de croissance, la bascule des pays développés vers la Chine, est d’autant plus nécessaire que, depuis 2008 notamment, la croissance potentielle des pays développés s’infléchit. Pour tous, des USA à la France, la croissance susceptible de s’inscrire dans la durée sans engendrer de déséquilibres permanents est plus réduite qu’avant la crise de 2007. Aucun de ces pays n’est capable de créer de façon endogène une croissance forte et autonome. La Chine a été capable de créer une impulsion dont a pu bénéficier l’ensemble de l’économie globale en lieu et place des économies développées et notamment des Etats-Unis.

La Chine a réussi à créer les conditions d’une croissance plus forte pour tous dans la durée soit en créant une concurrence nouvelle et compétitive sur les marchés occidentaux, soit en développant des relations avec les autres pays émergents (Asie, Afrique, Latam) soit en attirant des capitaux pour bénéficier de la croissance chinoise même si c’était au coût de transferts de technologie.

Selon les données du FMI exprimées en dollars courants, le poids du PIB chinois dans le PIB mondial est passé de moins de 2% en 1991 à 6% à la veille de la crise de 2007 mais à 16% en 2018. L’accélération est spectaculaire avec un poids équivalent à celui de la zone Euro.

Mesuré en parité de pouvoir d’achat (pour avoir un système de prix et de taux de change plus cohérent que dans la mesure exprimée en dollar), le PIB chinois est plus important que celui des USA depuis 2014 déjà et que celui de la zone Euro depuis 2011.
D’une manière générale, la hausse du poids de la Chine s’est faite au détriment principalement de l’Europe et du Japon alors que les USA conservaient un poids considérable. C’est aussi pour cela que les tensions liées au leadership technologique sont un enjeu sino-américain excluant l’Europe. Celle-ci n’a pas réussi à accompagner de façon satisfaisante le rapide développement du pays de l’Empire du Milieu.

Un dernier point à avoir à l’esprit, les importations chinoises représentaient, en 2017, près de 80% des importations américaines. Un choc interne chinois pesant sur les importations du pays aurait des conséquences proches de celles d’un choc sur la demande interne US et donc sur ses importations. L’impact global d’un choc sur la croissance chinoise serait plus proche qu’on l’imagine de l’impact d’un choc sur la croissance américaine.

Les atouts de la croissance française

La croissance de l’économie française va s’accélérer en 2017 et 2018. Elle profitera d’un environnement global plus porteur que l’on peut noter par la hausse du commerce mondial depuis quelques mois. Elle bénéficiera aussi d’une situation de la zone Euro telle que l’on ne l’a pas connu depuis longtemps. Le profil de l’activité s’accélère au sein de tous les pays de la zone, même en Italie, et les chefs d’entreprise sont désormais beaucoup plus optimistes qu’il y a encore quelques mois.
La situation de la zone Euro est aussi caractérisée par la neutralité de la politique budgétaire désormais et par une politique monétaire qui restera accommodante encore un bon moment. Cela veut dire que tant que l’inflation restera bien inférieure à l’objectif de 2% fixé par la BCE, celle-ci ne modifiera pas sa politique monétaire. En outre comme il n’est pas anticipé que le prix du pétrole remonte vivement il n’y aura pas d’accélération de l’inflation et de ce fait les taux d’intérêt longs resteront encore à un niveau très bas. Ce cadre favorise la prise de risque et dope l’envie d’investir.
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La nouvelle géographie…. – Ma chronique pour Forbes

Ma chronique hebdomadaire publiée sur http://www.forbes.fr  est disponible ici
Le thème cette semaine porte sur la nouvelle géographie de la production mondiale.

« La géographie de l’économie mondiale a changé de façon spectaculaire depuis 2008. Jusqu’alors la puissance des Etats-Unis, mais aussi de l’Europe, permettait d’appréhender le jeu avec l’Asie comme presque équilibré.

Cette dernière, sous l’impulsion de la Chine, voyait sa part progresser rapidement dans l’économie globale, mais les pays développés avaient encore la capacité de contenir cette dynamique. Le marché asiatique n’était alors pas suffisamment développé et le pouvoir d’achat était insuffisant pour en faire une zone autonome en matière de croissance. En outre les produits, notamment de Chine, ne disposaient pas encore des qualités et de la technologie souhaitées. Dès lors, le développement de l’Asie était conditionné par celui des pays occidentaux.

Ce n’est désormais plus le cas….. »

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La politique monétaire américaine de retour – Ma chronique macroéconomique

6 éléments à suivre cette semaine dans la conjoncture globale

Point #1La politique monétaire américaine à nouveau au cœur des discussions
La publication des minutes de la réunion de la Fed des 26/27 avril a remis au goût du jour la possibilité d’une remontée des taux de la Fed lors de sa réunion des 14 et 15 juin.
Alors que le communiqué à la suite de la réunion d’avril était plutôt neutre (voir ici par exemple), les minutes suggèrent qu’un grand nombre de membres du comité de politique monétaire est prêt à durcir le ton si les conditions économiques s’y prêtent.
La phrase sur laquelle tous les économistes se sont penchés est la première partie surligné de la citation suivante:
« Most participants judged that if incoming data were consistent with economic growth picking up in the second quarter, labor market conditions continuing to strengthen, and inflation making progress toward the Committee’s 2 percent objective, then it likely would be appropriate for the Committee to increase the target range for the federal funds rate in June. Lire la suite

Ma chronique macroéconomique en 8 points (26 Octobre)

8 points à retenir cette semaine pour illustrer la macroéconomie

1 – La bonne nouvelle cette semaine est l’amélioration des perspectives en France.
L’indicateur de climat des affaires s’améliore et passe au-dessus de sa moyenne de long terme. C’est encore fugace mais c’est la première fois depuis août 2011. On a ici une mesure du choc persistant subi par l’économie française. En regardant par secteurs, seul le bâtiment tire l’activité vers le bas. Cela traduit une dynamique réduite des travaux publics et du logement. Cependant, la distribution, l’industrie et les services envoient des signaux positifs capables de tirer la croissance à la hausse.
France-2015-Octobre-Climatdesaffaires Lire la suite