L’ISM manufacturier en repli pour le 3ème mois consécutif

L’ajustement à la baisse de l’ISM du secteur manufacturier se poursuit depuis le point haut d’août 2018. L’indicateur phare de l’économie US doit se caler sur une dynamique réelle moins volatile et moins forte. Le CFNAI que je prends comme référence est calculé comme la tendance commune de 85 indicateurs de l’économie réelle.
Il y a encore une marge d’ajustement et cela se produira compte tenu de la dégradation de l’environnement international et de l’absence de mesures de politique économique outre-Atlantique susceptible de doper la croissance très rapidement.
Cela veut dire que l’ISM va aller croiser le niveau de 50 au cours des prochains mois et probablement passer en dessous même si ce n’est que de façon temporaire.

Le repli de l’ISM tient notamment au recul des flux de commandes et aux moindres tensions observées sur les livraisons.

Les chiffres à venir. Semaine du 1er au 7 juillet

Les principaux points

  • L’indice ISM du secteur manufacturier (1er juillet) sera le principal indicateur pour la semaine à venir. Le ralentissement du cycle économique américain pourrait se confirmer en juin. 
  • Le marché du travail américain est l’autre indicateur majeur (7 juillet). Sa dynamique a récemment changé en raison d’une allure moins robuste du cycle économique.
  • Les indices Markit pour le secteur manufacturier (1er juillet) et pour le secteur des services (3 juillet) montreront le risque d’une récession mondiale pour le secteur manufacturier. L’espoir pour la zone euro est un indice fort dans le secteur des services qui permettra de prolonger la dynamique de croissance.
    L’enquête Tankan au Japon sera publiée le 1er juillet.
  • L’emploi en Allemagne en juin (1er juillet) et les ventes au détail en mai (3 juillet) montreront si la demande intérieure maintient une allure robuste ou s’il est nécessaire de renforcer la politique économique pour atténuer l’impact du choc négatif du commerce mondial sur l’économie allemande.
  • Les ventes au détail dans la zone euro (4 juillet) pour le mois de mai seront un bon indicateur de la vigueur de la demande interne pour la zone euro.

Pour voir le document en anglais c’est ici

Contraction du secteur manufacturier mondial

L’indice mondial de l’enquête Markit pour le secteur manufacturier passe sous le seuil de 50 au mois de mai. C’est ce que montre le graphe. L’indice avait connu un point haut en décembre 2017 mais ralentit depuis et se contracte même en mai 2019.

Le mouvement de repli est d’une grande rapidité et montre à la fois que pour certaines régions la hausse de 2017 n’était pas soutenable (Zone Euro) mais surtout que, tout au long de 2018, est mis en place un cadre non coopératif et non coordonné à l’échelle globale, principalement sous l’impulsion du président américain.
La contraction (on parlera de récession du secteur si l’indice passe durablement au-dessous de 50) du secteur manufacturier reflète le net ralentissement des échanges (on échange principalement des biens manufacturiers) provoqué par la hausse des tarifs douaniers mis en place par la Maison Blanche.

Le détail par grandes zones montre que le repli récent résulte de la fin de l’impulsion budgétaire américaine (les 2 indices américains s’étaient écartés fortement de l’allure de l’indice mondial pour des raisons liées à la politique budgétaire). Très brutalement l’indice Markit a chuté à 50.5 pendant que l’indice ISM, plus volatil, revenait à 52.1. L’impulsion américaine n’est plus ce qu’elle était.
La Chine est juste au-dessus de 50 et la zone Euro reste en zone de contraction. Non montré sur le graphique l’indice émergent est encore un peu au-dessus de 50 à 50.4 mais l’indice BRIC est à 50.8. Les BRIC vont un peu mieux que les émergents non BRIC. Le Royaume Uni passe sous le seuil de 50 à 49.4 et le Japon replonge sous le seuil de 50 à 49.8.

En zone Euro, l’indice global reflète les fragilités de l’Allemagne. Néanmoins aucun autre pays n’a la capacité de contrebalancer la fragilité observée outre-Rhin.

En gros le secteur manufacturier des pays développés tend à se contracter, son indice est à 49.2 alors que les émergents ne ralentissent que plus lentement. Les deux régions sont dans des zones préoccupantes.
Le risque est une extension en territoire négatif de ces indicateurs. En effet, la baisse profonde des taux d’intérêt de long terme traduit le pessimisme des investisseurs qui n’ont plus envie de faire de paris sur l’avenir. Si cette perception est prolongée, alors on ne peut pas exclure une contraction supplémentaire de l’activité et des échanges.

Chute de l’ISM plutôt rassurante

Aux USA, la chute de l’ISM ne traduit elle pas un retour à la normale? Depuis de nombreux mois, cet indicateur pour le secteur manufacturier était bien au-dessus de l’indice CFNAI qui est une mesure de 85 indicateurs de l’activité réelle (préparé par la Fed de Chicago). Cette situation qui se reproduit régulièrement notamment depuis 2004 se termine toujours par un ajustement fort et brutal de l’ISM vers le CFNAI. L’ajustement a toujours lieu dans ce sens. Finalement, les anticipations excessivement optimistes contenues dans l’indice ISM s’ajustent sur la « vraie économie » qui elle ne présente pas d’optimisme excessif. Cet ajustement est plutôt sain. h

Dynamique conjoncturelle globale: l’Italie en récession et le Royaume Uni devient préoccupant

L’indicateur mondial du secteur manufacturier publié par Markit continue d’indiquer un ralentissement de l’activité de ce secteur. L’activité continue de progresser mais à un rythme toujours un peu plus lent. Ce mouvement a été observé tout au long de 2018 depuis le point haut de la fin 2017. Cela suggère que l’allure du commerce mondial va continuer de ralentir puisque l’on échange plutôt des biens manufacturiers (en dehors des matières premières).
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La zone euro finit bien l’année – Ma chronique macroéconomique

6 Points à suivre pour bien appréhender la conjoncture globale

Point #1 La conjoncture s’améliore en zone Euro
Les signaux conjoncturels apparaissent plus robustes au cours du 4ème trimestre. Les enquêtes menées auprès des chefs d’entreprise sont solides et ont tendance à s’améliorer. C’est ce que l’on constatait déjà avant les fêtes de fin d’année. Les indices IFO en Allemagne et du Climat des Affaires (INSEE) en France montraient une amélioration significative.
On le voit dans le cas français dans le graphe ci-dessous. L’indice est 5% au-dessus de sa moyenne historique et le décrochage à la hausse est rapide. L’indicateur synthétique présenté est en hausse pour chacune de ses composantes (Industrie, Services, Distribution et Construction). Lire la suite