Solide rapport de l’emploi US

Le rapport de l’emploi #US est solide & le faible chiffre de mai (72 000) n’était que temporaire. L’emploi a progressé de 224 000 en juin ( 191 000 privé) et le chiffre moyen pour les 6 premiers mois de l’année est comparable à ceux de 2016 et 2017. Il n’y a pas d’urgence pour la Fed à changer de stratégie. On notera d’ailleurs qu’en 2017 avec des chiffres d’emplois comparable elle avait tendance à être un peu restrictive.

Du côté des salaires on constate une décélération à 3.14% (3.4% en février). Le taux de la Fed restera sur un plateau tant que le salaire ne ralentira pas franchement (reflet d’une forte baisse de la croissance). On n’y est pas. Aucune raison pour la Fed de presser le pas.

Les chiffres à venir. Semaine du 1er au 7 juillet

Les principaux points

  • L’indice ISM du secteur manufacturier (1er juillet) sera le principal indicateur pour la semaine à venir. Le ralentissement du cycle économique américain pourrait se confirmer en juin. 
  • Le marché du travail américain est l’autre indicateur majeur (7 juillet). Sa dynamique a récemment changé en raison d’une allure moins robuste du cycle économique.
  • Les indices Markit pour le secteur manufacturier (1er juillet) et pour le secteur des services (3 juillet) montreront le risque d’une récession mondiale pour le secteur manufacturier. L’espoir pour la zone euro est un indice fort dans le secteur des services qui permettra de prolonger la dynamique de croissance.
    L’enquête Tankan au Japon sera publiée le 1er juillet.
  • L’emploi en Allemagne en juin (1er juillet) et les ventes au détail en mai (3 juillet) montreront si la demande intérieure maintient une allure robuste ou s’il est nécessaire de renforcer la politique économique pour atténuer l’impact du choc négatif du commerce mondial sur l’économie allemande.
  • Les ventes au détail dans la zone euro (4 juillet) pour le mois de mai seront un bon indicateur de la vigueur de la demande interne pour la zone euro.

Pour voir le document en anglais c’est ici

Dynamique de l’emploi et des salaires en France

L’emploi privé a, de nouveau, accéléré au cours des trois premiers mois de 2019. Le nombre d’emplois créés a été de 66 400 après 54 000 sur les 3 derniers mois de 2018 et 30 800 au cours des 3 mois précédents de 2018.
Depuis le milieu de l’année 2017, l’emploi et le PIB augmentent au même rythme ce qui se traduit par des gains de productivité nuls depuis cette date. C’est ce que l’on observe sur le graphe. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Le PIB a du mal à accélérer au regard de l’allure de l’emploi. Est ce que parce que ces derniers sont mal qualifiés et n’apportent pas suffisamment à la dynamique productive?
On peut faire ici une remarque: si l’économie française est capable de créer de nombreux emplois alors pourquoi se focaliser sur la défiscalisation des heures supplémentaires lorsque le nombre de chômeurs est toujours très importants. S’il faut augmenter le temps de travail, comme cela a été dit, alors profitant de cette capacité à créer des emplois. Ce sera pour le bénéfice de tous et pas seulement à l’avantage de ceux qui ont un emploi.

L’emploi progresse principalement dans les services marchands. Ce secteur comprend l’intérim mais le niveau d’emplois dans l’intérim est stable donc c’est plutôt positif. L’industrie continue de créer de nombreux emplois. Depuis le 3ème trimestre 2017, ce secteur a toujours créés des emplois. C’est un vrai changement de tendance qui peut résulter de l’assouplissement du marché du travail. La construction est toujours sur une allure dynamique également.

Avec le repli de l’inflation au premier trimestre, les gains de pouvoir d’achat se sont accélérés. Le salaire mensuel de référence augmente de 1.6% sur un an alors que les prix (hors tabac) ne progressent que de 1%.
L’effet pétrole (essence) de 2018 est derrière nous et le maintien d’un prix du pétrole autour de 70 dollars (moyenne 2018 à 71.7 $) devrait permettre à l’inflation de rester autour du niveau actuel. Cela se traduira encore par des gains de pouvoir d’achat pour les salariés français.

En dépit de la belle allure de l’emploi en France, il n’y a pas de rattrapage par rapport à l’allure de la zone Euro. La reprise de l’emploi a démarré plus tard en France (2015) mais il n’y a pas d’effet de rattrapage depuis. La France fait même un peu moins bien que la zone Euro. Il y a plutôt un écartement entre les deux indicateurs sur le graphique (depuis début 2017, l’emploi en zone Euro a progressé presque deux fois plus vite qu’en France (4.1% vs 2.5%) . Les efforts à faire en France doivent être encore plus importants pour dynamiser le marché du travail et faire aussi bien que les autres pays européens

Retournement du marché du travail US?

L’indicateur relatif au marché du travail dans l’enquête du Conference Board auprès des ménages se retourne en mars. Il est toujours facile de trouver un emploi mais l’indicateur s’est retourné.
Compte tenu du lien fort avec l’indicateur de l’enquête JOLTS sur le marché du travail on peut s’interroger sur un possible retournement du marché du travail US.
C’est un signal qui me semble pertinent (voir ici sur des données plus longues et une analyse plus fouillée).

La lente transformation du marché du travail en France

Le taux de chômage est stable en France au troisième trimestre. Il s’établit ainsi à 8.8% pour la France métropolitaine, comme au cours du printemps et à 9.1% lorsque l’on intègre les DOM TOM, là aussi comme au printemps dernier. L’allure du taux de chômage est cohérent avec celle du cycle économique. Il réagit un peu plus vite à l’évolution de la croissance maintenant qu’avant le crise de 2007/2008.
Les indicateurs suggèrent tous que la croissance est plus riche en emplois et qu’elle retrouve une certaine vertu avec la hausse du travail à temps plein, la hausse des Contrats à Durée Indéterminée et la baisse de la part des Contrats à Durée Déterminée.

Le marché du travail devient plus flexible et c’est certainement un facteur positif pour la dynamique de l’emploi. Il faut maintenant que la composante « formation » soit mis en place de façon efficace pour accentuer encore ce phénomène en enrichissant le capital humain. L’objectif est de faire baisser durablement le chômage et se rapprocher du plein emploi. La loi votée peut y contribuer, il faut désormais la mettre en oeuvre. Lire la suite