L’Italie change de point de vue – Ma chronique du lundi

Ce post est disponible en version pdf  Hebdo – PW – 10 Septembre 2018

Qu’est ce qui a changé radicalement la semaine dernière ?
Le principal changement est en Italie avec une allure différente sur les taux d’intérêt et un resserrement de l’écart avec l’Allemagne.txallita

Pourquoi?
Depuis la mise en place du gouvernement de coalition, les inquiétudes portaient sur la façon dont le programme de campagne serait traité dans le budget à venir. Une réponse est attendue le 27 septembre prochain.
Jusqu’à présent, le message du gouvernement était d’être peu contraignant notamment dans le respect du seuil de 3%. C’est pour cela que l’écart de taux d’intérêt avec l’Allemagne s’était élargi très nettement ces dernières semaines. Cela inquiétait car le financement de l’économie italienne aurait été rapidement mis à mal notamment en raison de la réticence des non-résidents, qui détiennent environ 35% de l’encours de la dette, à revenir sur le marché italien après en être sortis tout l’été. Comme les italiens ne peuvent pas, ne veulent pas sortir de la zone Euro, une pression supplémentaire sur la liquidité et les taux d’intérêt aurait pu fragiliser l’ensemble du financement européen.

Cependant, la situation économique change rapidement en Italie. Lire la suite

France – La conjoncture ne rebondit pas

Les chefs d’entreprise ne s’attendent pas à un rebond de la croissance au 3ème trimestre. C’est le message issu des enquêtes menées auprès d’eux tant par l’INSEE que par l’institut Markit. La croissance devrait donc se caler sur 1.5% pour 2018. Cela veut dire que la croissance attendue pour 2019 serait de l’ordre de 1.4%.

Du côté de l’INSEE les différents indices sectoriels et l’indice global sont en recul à l’exception de celui de l’industrie qui se stabilise à un niveau plus faible qu’il y a quelques mois. L’allure des enquêtes montre peu ambiguïtés. Depuis le point haut de décembre 2017, l’indicateur du climat des affaires s’infléchit mois après mois.
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La conjoncture globale en 3 graphes

L’environnement macroéconomique change. L’indicateur mondial pour le secteur manufacturier dans l’enquête Markit est toujours en territoire positif. Il indique encore de la croissance (l’indice est à 53 au dessus du seuil de 50) mais son point haut a été atteint en décembre 2017. Désormais l’indice s’ajuste à la baisse.
La nouvelle allure s’observe sur le graphe ci-dessous qui présente l’indice Markit mondial avec une avance de 3 mois et la variation annuelle des échanges internationaux. La cohérence entre les deux indicateurs suggère que le commerce mondial va certainement ralentir dans les prochains mois.
J’ai rajouté sur le graphe l’indice des nouvelles commandes à l’exportation. Cet indice montre un repli rapide et brutal en mai et juin. C’est probablement une conséquence des mesures sur les tarifs douaniers prises récemment par la Maison Blanche et qui affecteront le commerce mondial dans les prochains mois. A court terme, la dynamique de l’activité pourrait s’infléchir.
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Croissance, Risque d’inflation, réformes en zone Euro – Ma chronique du lundi

La croissance mondiale n’accélère plus et plafonne; les risques inflationnistes sont désormais plus présents dans le comportement des investisseurs; la BCE prône la nécessité et l’urgence de réformer le cadre institutionnel de la zone Euro afin d’en renforcer la résilience.

L’accélération de la croissance globale au dernier trimestre 2017 est-elle en train de plafonner ? C’est ce que suggère le profil des enquêtes Markit dans le secteur manufacturier. La progression rapide observée tout au long de 2017 s’est arrêtée. Certes les indices sont tous à des niveaux impressionnants indiquant une rapide progression de l’activité mais ils n’accélèrent plus.

Ainsi l’indice mondial est-il stable en janvier à 54.4 contre 54.5 en décembre. J’aime regarder cet indicateur car il signale par avance le profil du commerce mondial. Cette liaison est importante. C’est parce qu’elle a de nouveau fonctionné correctement en 2017 que la croissance mondiale a pu être aussi importante et aussi homogène. De ce point de vue, les politiques monétaires accommodantes, partout dans le monde, ont été globalement une condition nécessaire et, en 2017, une condition suffisante pour relancer la machine. Lire la suite

L’économie française: l’amélioration se confirme et c’est chouette

Les enquêtes menées par l’INSEE et par Markit auprès des chefs d’entreprise suggèrent une dynamique cyclique toujours très confortable notamment dans le secteur manufacturier.
Six graphiques illustrent ce point et donnent une allure optimiste quant au profil à venir de l’activité globale en France:  l’impulsion initiale dans l’industrie est robuste et se propage dans le reste de l’économie.  On peut ainsi prolonger, en 2018, les signaux favorables que l’on constate actuellement. L’impulsion est forte et va continuer de se propager provoquant dans le même temps une amélioration significative du marché du travail. C’est cette dynamique qui nous réjouit.
Le premier est graphe est issu de l’enquête Markit. Il présente l’indice synthétique Markit et l’évolution du PIB trimestre après trimestre.
Le signal est celui d’une ré-accélération de l’activité globale à l’automne. Cela mettra 2018 sur de bons rails avec un acquis qui pourrait être plus fort qu’anticipé jusqu’à présent. En d’autres termes, le profil récent pourrait m’inciter à revoir à la hausse les prévisions de 2018 qui sont pour l’instant à 1.7% après 1.8% en 2017.
Cela facilitera la résorption des déséquilibres (budgétaires notamment). Le plan d’investissement public présenté par le gouvernement accentuera ce mouvement haussier. Cela devrait se traduire, in fine, par une hausse de la croissance potentielle en France et donc une capacité plus forte à créer des emplois et à faire face aux défis.  Lire la suite

Dynamique manufacturière robuste en Zone Euro au mois de Juin

Les perspectives de croissance se renforcent encore dans le secteur manufacturier. L’allure est à la hausse dans tous les pays y compris en Grèce dont l’indice revient au dessus du seuil de 50. La France passe devant l’Espagne et l’Allemagne caracole. L’important est la cohérence de tous ces indices en raison des échanges forts entre les pays de la zone. Il y renforcement des échanges et ainsi un support fort pour l’activité.
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La dynamique des commandes s’accélère fortement à la fin du deuxième trimestre. Cela devrait accentuer le profil de la production manufacturière et alimenter à la fois les échanges et la croissance.
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Par pays, l’Allemagne est toujours en phase d’accélération mais la France et l’Italie sont aussi à des niveaux robustes. L’Espagne est relativement stable en tendance. Les signaux sont bons pour l’activité au sein de tous les pays de la zone.
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Les pressions nominales s’estompent. Il faut y voir une conséquence du repli des prix du pétrole. Cela se traduira par des pressions réduites des prix de production. La BCE n’a aucune raison de se précipiter.
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La zone euro finit bien l’année – Ma chronique macroéconomique

6 Points à suivre pour bien appréhender la conjoncture globale

Point #1 La conjoncture s’améliore en zone Euro
Les signaux conjoncturels apparaissent plus robustes au cours du 4ème trimestre. Les enquêtes menées auprès des chefs d’entreprise sont solides et ont tendance à s’améliorer. C’est ce que l’on constatait déjà avant les fêtes de fin d’année. Les indices IFO en Allemagne et du Climat des Affaires (INSEE) en France montraient une amélioration significative.
On le voit dans le cas français dans le graphe ci-dessous. L’indice est 5% au-dessus de sa moyenne historique et le décrochage à la hausse est rapide. L’indicateur synthétique présenté est en hausse pour chacune de ses composantes (Industrie, Services, Distribution et Construction). Lire la suite