Croissance, Risque d’inflation, réformes en zone Euro – Ma chronique du lundi

La croissance mondiale n’accélère plus et plafonne; les risques inflationnistes sont désormais plus présents dans le comportement des investisseurs; la BCE prône la nécessité et l’urgence de réformer le cadre institutionnel de la zone Euro afin d’en renforcer la résilience.

L’accélération de la croissance globale au dernier trimestre 2017 est-elle en train de plafonner ? C’est ce que suggère le profil des enquêtes Markit dans le secteur manufacturier. La progression rapide observée tout au long de 2017 s’est arrêtée. Certes les indices sont tous à des niveaux impressionnants indiquant une rapide progression de l’activité mais ils n’accélèrent plus.

Ainsi l’indice mondial est-il stable en janvier à 54.4 contre 54.5 en décembre. J’aime regarder cet indicateur car il signale par avance le profil du commerce mondial. Cette liaison est importante. C’est parce qu’elle a de nouveau fonctionné correctement en 2017 que la croissance mondiale a pu être aussi importante et aussi homogène. De ce point de vue, les politiques monétaires accommodantes, partout dans le monde, ont été globalement une condition nécessaire et, en 2017, une condition suffisante pour relancer la machine. Lire la suite

L’économie française: l’amélioration se confirme et c’est chouette

Les enquêtes menées par l’INSEE et par Markit auprès des chefs d’entreprise suggèrent une dynamique cyclique toujours très confortable notamment dans le secteur manufacturier.
Six graphiques illustrent ce point et donnent une allure optimiste quant au profil à venir de l’activité globale en France:  l’impulsion initiale dans l’industrie est robuste et se propage dans le reste de l’économie.  On peut ainsi prolonger, en 2018, les signaux favorables que l’on constate actuellement. L’impulsion est forte et va continuer de se propager provoquant dans le même temps une amélioration significative du marché du travail. C’est cette dynamique qui nous réjouit.
Le premier est graphe est issu de l’enquête Markit. Il présente l’indice synthétique Markit et l’évolution du PIB trimestre après trimestre.
Le signal est celui d’une ré-accélération de l’activité globale à l’automne. Cela mettra 2018 sur de bons rails avec un acquis qui pourrait être plus fort qu’anticipé jusqu’à présent. En d’autres termes, le profil récent pourrait m’inciter à revoir à la hausse les prévisions de 2018 qui sont pour l’instant à 1.7% après 1.8% en 2017.
Cela facilitera la résorption des déséquilibres (budgétaires notamment). Le plan d’investissement public présenté par le gouvernement accentuera ce mouvement haussier. Cela devrait se traduire, in fine, par une hausse de la croissance potentielle en France et donc une capacité plus forte à créer des emplois et à faire face aux défis.  Lire la suite

Dynamique manufacturière robuste en Zone Euro au mois de Juin

Les perspectives de croissance se renforcent encore dans le secteur manufacturier. L’allure est à la hausse dans tous les pays y compris en Grèce dont l’indice revient au dessus du seuil de 50. La France passe devant l’Espagne et l’Allemagne caracole. L’important est la cohérence de tous ces indices en raison des échanges forts entre les pays de la zone. Il y renforcement des échanges et ainsi un support fort pour l’activité.
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La dynamique des commandes s’accélère fortement à la fin du deuxième trimestre. Cela devrait accentuer le profil de la production manufacturière et alimenter à la fois les échanges et la croissance.
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Par pays, l’Allemagne est toujours en phase d’accélération mais la France et l’Italie sont aussi à des niveaux robustes. L’Espagne est relativement stable en tendance. Les signaux sont bons pour l’activité au sein de tous les pays de la zone.
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Les pressions nominales s’estompent. Il faut y voir une conséquence du repli des prix du pétrole. Cela se traduira par des pressions réduites des prix de production. La BCE n’a aucune raison de se précipiter.
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La zone euro finit bien l’année – Ma chronique macroéconomique

6 Points à suivre pour bien appréhender la conjoncture globale

Point #1 La conjoncture s’améliore en zone Euro
Les signaux conjoncturels apparaissent plus robustes au cours du 4ème trimestre. Les enquêtes menées auprès des chefs d’entreprise sont solides et ont tendance à s’améliorer. C’est ce que l’on constatait déjà avant les fêtes de fin d’année. Les indices IFO en Allemagne et du Climat des Affaires (INSEE) en France montraient une amélioration significative.
On le voit dans le cas français dans le graphe ci-dessous. L’indice est 5% au-dessus de sa moyenne historique et le décrochage à la hausse est rapide. L’indicateur synthétique présenté est en hausse pour chacune de ses composantes (Industrie, Services, Distribution et Construction). Lire la suite

L’activité manufacturière insuffisante crée un risque sur la croissance en Zone Euro – Rebond au Royaume Uni

La dynamique manufacturière s’étiole en zone Euro mais rebondit brutalement au Royaume Uni. L’indice de la zone Euro se replie à 51.7 après un pic récent à 52.8 en juin dernier. Au Royaume Uni, l’indice s’est inscrit à 53.3 en août contre 48.3 en juillet après le référendum sur le Brexit.

Le premier graphe montre l’évolution des indices du secteur manufacturier dans l’enquête Markit pour les principaux pays de la zone. On observe que seule l’Allemagne connait désormais une progression robuste de son activité. On notera le repli rapide de l’Italie qui repasse sous le seuil de 50 (49.8) pour le première fois depuis janvier 2015. La dynamique espagnole est moins puissante. L’indice se stabilise à 51 pour le 2ème mois consécutif. Il faut remonter à la fin 2013 pour trouver deux mois consécutifs à un niveau aussi faible. Quant à la France elle est installée sous le seuil de 50 depuis mars 2016. Lire la suite

La zone Euro sur un train de sénateurs

L’indicateur synthétique de l’enquête Markit pour la zone Euro est stable en août. Il s’est inscrit à 52.3 comme en juillet. L’activité progresse mais à un rythme qui ne s’accélère pas. Sur les deux premiers mois du trimestre la moyenne est donc de 52.3 à comparer à 52.2 pour l’ensemble du second trimestre.  Le niveau de l’indice est cohérent avec une croissance de 0.3% au 3ème trimestre. On note qu’il n’y a pas de rupture lié au référendum britannique car les effets de celui ci restent à venir (voir ici avec une nuance dans un article sur le site du FT ce week-end).
En tendance on note que l’indice synthétique est relativement stable depuis le début de 2015 sans donner le sentiment de refléter une capacité d’accélération de l’économie de la zone Euro. Cela suggère qu’autour de 1.5% de croissance est le maximum pour l’économie de la zone. C’est trop réduit. Lire la suite