La stabilisation du secteur manufacturier global vient des émergents

Dans les enquêtes Markit de mars, on retiendra deux points.
Le premier est la presque stabilisation de l’indice mondial à 50.6. A l’exception du rebond temporaire d’avril 2018, c’est la première fois que l’indicateur se stabilise depuis le point haut de décembre 2017. Ce n’est pas encore suffisant mais cela peut être une première étape

Le deuxième point est que cette amélioration tient principalement aux émergents et à la Chine en particulier. L’indice émergent se redresse à 51 contre 50.6 en février. Outre la Chine, la Russie, Taiwan ou encore la Corée du sud ont une allure plus robuste. Dans le même temps l’indice US se replie et celui de la zone euro aussi (voir ici).
La remontée de l’ISM manufacturier aux USA suggère néanmoins que l’activité aux USA ne ralentit pas. Juste une remarque ici: les données américaines deviennent très volatiles avec des fluctuations fortes d’un mois sur l’autre (emploi, ventes de détail, vente de maisons neuves).

Après l’été; Vade-Mecum de rentrée

L’ensemble du document en format pdf est disponible en suivant le lien
Vade-mecum-Septembre2018-PW

Partons de l’échelle globale. Les signaux sur l’économie mondiale sont-ils toujours aussi robustes ?
La situation a changé depuis le début de l’année. En 2017, l’économie mondiale était portée par la progression plus rapide du commerce mondial. Ce n’est plus le cas. Depuis le début de l’année 2018, la dynamique des échanges ralentit et ne semble plus susceptible de créer le même type d’impulsion sur l’ensemble de l’économie.
Les enquêtes auprès des chefs d’entreprise dans le monde entier signalent un ralentissement de leurs commandes à l’export, traduction d’une dynamique mondiale moins rapide.commercemondial-markitjuin
Pourquoi cette accélération en 2017 ?
En 2016, alors que l’inflation était faible dans la plupart des pays à quelques exceptions (Russie, Brésil notamment), les banques centrales ont assoupli leur stratégie monétaire. La Federal Reserve américaine ne remontait son taux de référence que très lentement et communiquait suffisamment pour n’effrayer personne, notamment dans les économies émergentes.
Ces politiques monétaires plus accommodantes ont dopé la demande interne à chaque pays, poussant l’activité et les échanges à la hausse. Il y a eu une sorte d’allure commune qui a profité à tous. L’économie globale était entrée dans une dynamique vertueuse.

Qu’est ce qui a changé depuis ?
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Quand les banquiers centraux deviennent procycliques

La croissance ralentit à l’échelle globale, c’est ce que suggèrent les différentes enquêtes menées auprès des chefs d’entreprise mais aussi l’allure moins rapide du commerce mondial. C’est à ce moment là que les banquiers centraux ont décidé de changer le profil de la politique monétaire passant d’un biais accommodant à un biais plus restrictif.
La croissance de 2017 à l’échelle mondiale était la résultante d’une politique monétaire globalement accommodante. Cela avait permis de renforcer la demande domestique au sein de chaque pays et de redynamiser le commerce mondial.
Avec le biais plus restrictif sur la politique monétaire, le risque est de peser encore davantage sur une conjoncture moins dynamique et de donner à la stratégie des banques centrales un caractère procyclique non nécessaire. Le risque est d’infléchir encore davantage la dynamique de l’économie et de peser sur l’emploi.
La justification d’un tel biais ne peut être une accélération de l’inflation puisque celle ci résulte de la hausse du prix de l’énergie et pas du tout de tensions au sein de l’économie. Dans une telle configuration les banquiers centraux doivent être neutres.

L’analyse de ce biais restrictif non nécessaire est développée dans mon blog anglais ici

Le monde a changé pour les émergents. 

La dynamique émergente est en train de changer de façon dramatique. Jusqu’à la mi avril, ils avaient le sentiment d’avoir une monnaie forte et c’était une aubaine. Leurs taux d’intérêt plus élevés dans un contexte de dollar faible permettaient d’attirer des capitaux puisque le spread était rémunérateur. Le jeu était d’un seul côté: on pouvait gagner à tous les coups. Ce n’est plus le cas désormais car les règles sont bouleversées.
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La crise est elle toujours d’actualité? (version in extenso)


Oui…
En tout cas, c’est la réponse faite par Mario Draghi lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du comité de politique monétaire le 7 septembre dernier. Il indique ainsi la nécessité de maintenir une politique monétaire accommodante afin d’être encore un soutien à l’activité en dépit d’une reprise récente de la croissance. Cependant, l’économie n’arrive pas à retrouver le chemin d’une inflation plus élevée et cela traduit l’existence encore d’un déséquilibre.

De façon plus générale, je crois que l’économie mondiale, notamment la partie des pays occidentaux, est toujours dans une phase de crise si celle-ci se définit comme la période de transition entre deux trajectoires stables.
Je ne parle pas ici de crise financière résultant d’un abus de crédit pour financer l’accumulation d’un bien. Ces crises financières, comme celle de 2007/2008, existent depuis toujours.
Au-delà de cet aspect financier, deux sources majeures de déséquilibres se distinguent.  Ces sources persistent et maintiennent l’économie globale dans une configuration de crise. Lire la suite

La crise est elle toujours d’actualité?

Oui…
En tout cas, c’est la réponse faite par Mario Draghi lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du comité de politique monétaire le 7 septembre dernier. Il indique ainsi la nécessité de maintenir une politique monétaire accommodante afin d’être encore un soutien à l’activité en dépit d’une reprise récente de la croissance. Cependant, l’économie n’arrive pas à retrouver le chemin d’une inflation plus élevée et cela traduit l’existence encore d’un déséquilibre.

De façon plus générale, je crois que l’économie mondiale, notamment la partie des pays occidentaux, est toujours dans une phase de crise si celle-ci se définit comme la période de transition entre deux trajectoires stables. …..

Lire la suite de ma chronique hebdomadaire pour Forbes ici

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