La croissance française n’arrive pas à accélérer au premier trimestre en dépit des mesures sur le pouvoir d’achat

La croissance du PIB français a légèrement décéléré au premier trimestre 2019 même si le chiffre arrondi est à 0.3% (non annualisé) comme aux deux trimestres précédents. En dépit des mesures de relance annoncées à la fin de l’année 2018, la croissance n’a pas été dopée par la hausse du pouvoir d’achat distribué.
Pour atteindre l’objectif de 1.4% sur l’année 2019 en moyenne, il faudrait une croissance de 0.43% à chacun des trois trimestres restants. C’est ambitieux.

La variation annuelle de l’activité est de 1.1% au premier trimestre, nettement en dessous de la tendance observée depuis la reprise de 2013 à 1.4%. Après l’accélération de 2017, résultant de l’environnement mondial très porteur, la croissance de l’économie française n’arrive pas à s’écarter du chiffre de sa croissance potentielle estimée généralement entre 1.2 et 1.3%.
Pour l’instant, les mesures mises en oeuvre par le gouvernement ne réussissent pas à aller au delà et cela est préoccupant dans un contexte où la vive hausse du prix de l’essence est une menace pour le pouvoir d’achat qui pénaliserait la demande des consommateurs.

Les contributions à la croissance trimestrielle du PIB sont faciles à retenir. La demande interne contribue à 0.3%, l’accumulation de stocks à 0.3% alors que le commerce extérieur freine la croissance avec une contribution de -0.3%.

Le point important est la légère accélération de la consommation des ménages dont la contribution passe de 0 en T4 2018 à 0.2% au premier trimestre. C’est à peine au-dessus de la moyenne observée depuis la reprise de 2013 (0.15%) alors que les mesures du gouvernement visaient explicitement la consommation.
Les dépenses gouvernementales progressent moins vite et c’est pareil pour l’investissement dont la contribution diminue marginalement notamment en raison de la contraction de l’investissement des ménages. Du côté des entreprises, l’investissement est un peu plus fort qu’au dernier trimestre 2018 et c’est une bonne nouvelle. Cela reste cependant très limité (cf le graphe en annexe). C’est insuffisant pour insuffler une dynamique solide au cycle de l’économie française.

La mauvaise surprise vient du commerce extérieur dont l’allure est moins robuste que ce que laissait penser les chiffres mensuels jusqu’en février. La contribution est franchement négative même si la contribution des importations est moins négative qu’en T4 2018. Ce sont les exportations qui stagnent et pénalisent la croissance. L’économie française est aussi pénalisée par le ralentissement du commerce mondial.

L’accumulation des stocks a tiré la croissance vers le haut. Son allure au 2ème trimestre dépendra de la dynamique de la demande. Si celle-ci se raffermit les stocks continueront de se garnir. En revanche, si la demande est moins vive, parce que le prix de l’essence augmente un peu trop vite, alors les entreprises pourraient réduire ces stocks ce qui pénaliserait le profil de l’activité.

PIB attendu en hausse au T1 en France

Le PIB français du premier trimestre 2019 va être publié mardi matin à 0730. Après un chiffre de 0.3% sur les trois derniers mois de 2018, l’anticipation générale table à nouveau sur 0.3%.
Mon sentiment est que 0.3% serait plutôt le bas d’une fourchette entre 0.3 et 0.5%.
Au cours des trois premiers mois de l’année, on a constaté une nette amélioration de la production industrielle (+1.2% acquis pour T1 à la fin février contre -0.4% sur le dernier trimestre de 2018). On constate également un redressement dans l’allure de l’enquête sur le climat des affaires. Au dernier trimestre 2018, cet indice reculait de 2.1 points par rapport au trimestre précédent alors qu’il s’est stabilisé sur les trois premiers mois de l’année.
On notera aussi que la consommation des ménages est légèrement positive alors qu’elle s’était contracté au dernier trimestre 2018. Enfin le commerce extérieur pourrait avoir un impact neutre, les exportations (en valeur) progressant un peu plus vite que les importations mais compte tenu du déficit la contribution sera proche de la neutralité.
La grande inconnue porte sur l’investissement des entreprises. Les commandes de biens d’équipement se contractent rapidement et laissent présager d’une dépense moindre en capital en dépit de la stabilisation des enquêtes menées auprès des entreprises.
Sur la vue de la production industrielle et des enquêtes, le PIB devrait s’accélérer légèrement en T1 à 0.4%. Si l’investissement des entreprises est moins dynamique alors on tendra vers 0.3%. Si tout se passe bien (les services progressent dans l’enquête de l’INSEE, si l’investissement est plus robuste qu’attendu et que la consommation s’accélère en mars) alors le chiffre de 0.5% pourrait être atteint.

France – La croissance résiste malgré une demande privée qui stagne.

La croissance du PIB en France a été de 0.3% au dernier trimestre de 2018. C’est un chiffre équivalent à celui de l’été. L’allure du PIB français, au regard de ce chiffre, ne semble pas avoir été affectée par les troubles sociaux. Dans le détail c’est moins vrai, la demande interne privée a stagné au dernier trimestre, probablement une conséquence de ces incertitudes sociales. Le consommateur n’a pas eu accès aux commerces comme il le souhaitait et les entreprises ont eu la tentation de repousser dans le temps leurs investissements.
Sur l’ensemble de l’année la croissance s’est établie à 1.5% après 2.3% en 2017. La fin de 2017 peut être caractérisée comme le point haut du cycle de l’économie française c’est à dire une position qui n’est pas tenable dans la durée car génératrice de tensions et de déséquilibres. Il n’est donc pas surprenant de voir la croissance ralentir.
On notera qu’entre le dernier trimestre 2017 et le dernier de 2018, la croissance n’a été que de 0.9%, un chiffre finalement très faible. Ce se reflète dans la rupture constatée dans la courbe du PIB sur le graphe.

L’acquis de croissance à la fin 2018 pour 2019 n’est que de 0.4%, il était de 1% à la fin 2017. Le point de départ de 2018 est beaucoup plus bas qu’en 2017. Cela implique qu’avec une croissance de 0.3% en moyenne par trimestre, dans le prolongement du dernier trimestre 2018, l’activité progresserait en moyenne de 1.1% en 2019. On serait ainsi loin des attentes du gouvernement à 1.7% dans la Loi de Finance. Pour y arriver il faudrait une croissance moyenne, par trimestre, de 0.55%. Cela parait excessif.
A court terme, la consommation va progresser en réponse aux mesures annoncées par Emmanuel Macron sur le pouvoir d’achat. Cependant du côté des entreprises, l’incertitude sociale devrait inciter à ne pas accélérer l’investissement. Enfin, le commerce mondial ralentit rapidement. Cela devrait pénaliser les exportations françaises contrairement à ce que l’on a observé au dernier trimestre.

La croissance française dans la tourmente

La hausse du PIB a été révisée à la baisse au 3ème trimestre à 0.3% (contre 0.4%). Dès lors la croissance pour l’ensemble de l’année sera de 1.5%. L’objectif du gouvernement à 1.7% n’est plus atteignable.
Pour 2019, l’acquis en fin d’année sera un peu inférieur à 1% et en reprenant le scénario de l’INSEE, tel que présenté dans sa note de conjoncture publiée en début de semaine alors la croissance sera de 1.2%.
Cela veut dire que le déficit public en 2019 sera bien plus élevé que celui qui vient d’être adopté par la loi de finances et qui table sur une croissance de 1.7%. Il était initialement de 2.8%, il atteindra probablement 3.5%.

La croissance française accélère modérément au troisième trimestre

La croissance française a légèrement accéléré au troisième trimestre. Après les 2 premiers trimestres de 2018 un peu en dessous de 0.2%, l’activité s’est accrue de 0.4%. L’acquis pour 2018 à la fin du 3ème trimestre est de 1.5% (croissance moyenne en 2018 si l’activité du T4 restait au niveau du T3). Avec une croissance de 0.4% au dernier trimestre alors la croissance moyenne sur 2018 serait de 1.6%. Pour atteindre l’objectif du gouvernement, il faut 0.8% pour tomber pile sur 1.7%. Je me cale davantage sur 1.6%.

Dans le cas d’une croissance à 0.4% en T4 alors l’acquis pour 2019 à la fin 2018 ne sera que de 0.55% à comparer avec le 1% observé à la fin 2017 pour 2018. Cela veut dire que pour faire une performance comparable à celle de 2018, il faudrait une belle accélération de la croissance l’année prochaine. Ce n’est pas forcément compatible avec les résultats d’enquête en provenance des entreprises. L’indice de climat des affaires de l’INSEE et l’indice Markit ne montrent un changement d’allure à la hausse de l’activité (voir ici). L’idée d’une croissance proche de 1.4% en 2019 me parait toujours d’actualité. Lire la suite

Zone Euro: La croissance se modère au premier trimestre

Le PIB de la zone Euro ressort à 0.4% au T1 2018 (non annualisé). C’était + 0.7% au T4 2017. L’acquis pour 2018 à la fin du premier trimestre est de 1.45%

Plusieurs remarques

• En 2017 les chiffres surprenaient systématiquement à la hausse. Le chiffre du T1 est sur le chiffre anticipé. Plus de surprise Le pic du cycle est il passé ? Probable mais cela ne signifie pas une rupture à la baisse. Lire la suite